Les fantaisies de la Sirène

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mercredi 20 septembre 2017

Une voix



Musique par laquelle l’âme s’exprime, nul ne peut en éviter les tours et les détours. Elle pénètre en nous lentement. Notre oreille la perçoit, la capte, l’attrape. Elle poursuit son chemin en suivant les méandres de nos pensées et imprègne nos sens de son intonation. Ses diverses tonalités peuvent apporter joie et bonheur, tristesse et douleur.

Joie de ressentir sa douceur comme une douce caresse qui, comme des mains, effleure la peau et lui apporte chaleur et réconfort. Comme la pluie est source de vie pour qui est assoiffé, une voix peut être la source où puiser la force de continuer à vivre. Dans les moments les plus noirs, quelque part en nous, elle survit, surgit et revient atténuer une séparation à laquelle on s’oblige pour permettre à un avenir de se construire.

Bonheur de l’entendre quelque soit la distance et de conserver dans notre mémoire ses différentes gammes qu’elle utilise pour nous communiquer ses ressentis. Revivre des moments d’intenses émotions en l’écoutant dans le profond de notre être. Elle est la source de chaleur de notre cœur.

Tristesse quand certains mots prononcés sans y prêter attention nous blessent. Pour une âme en manque de confiance en elle qu’une certaine solitude quotidienne rend encore plus réceptive et sensible, elle devient douleur et un martèlement de métal vient troubler la douce sérénité de l’affection, de l’amitié, de l’amour…

Quand la voix se fait muette, le silence devient pesant et même la raison ne peut l’alléger. Seuls les mots prononcés les yeux dans les yeux peuvent effacer cet instant d’égarement et ramener l’âme, des chemins de traverse qu’elle a emprunté pour se soustraire à sa peine vers les plages ensoleillées de l’apaisement.

jeudi 31 août 2017

Les apparences sont parfois trompeuses !

Au départ, une petite merveille de la nature.

Elle est ronde, belle. Elle est exposée à tous les regards.

Elle se colore de vert, puis de jaune et parfois de rouge…est-ce de la timidité ?

Elle est attirante, irrésistible. Une main la prend, doucement. Elle se love dans sa paume. Elle se laisse caresser, elle brille de tous ses feux.

Elle est portée à la bouche… et AIE !

Le rêve devient un cauchemar.

Elle est blessée. Une part d’elle-même est broyée.

Elle glisse le long d’un tunnel sombre et humide.

Elle atterrit dans une flaque opaque et acide.

Elle perd de sa consistance. Des éléments lui sont arrachés.

Elle se liquéfie peu à peu dans ce bain mélangée à d’autres, elle perd de sa substance, ses belles couleurs se désagrègent.

Elle continue sa descente. Un autre plongeon dans une mare. Cette fois, elle est enrobée dans une émulsion.

C’est la chute longue et vertigineuse. Elle se transforme, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Toute sa saveur a disparu.

Quand enfin elle retrouve la lumière, d’elle, il ne reste rien !

 

En conclusion : si Adam avant de mordre dans le fruit défendu avait pu en mesurer toutes les conséquences, l’aurait-il fait ?

 Un peu de musique? 

mardi 15 août 2017

Sommeil

                                                                                      

Repos du jour, ami de la nuit, pourquoi es-tu si difficile à séduire depuis de si nombreuses années ?

A la tombée du jour, le rituel que j’accomplis chaque soir pour être à totalement à toi, commence. Mes vêtements s’ôtent et nue, mes pieds m’emmènent le long du couloir jusqu’à la salle de bain. Le rideau de douche se laisse ouvrir par ma main avant que celle-ci ne tourne le robinet du jet d’eau chaude et bienfaisante qui enlève les tracas et les soucis du quotidien en caressant mon corps. Mes doigts attrapent le drap de bain et parcourent chaque centimètre de ma peau pour la sécher. Un peu de lait pour le corps étale un voile sur mes courbes et son léger parfum me suit alors que je regagne ma chambre. Il imprègne mon déshabillé qui vient me recouvrir.

Les draps du lit s’entrouvrent, je glisse dedans, tapotant mes oreillers afin de les disposer pour ce moment de détente et d’évasion qu’est la lecture de quelques pages d’un livre. Mes paupières s’alourdissent, petit à petit, mes yeux déchiffrent plus qu’ils ne parcourent les lignes. Le marque-page se glisse et le livre se referme avant de se poser doucement sur ma table de chevet. La lampe s’éteint.

La nuit remplace le jour.

Mes membres s’étirent. D’un tour de rein je me retourne et mon ventre dénudé par ce mouvement ressent la douceur du satin. Mes bras prennent leur position de repos, mes jambes légèrement s’écartent. Ma joue contre le drap, mes yeux clos, ma respiration se règle sur un rythme plus paisible.

Où es-tu ?

Quand viendras-tu prendre possession de moi ?

Me prendras-tu jusqu’au petit matin ou bien comme trop souvent m’abandonneras-tu à mes pensées pendant plusieurs heures ?

Pensées tristes et sombres, blessures du passé qui reviennent dans le présent.
Tenaces, elles s’incrustent, tournent et virevoltent, noircissant cette nuit claire.
Eveil en sueur, rêves d’une vie qui ne sera jamais vécue.
Utopies évanouies dans l’expérience d’un quotidien décevant.
Efforts épuisants et vains dans une réalité imposée.
Des mots lus surgissent et rendent une présence si intense qu’elle en est presque palpable.
Des frissons de désirs effleurent ma peau, une chaleur importune m’enflamme malgré moi.

Sommeil, cette nuit encore tu as joué avec moi !

mardi 8 août 2017

Réveil

                                                         

Bip ! Bip ! Bip !

Le réveil émet un son impératif. Il est l'heure !

Couchée sur le ventre, le bras gauche replié, ma main sous ma hanche. Mon bras droit seul bouge, se tend vers la sonnerie, un doigt appuie sur la touche "STOP". L'alarme a éveillé mon cerveau, mais mon corps dort encore.
Doucement, par de petits mouvements, je m'accorde le plaisir du frôlement du drap frais sur ma peau.
Lentement, je me retourne sur le dos. J'étire mes membres l'un après l'autre comme font les chats. Mon corps entier, enfin, tendu comme un arc, mes lèvres exhalent un soupir de contentement.
Mes narines reniflent les effluves évanescents de la nuit, mes oreilles captent les sons diffus alentour, puis mes yeux s'ouvrent sur une nouvelle journée.
Je m'assieds au bord du matelas, mes orteils tâtent le carrelage, mes pieds se posent, de douces sensations provoquées par le contact de ma plante tiède sur le sol froid dessinent un sourire d'aise sur mon visage.

 Hum ! Qu'il est bon de vivre !

Debout, uniquement vêtue de mon bronzage, je me dirige vers la cuisine.
J'ouvre le placard, attrape les boîtes de café et de chicorée. Je les pose sur le meuble bas à côté de la machine à café, ôte les couvercles, prends les cuillères et je dose le mélange. Je remplis à l'aide de la verseuse le réservoir d'eau et j'appuie délicatement sur le bouton lumineux. La cafetière émet un léger chuintement, l'eau remonte le long du tuyau, coule dans le filtre, puis le café goutte à goutte remplit l'appartement de son parfum chaud, enivrant.
Je verse le nectar dans ma tasse et y ajoute un sucre. Délicatement mes doigts prennent la petite cuillère et la tournent lentement avant de la poser ur la soucoupe sans bruit pour continuer à profiter de la quiétude matinale. Une gorgée coule et des frissons de plaisir me traversent.

Hum ! Que c'est bon de vivre !

Mes pas me mènent tranquillement vers la salle de bain, me réjouissant à l'avance du plaisir à venir !

lundi 31 juillet 2017

Peintre et spectateurs

                                                                                  

L’esprit de l’art est quelque chose d’étrange. Le peintre prend ses pinceaux, ses couleurs, il se positionne devant la toile blanche et pose ses teintes, les travaille ou bien encore les laisse ainsi à l’abandon à leur destin d’entrer ou non en contact avec d’autres, dans des arabesques unicolores, multicolores, uniformes, variées, des lignes courbes, arrondies, planes, des traits rectilignes, croisés, parallèles et cela forme un tout que l’on appelle un tableau.

A chaque époque, des styles différents se sont révélés, épanouis, ont vécu puis disparu. Chacun a laissé une empreinte de son époque, un témoignage de la pensée.

Mais de quelle pensée ? Celle de l’auteur de l’œuvre ou bien de celui qui essaie de la décrypter en transformant les couleurs en lettres, les formes en mots, leur cheminement en phrases. Chaque tentative d’interprétation n’est ni meilleure ni moins bonne qu’une autre. Elle éteint simplement la lumière du rêve.

La lumière du rêve est ce qui, lorsque l’on chemine dans une exposition éclaire d’un flash telle ou telle peinture plutôt qu’une autre. Elle arrête nos pas, nous statufie et si nous sommes ouverts à son appel, elle nous emmène par la main au pays des rêves, par forcément celui du peintre, mais est-ce le plus important ? L’auteur a peint ses sensations, nous en percevons d’autres, mais le résultat est le même, une évasion de l’instant présent vers un ailleurs irréel.

Il n’y a pas d’âge pour rêver, pas de peinture plus qu’une autre pour se laisser emporter.

L’esprit de l’art est en toute œuvre et il sommeille en chacun de nous.

mardi 25 juillet 2017

Noces de bois

Déjà 5 ans que nous avons unis nos vies
Que le temps passe vite en bonne compagnie
N’est-ce point ce que l’on dit
Et c’est ce qu’au quotidien je vis.

Quand le ciel nuageux est gris
Dans le bleu de tes yeux je revis
Et jour après jour, même l’ennui
N’a aucune prise sur nos vies.

Alors aujourd’hui je te le redis
A toi pour la vie : Oui !

mardi 18 juillet 2017

Evasion

Je suis ici, mais je suis ailleurs

Dans mon âme et dans mon coeur.

Malgré mon ange gardien

Je n'ai envie de rien

Sinon d'autre chose

Que cet univers morose.

Le quotidien m’ennuie

Dans les mots, je le fuis.

Retenez-moi sans délai

Du moins essayez !

Avant que je ne parte trop loin

Dans quelque obscur recoin.

Comment garder les pieds sur terre

Lorsque la réalité vous enterre ?

mardi 11 juillet 2017

Oenologie

Mon corps ne tolère pas l'absorption d'alcool, néanmoins je sais trouver mon ivresse dans d'autres flacons.

Ils sont nombreux sur les étagères. Tous différents les uns des autres. Certains sont grands, élancés, d'autres sont plus ventrus, plus larges, d'autres encore de taille moyenne, minces, au col musclé. Leurs étiquettes sont de toutes les provinces, de toutes les écritures, avec plus ou moins de caractères, des dates fort différentes. Tous contiennent un liquide spécifique. Mis en bouteille en différents lieux, ils ont en commun leurs nombreux voyages dans des caves recélant toutes des trésors de beauté.

Qu'importe la quantité, seule la qualité apporte une ivresse par delà les cieux. Aussi ceux qui ont le privilège d'être goûté par moi sont rares, mais tous d'excellente qualité. Car je ne les choisis pas en fonction uniquement de leur contenant, mais bien de leur contenu. Ils doivent satisfaire tous mes sens, pour qu'enfin le sixième nous guide à travers l'espace et le temps. Le flacon quelque soit sa taille, son étiquette, son écriture et sa date doit attirer ma curiosité, mon envie d'en découvrir un peu plus, alors je m'approche. J'observe sa tenue, son maintien, sa façon de se poser, de se présenter.

Lorsque je ressens son désir d'aller plus loin, ma main se tend. Mes doigts attrapent délicatement le flacon, doucement, j'enlève le bouchon. Son arôme doit charmer mon sens olfactif, sa texture lorsque le liquide coule dans mon verre de cristal doit séduire mes yeux, me donner l'envie d'y tremper mes lèvres. Ma bouche s'entrouvre pour la première gorgée, mes papilles se délectent, les différentes nuances du parfum se dégagent peu à peu, le liquide s'écoule dans mon corps, enflamme lentement mais sûrement chaque parcelle de mon être. Chronos arrête la marche du temps. L'ivresse vient, s'installe, m'embrase, et m'emporte.

lundi 12 juin 2017

Meola Di la ou La Guitare Enchantée

Un tabouret de bar trône au milieu de la scène. Rien d’autre sur le plancher de chêne clair de cette salle de concert dans un petit coin de campagne. Les chaises peu à peu reçoivent les personnes intéressées par ce petit goût d’exotisme qui leur est proposé pour venir égayer cette fin d’hiver froide et venteuse, et puis aussi les fans, les connaisseurs qui apprécient et suivent ce musicien depuis longtemps.

Ce soir, il sera seul sur scène, ses comparses étant occupés par ailleurs. Mais peu importe car ses solos sont aussi prenant que leurs duos ou trios. Plus que quelques places libres éparpillées au hasard. Les lumières s’atténuent jusqu’à s’éteindre. Seuls les néons des sorties de secours restent comme des guides rassurants.

Toutes oreilles en éveil, les spectateurs guettent les pas de l’artiste. Mais, rien. Soudain, quelques notes et puis, un projecteur dévoile au fur et à mesure de son intensité grandissante, une paire de bottes, un jean bleu clair, des jambes pliées sur lesquelles repose une guitare tenue par des mains agiles.

Le musicien n’est déjà plus là. Il est ailleurs, dans un monde qui n’appartient qu’à lui, se baignant dans les modulations qu’il crée par les différentes positions de ses doigts sur les cordes qu’il pince.

Des sonorités s’échappent de ces cordes, elles ondulent dans l’espace, gémissent leurs peines, se plaignent de leurs douleurs, s’envolent sur un rythme de plus en plus rapide pour atteindre le plafond. Puis, elles redescendent lentement se réchauffent à l’appréciation bienveillante du public, reprennent des forces et repartent joyeusement à l’assaut des derniers accords.

Sous les applaudissements, l’homme assis revient peu à peu à la réalité, sourit, hoche la tête, puis, repart pour une autre destination dans le silence subjugué de ses auditeurs qui ont laissé derrière eux, leur quotidien banal, la notion de temps et se laissent emporter à leur tour par la magie de cet instrument si habilement caressé.

mardi 23 mai 2017

Code 93

Bonjour,

avec la chaleur, j'ai un peu laissé mes aiguilles à tricoter et j'ai ouvert un livre d'un auteur que je ne connaissais pas : Olivier Norek. Son premier livre : Code 93

Résumé : Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges – un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d'autocombustion – l'incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Appréciation : très agréable à lire. Un vocabulaire juste et des personnages attachants. Une histoire qui se tient et qui nous tient en haleine jusqu'au bout en ne nous délivrant les indices qu'au fur et à mesure. Bref, je le recommande!

mercredi 17 mai 2017

Observations de la terre par Extra et Terrestr – Chapitre 3

- Bonjour Extra, comment vas-tu ? Tu m’as l’air éreinté …

- Salut Terrestr. Ah la la tu as raison, mes jambes n’en peuvent plus.

- Ben que t’es-t-il donc arrivé ? Ta sortie sur Terre ne s’est pas bien passée ? Tu l’attendais depuis si longtemps.

- Oh, si si. Il faisait beau et même parfois trop chaud dans certains pays. Dans d’autres, il pleuvait encore et encore. C’est bizarre cette planète, les disparités quand on passe d’un pays à l’autre.

- Les disparités sont une richesse pas une pauvreté. Au moins, tu ne t’ennuies pas et tu élargis ton esprit. Enfin c’est ce qu’il devrait être mais apparemment il y en a qui sont réfractaires. Mais bon tout cela ne me dit pas pourquoi tu sembles si fatigué ?

- C’est justement à cause d’un jeu que tu retrouves partout sur la planète et il y en a même qui l’on décliné au niveau de leur gouvernement.

- Mais que me dis-tu là Extra ? Un jeu qui marche ?

- Oh la oui et depuis maintenant bientôt un an. Il s’agit de ces bestioles que tu ne vois qu’en réalité virtuelle et qui font marcher des millions de gens. Imagines toi qu’ils ont déjà parcourus 200 000 fois le tour de la Terre en un an !

- Mais quel rapport avec gouverner un pays ?

- Eh bien, les joueurs vont de pokestop en pokestop. Ce sont des sortes de boutiques virtuelles et ils ramassent des objets aléatoirement dispatchés par les créateurs du jeu et ces objets leur permettent de monter de niveau. Eh bien, quand j’y étais, deux dimanches, la population d’un pays hexagonal a fait la même chose. Ils sont allés dans des bureaux et ils ont déposé des bulletins et ensuite, des candidats ont ramassé ces bulletins et leur niveau est monté en fonction de ce qu’ils avaient ramassé.

- Ah ben ça alors c’est bizarre comme coïncidence…

- Ensuite quand ils ont un bon niveau les joueurs font se battre des bestioles dans des arènes et c’est celui qui sait placer son attaque spéciale au bon moment qui l’emporte. Encore faut-il garder son calme et faire preuve de stratégie. C’est le même genre de combat auquel j’ai assisté le mercredi soir.

- De plus en plus bizarre. Mais quel rapport avec la marche ?

- J’y viens Terrestr : Figure-toi que dans les boutiques virtuelles, les marcheurs ramassent des œufs et pour savoir ce qu’il y a dedans ils doivent les mettre à incuber et marcher. Parfois ils ont des bestioles qu’ils ont déjà et parfois de nouvelles qui leur permettent d’évoluer. Eh bien la population de ce pays a voté pour un chef qui marche avec des anciens et des nouveaux.

- Si je comprends bien tu as décidé de les suivre et donc te voilà fatigué, mais la marche c’est bon pour la santé, alors allons faire éclore des œufs et évoluer nous aussi.

- Tu as raison, Terrestr, rien de tel qu’un bon bol d’air nouveau pour se requinquer. Espérons que tout le monde en profitera.

jeudi 20 avril 2017

Poème marin

Dans l’océan de tes yeux

Les vagues de mon âme

Dans les sommets et les creux

Ondulent et se pâment

Sur nos corps dénudés

Souffle une douce brise

Nos lèvres sont soudées

Tu m’excites et me grises

Viens poète et marin

Dans le petit matin

Cueillir ma fleur épanouie

Après une douce nuit

dimanche 9 avril 2017

Le phare de la Ballade des Mots

Début du printemps. Une douce brise vient atténuer la chaleur des premiers rayons de soleil. Sur la place devant le phare d’Eckmühl se promènent les premiers touristes de la saison. L’un des plus hauts d’Europe et le plus visité de cette pointe bretonne, c’est à son pied que nous avons décidé de nous retrouver.

Comme à mon habitude, j’ai enfilé un jean moulant, un haut assorti et un blouson en cuir pour couper le vent. Les talons de mes chaussures sont exceptionnellement plats, mais, l’aspect pratique a primé sur ma préférence. Je passe les doigts dans mes cheveux, tentant de remettre un peu d’ordre dans cette anarchie provoquée par Eole. Je souris, car cela n’a guère d’importance pour la suite…

Un dernier coup d’œil à ma montre, je me lève de la terrasse du café où je m’étais installée, visage offert à la chaude caresse de Râ, narines enchantées par l’arôme de cette tasse d’un breuvage noir et brûlant. Ce matin, j’ai attendu ton texto, puis j’ai calculé ton temps de route et je suis partie. La météo est clémente et ton voyage aura été plus agréable.

Un bruit de moteur, je me retourne et une belle moto carrossée de bleu, comme celui de tes yeux, vient s’arrêter le long du trottoir près de moi. Tu enlèves tes gants, puis déboucle la lanière de ton casque avant de l’ôter et de le poser devant toi. Tu plantes ton regard dans le mien, comme à ton habitude, tes lèvres plissées en un sourire enjôleur et légèrement mais tendrement moqueur.

Instant suspendu dans la course du temps. Les mots sont superflus. Ton bras gauche attrape un autre casque derrière toi, ta main me le tend, je l’enfile et m’installe derrière toi. Tu remets le tien, caresses légèrement mes doigts qui sont venus s’accrocher à tes hanches et lentement tu démarres.

Dans un ballet de mots nous nous sommes connus, après un échange de photos fades comparées à la réalité, tu t’es obstiné. Alors, j’ai souri, répliqué, taquiné. Les distances ont été effacées pour vivre ces quelques moments d’amitié.

Les maisons défilent, s’espacent, disparaissent. Seule reste cette nature sauvage le long d’une côte déchiquetée, si belle et si désirable. Nos corps se penchent dans les courbes et se redressent dans les lignes droites. Tu ralentis, t’arrêtes sur le bas-côté, ton bras se tend pour me désigner un petit sentier sur la gauche. J’acquiesce en hochant la tête. Tu remets les gaz juste ce qu’il faut pour rejoindre l’endroit stabilisé qui sert de parking à cet endroit et te garer.

Nous descendons l’un après l’autre, enlevons nos casques. Nous nous moquons de nos coiffures respectives et tu passes tes doigts dans mes cheveux pour tenter de les réordonner. Mais, tu me taquines en disant qu’ils sont aussi indisciplinés que moi !

Dans un grand éclat de rire, j’emprunte à pas rapides le chemin qui descend jusqu’à une longue crique de galets, alternance de gris tout en rondeurs. Tu me rejoins.

Debout, nous regardons vers le large. L’océan est aussi vaste que sont nombreuses les routes de l’avenir …

Mais ceci, n’est qu’un rêve dicté par ma muse … Evasion du quotidien …

Et si vous lisiez en écoutant cette jolie reprise de Katie Melua : Wonferful life pour les puristes, l'original de Black : Wonderful life

dimanche 2 avril 2017

Tricoti Tricota

Je vous ai déjà parlé de ma passion du tricot, voici quelques lignes

Créer, transformer, réaliser. Créer un modèle. Transformer des pelotes de fils. Réaliser un pull. Tout un programme…

Tricoti Tricota

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers

L’une après l’autre

Stop ! Voici la fin du premier rang

Demi-tour aux aiguilles

Et hop c’est reparti

Tricoti Tricota

Rangs après rangs

Les côtes sont finies

Commençons le corps

Stop ! Attention les emmanchures

Tricoti Tricota

Diminutions

Encolure

Epaules

Stop ! Dos terminé

Tricoti Tricota

On reprend depuis le début

On continue avec les manches

On termine avec le col

On assemble

Tricoti Tricota

Cela fait combien tout cela

20 pelotes

53 mètres par pelote

Plus d’un kilomètre

Tricoti Tricota

Quel courage elle a !

Une de mes réalisations : Châle "Fox and the Grapes" et ses 800 perles

mercredi 22 mars 2017

La goélette voyage

Souvenirs .... souvenirs ....

La goélette de l’amuseur de mots vogue sur une mer calme par un beau temps ensoleillé. C’est la fin de l’été, le début de l’automne, les derniers jours de ciel bleu azur où les rayons de l’astre nous réchauffent derrière la baie vitrée.

Elle s’est immobilisée le long des côtes du continent africain, le temps pour un poète aux noms incitant aux rêves de lui offrir des mots de l’Amour unique, celui que l'on ressent, que l'on vit intensément qui est comme l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, si simple mais si indispensable car sans l'autre on est plus rien. Avec respect et gentillesse, ce présent lui fut fait.

Elle a repris sa route, passant le détroit de Gibraltar en milieu de matinée pour remonter le long des côtes d’Argent et de Beauté, plus haut encore les côtes de Lumière. Les jours passent, elle arrive en vue des côtes de Jade de la Baie d’Audierne. Une halte est la bienvenue.

Dans une crique, elle jette l’ancre qui s’accroche à un solide rocher. Elle peut ainsi laisser ses mots s’amuser à relever le défi d’un sinistre korrigan accompagné par ses lièvres sauvages, en quête de quelques mauvais coups à la nuit tombée. Un merveilleux coucher de soleil bleu nuit veiné de rose dont les ors comme des flèches viennent éclairer la lande bretonne est le témoin d’une poursuite à perdre haleine. Une sauvageonne en péril acculée par la meute, rattrapée par son chasseur offre à la terre une fleur étrange née d’un acte magique entre deux créatures du monde des légendes celtes.

Épuisée, mais heureuse de ce partage de plume, fugace instant parmi les trajectoires du possible, pause dans la banalité du quotidien qui revient au galop dès la ponctuation finale, elle se repose dans la sérénité bleue d’un joli texte. Mais l’amarre est tendue, tiraillée entre Cornouailles et Seine. Les aléas, la méconnaissance de l’autre par manque de lecture avaient distendu ce filin. Pourtant, la persévérance et la ténacité, après avoir entrevu quelques facettes d’une âme complexe, ont décidé de s’engager dans une partie d’échecs. Ni gagnant, ni perdant dans ce croisement de phrases, seul le plaisir d’une aventure différente. Nouveauté qui met à jour une inspiration inconnue, cachée, bercée par le chant d’une mystérieuse sirène dont la sonorité de la voix ne pourrait qu’accentuer les effets.

Viens maintenant, le calme après un galop effréné pour suivre la course du temps.

Elle se repose, laisse sa muse musarder dans l’univers parallèle de la fantasy où chaque mot en appelle un autre, chaque phrase un nouveau paragraphe, chaque chapitre une aventure plus étoffée.

mardi 7 mars 2017

Retour d’Extra et Terrestr

Extra déjà installé devant sa boisson préférée, voit arriver Terrestr complètement échevelé.

- Eh , Terrest, mais que t’arrive-t-il ?

- Ah, tu vas pas le croire ! J’ai eu un renversement de soucoupe en plein milieu de la nuit.

- Non ?! mais comment est-ce possible ?

- Mon moteur de stabilisation a été bouché.

- Allons c’est impossible, il n’y a rien autour de nous qui puisse entrer dans les grilles d’évacuation. Explique moi Terrestr.

- Tu sais qu’ils se sont mis dans la tête de nous trouver les terriens et qu’ils ont envoyé des fusées dans l’espace.

- Ben oui, mais je vois toujours pas le rapport ???

- Il semblerait qu’ils avaient un problème de plomberie et Pesqué qu’ils ont réparé, et qu’ils ont tout débouché, moi j’ai tout pris dans le museau.

- Dis tu n’es pas blessé au moins ?

- Blessé non, mais je te dis pas le bazar. Et avec tout cela, j’ai plus rien capté des infos. Dis Extra ils en sont où nos coureurs de fonds ?

- Justement, ils ont fait une petite pause sous la pluie dimanche. C’était tout beau avec leurs couleurs mélangées au milieu des parapluies, mais quand même c’est bizarre de fêter les grands-mères ainsi. Moi, j’aurais plutôt vu des fleurs, tu ne crois pas Terrestr.

- Si tu as raison Extra, remarque à jouer la montre, c’est un énorme bouquet de roses qu’ils vont finir par récolter.

- Allez Terrestr, trinquons au bon vieux temps, quand on s’émerveillait de l’imagination de De Vinci

lundi 6 février 2017

Tempête

Tu es née au-dessus de l’océan. Profitant de courants favorables, tu as pris de l’ampleur, de la force, du souffle avant de te heurter aux côtes de granit.

Tournoyant autour des sentinelles de la mer, Penlan, Penfret ,Eckmühl, Ar-Men, Saint-Mathieu, tu as emporté avec toi dans une folle farandole des esquifs divers et variés.

Salant les routes et les dunes, tu as poursuivi ta course rappelant aux hommes leur impuissance face à la nature, tu as fait chuter leurs cheminées empruntées par plusieurs générations de père Noël.

Pour cette nature dont tu fais partie tu n’as pourtant aucun respect, aucune modération, des branches mortes gelées, aux brindilles trop jeunes, tu arraches, casses, sans discernement. Même les remarquables, en viennent à perdre la bataille et se couchent pour un long sommeil qui les emmènera dans des maisons dont ils réchaufferont les vieux murs par leurs flammes hautes et claires.

Mal aimée tu continues ton chemin survolant les plaines, courbant les herbes, acculant les troupeaux dans un recoin quelque peu abrité dans lequel il se serre les uns contre les autres pour résister tant bien que mal au froid dont tu les fouettes.

Cette nuit encore, tu souffleras en un long sifflement jusqu’à ce qu’enfin une perturbation te repousse et t’oblige à laisser la nature et les hommes retrouver leur harmonie.

lundi 30 janvier 2017

Observations de la terre par Extra et Terrestr

Chaque semaine Extra et Terrestr se retrouvent au bar de la navette spatiale et un hanap après l'autre, ils échangent leur point de vue sur leurs observations de cette petite boule de terre, d'eau, d'air et de feu qu'ils contemplent avec envie.



• dis Extra, tu as vu les résultats des dernières sélections pour le combat de coq final?

• Non j'ai pas eu le temps, j'étais curieux de voir l'apparition de la sixième étoile. Et je n'ai pas été déçu car ce sont des Experts. Leur upgrade de mi-temps est bien passée, pas de bug majeur et le jeu en a été amélioré. Finalement les humains sont encore un peu supérieurs aux robots.

• Tu veux dire qu'il y aurait encore de l'espoir qu'ils s'améliorent?

• Pas sur dans tous les domaines ... ce ne sont quand même que des humains, hein. Alors les résultats ça donne quoi?

• Ah, cher Terrestr, c'est bizarre de chez bizarre. Ils ont changé de rythme, la Valse ne leur convient plus.

• Ben au bout de 5 ans, ils ont peut-être la tête qui tourne?

• Possible, possible.... tourner encore et encore finalement y a pas de fin et ça fatigue c'est sûr.

• Tu crois qu'ils vont se donner la Peine pour aller jusqu'au bout?

• Ah ça dépend des effets secondaires de la Trempe. À force de taper sur tout, va finir par être tout seul celui-là.

• Pourtant, Extra, il doit savoir que toute cocotte-minute a besoin de laisser échapper la vapeur si elle ne veut pas exploser.

• Donc on est pas plus avancé aujourd'hui?

• Ah si quand même un peu, ils peuvent choisir entre deux desserts après le fromage : soit le macaron, soit l'almond?

• L'almond ? C'est quoi ça Terrestr ?

• L'amande, mais en français ça prend parfois un H.

dimanche 15 janvier 2017

Le Cht'i

Tout d'abord je souhaite à tous mes lecteurs une Bonne et Heureuse Année 2017.

Et pour commencer une petite fantaisie d'humour amoureux :

Le Cht'i

Je suis arrivée à la majorité avec l'esprit empli de prince charmant, d'une longue lune de miel et d'un grand nombre d'années de mariage.

C'était il y a .... plus de trente cinq ans...

J'ai commencé par un français né en Afrique. Élégant dans son uniforme, de beaux yeux bleus derrière ses lunettes de soleil, une allure de prince charmant.

Sous le soleil du midi, je l'ai épousé, j'y ai cru, ai fondé une famille...mais... onze ans plus tard...le prince fatigué est parti.

Ayant la géographie de mon coeur, j'ai traversé l'hexagone pour un breton d'adoption. Le physique éloigné du premier, mais un intellect passionnant. Des rires, de la gentillesse, mais au bout de 8 ans, la locomotive que j'étais pour construire un avenir s'est épuisée à traîner les wagons encore et encore

Mais ne dit-on pas jamais deux sans trois?

Un cht'i s'est présenté. Mal fringué, timide mais délicat, protecteur, joueur d'échecs. Entraîné pendant des années à faire face à des situations les plus difficiles et incongrues, la guerre de l'usure du quotidien lui paraît un parcours aisé.

Presque 9 ans que le cht'i résiste, je pourrais même dire de mieux en mieux. Pourtant je m'applique, renouvelle jour après jour, que dis-je minute après minute dès que nous sommes ensemble les taquineries, coquineries, chipiteries (comme il aime à dire), mais il ne se lasse et en redemande....

Le cht'i serait-il mon highlander?

jeudi 29 décembre 2016

Game of Throne

Bonjour,

Pour mon dernier partage de série de l'année, je vais vous parler de "Game Of Throne". Oui, je sais que ce n'est pas très original car depuis 2011 que cette série a été adaptée sur les écrans à partir des romans écrits par George R. R. Martin, tous les médias en ont fait les éloges.

L'histoire : "Il y a très longtemps, à une époque oubliée, une force a détruit l'équilibre des saisons. Dans un pays où l'été peut durer plusieurs années et l'hiver toute une vie, des forces sinistres et surnaturelles se pressent aux portes du Royaume des Sept Couronnes. La confrérie de la Garde de Nuit, protégeant le Royaume de toute créature pouvant provenir d'au-delà du Mur protecteur, n'a plus les ressources nécessaires pour assurer la sécurité de tous. Après un été de dix années, un hiver rigoureux s'abat sur le Royaume avec la promesse d'un avenir des plus sombres. Pendant ce temps, complots et rivalités se jouent sur le continent pour s'emparer du Trône de Fer, le symbole du pouvoir absolu."

Si la première saison suit assez bien le livre, même en prenant quelques libertés, la suite passe rapidement d'un volume à un autre et changent les relations entre les personnages, parfois même leur personnalité. Les livres sont tellement denses et les personnages y sont tellement nombreux qu'il est bien difficile de les adapter entiers afin que le spectateur puisse s'y retrouver. Il est donc facile de lire les livres indépendamment de la série.

Je crois que depuis le Seigneur des Anneaux, c'est la première série qui m’enthousiasme et me passionne autant. Les acteurs sont très bien choisis pour leur rôle. Les décors ainsi que les costumes sont somptueux. La musique est envoûtante à souhait. D'ailleurs un français, Luc Arbogast en a fait une interprétation : Game Of Thrones - Main Title Theme N'hésitez pas à écouter ce titre en traversant la forêt de Brocéliande ... la magie opère ...

Si vous n'avez pas encore eu le temps ou l'envie de regarder cette série, sachez que la 6ème saison est sortie en 2016 et que 2 saisons sont encore à venir.

Installez-vous dans votre fauteuil préféré, une infusion bien chaude dans une grande tasse, les hauts parleurs un peu fort, le silence, la nuit et laissez-vous transporter dans cette épopée de fantasy médiéval.

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