Les fantaisies de la Sirène

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vendredi 17 novembre 2017

Clin d'oeil à un ami de plume

20 h. Le soleil est couché depuis plusieurs heures, je n'aime pas ce changement d'heures qui me donne l'impression que l'hiver est arrivé alors que nous ne sommes qu'en automne.

Il a fait beau, les quais de l'Odet étaient emplis de promeneurs baguenaudant en se tenant par la main, de marcheurs pressés entre deux rendez-vous, d'enfants babillant dans les poussettes, de flaneurs tournant leur visage vers le soleil entre deux gorgées de café à la terrasse du Café des Arts.

Une journée bien remplie, me dis-je en m'asseyant dans mon fauteuil après le repas du soir. Mon bras se tend vers la tablette à côté de mon accoudoir. Mes doigts se saisissent de mon "KnitBook" (comme je l'appelle) et de mon crayon à papier. Allons revoyons un peu les notes que j'ai prises hier en débutant mon nouvel ouvrage aux aiguilles. Je dois encore calculer où je vais placer le motif de torsades dans le dos, les manches et les devants pour qu'ils s'accordent harmonieusement.
J'aime à choisir la forme d'un gilet ou d'une veste en accord avec mon échantillon et y ajouter ma touche personnelle. Un plaisir des neurones et du regard de mon homme lorsque je le lui offre.

Plongée dans mes calculs, le crayon tournant entre mes doigts, la calculatrice posée en équilibre sur ma cuisse, évadée dans mon monde tricotesque, je n'entends plus rien autour de moi.  Non que je dédaigne le calcul mental, mais le soir, les règles de 3, traduire les rangs en mailles et les mailles en cm ... mon cerveau se focalise plus aisément sur l'ensemble et l'harmonie esthétique, et puis, perfectionniste, je cherche toujours à ajuster tous les détails, donc, lorsque mon homme pose ma tasse d'infusion fruitée sur mon petit sous-mug mouton, je sursaute.

- Désolée, ma chérie, me dit-il, je ne voulais pas te faire surprendre.

-Pas grave, je me demandais si les "cables" par rapport à ma gauge, au niveau de la séparation des sleeves avec le reste du corps, ce ne serait pas trop serré. Peut-être que je devrais rajouter quelques stitches pour que les armholes aient un peu plus de positive-ease.

Il me sourit malicieusement car s'il comprend les mots en anglais puisqu'il est presque bilingue, les relier à leur signification pour le tricot reste pour lui un exercice quasi impossible. Aussi, me répond-il : "et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu .... " je ris et lui traduis : je me demandais si les torsades, au vu de mon échantillon, au niveau de la séparation des manches avec le reste du corps, ce ne serait pas trop serré. Peut-être que je devrais rajouter quelques mailles pour que les emmanchures soient plus amples.

Alors pourquoi ce texte s'intitule-t-il "Clin d'oeil à un ami de plume", eh bien, c'est en lisant son dernier texte que j'ai réalisé que j'utilisais par facilité et aussi parce qu'à force de tricoter les modèles en anglais je mélangeais les deux langues pour raccourcir souvent les explications.
Vous pouvez retrouver les textes de cet amoureux du beau langage et des belles lettres sur le site de "La Plume et de l'Encrier". N'hésitez pas à découvrir ses autres poèmes, chroniques etc

                                                                                

mardi 7 novembre 2017

Un beau reportage

Bonjour,

hier au journal de 13 h sur TF1, un reportage sur un lieu vraiment merveilleux à découvrir et qui m'a inspiré ce texte "Une Autre rive, un autre monde".

Voici le lien : Un café-librairie en plein cœur de la forêt en Bretagne

N'hésitez pas à y aller, en ce moment les couleurs automnales doivent être sublimes

Une petite musique pour accompagner ce lieu : Outlander

samedi 28 octobre 2017

Courte vie mais si variée

Oh ! Oh ! Il semble que ce soit l’heure de se lever.

Humm que c’est bon de se déplier, de s’étirer, de se secouer pour prendre ma forme. Allez hop, j’étire mes tresses et je plonge à ma place.

Quelle bonne odeur de café, c’est toujours mieux d’être sorti dès le matin. Le filtre encore chaud de l’eau qui a coulé sur le grain moulu est fort agréable et ne me cause aucun dommage. Il glisse tranquillement et sans heurt. Mais pas le temps d’apprécier ce doux moment, voilà que l’on m’égratigne avec les angles de la boite des céréales. Je n’aime pas cela les céréales ! Moi je préfère le pain croustillant et les miettes qui tombent en pluie, recouvrant le marc de café comme un crumble. Ah les bonnes habitudes se perdent. C’est comme la bouteille de lait, elle ne vient plus, hélas, elle est expatriée comme une paria dans une sorte de sac jaune transparent … quel manque d’intimité.

Eh n’oubliez pas de refermer, je ne veux pas attraper froid !

La matinée s’écoule et viens l’heure de déjeuner. Tiens qu’est-ce qu’il y aura au menu ?

Des barquettes micro-ondes qui iront rejoindre le lait, ou bien de délicieuses épluchures diverses et variées de légumes et de fruit ? Allez, allez ouvrez-moi … je suis impatient !

Enfin, un pied appuie sur la pédale.                             

Oh la bonne odeur de mijoté ! Le papier qui emballe le poulet échu crisse un peu, mais il est léger et son atterrissage tout en délicatesse est toujours un moment aérien.

Aïe Ouille ah non ! Pas les fruits au sirop au dessert ! Je n’aime pas le couvercle qui me fendille, après je dégouline de partout et on m’expédie dehors avec un coup de pied au derrière bien souvent. Non s’il vous plaît …. N’écourtez pas ma vie … recycler la boite de conserves aussi … c’est déjà si court le passage du sac poubelle dans votre cuisine.

jeudi 19 octobre 2017

Noces de bois ... suite ...

                                                                        http://blick-freres.com/wp-content/uploads/2014/05/Charpente1.jpg

Voilà 5 ans que nous nous sommes unis et cet anniversaire symbolisé par ce matériau est arrivé à point nommé.

Le bois m’évoque, tout d’abord ces sentiers parcourus par deux amoureux qui se sont enfin trouvés après bien des erreurs et des chemins de traverses.

Le bois de ces navires sur lesquels jadis tu aurais navigué portant haut et loin les couleurs de notre pays. Peut-être aurais-tu le soir en tenant la barre été ensorcelé par le chant d’une sirène…

 

Le bois de la charpente d’une maison

 

Après près de 9 ans de vie commune dans un ailleurs chargé de passé, nous nous sommes décidé à nous aménager notre chez nous, à notre image, à l’image de la vie que nous souhaitons partager l’un à côté de l’autre. Après avoir passé notre vie à nous occuper des autres, à nous conformer à ce que la société attendait de nous, nous avons enfin franchi le pas et nous allons enfin pouvoir nous consacrer à nous, à l’autre nous, celui sans lequel notre cœur ne sait plus battre, celui sans lequel nous n’aurions plus envie de vivre.

Alors nous avons vidé le grenier des souvenirs, réaménagé cette petite maison blottie au bord de la forêt, et nous nous réinventons un quotidien plus calme, plus tendre, plus heureux.

                                                                                                             Résultat de recherche d'images pour "maison amour"

mercredi 4 octobre 2017

Découverte

Bonjour,

aujourd'hui je vais vous parler d'une découverte que j'ai faite grâce à mon homme : les audio-books.

Quoi de plus "barbant" que certaines tâches ménagères, que de décoller du papier peint ou parfois simplement d'être obligé de marcher non pour son plaisir mais par obligation, ou encore d'attendre dans une salle d'attente? Cela peut aussi permettre de tricoter de longs rangs de jersey ou de point mousse sans se lasser de la monotonie. Pour ne pas voir défiler les minutes, parfois les heures, il y a les audio-books.
Ce sont des livres lus par un homme ou une femme avec parfois un peu de bruitage et/ou de musique. Pour une amoureuse des lettres et du papier, j'ai déjà eu du mal à me faire à la lecture numérique alors les audio-books, ce n'était, pensais-je pas pour moi. Seulement c'était sans compter ma curiosité!

J'ai commencé par un livre de Pierre Lemaître , "Travail soigné", premier tome de sa trilogie "Verhoeven".

résumé : Dès le premier meurtre, épouvantable et déroutant, Camille Verhoeven comprend que cette affaire ne ressemblera à aucune autre. Et il a raison. D'autres crimes se révèlent, horribles, gratuits. La presse, le juge, le préfet se déchaînent bientôt contre la « méthode Verhoeven ». Policier atypique, le commandant Verhoeven ne craint pas les affaires hors normes mais celle-ci va le placer totalement seul face à un assassin qui semble avoir tout prévu. Jusque dans le moindre détail. Jusqu'à la vie même de Camille qui n'échappera pas au spectacle ...

Je l'ai écouté avec avidité. La voix du lecteur était très bien choisie, l'intrigue haletante, les personnages attachants. Pas trop de description dans lesquelles se noie l'histoire. J4ai écouté la lecture de la seconde enquête avec d'autant plus d'intérêt que l'auteur a su se renouveler et nous tient en haleine jusqu'au bout.

Ces audio-books sont dans mon cas proposés à l'emprunt via le réseau de la Médiathèque de Bretagne Occidentale, mais je suis sûre qu'ils sont disponibles dans d'autres lieux. J'ai essayé un autre livre mais la voix de la lectrice et son rythme de lecture ne me convenait pas. Donc, ne vous arrêtez pas à une première impression.


mercredi 20 septembre 2017

Une voix



Musique par laquelle l’âme s’exprime, nul ne peut en éviter les tours et les détours. Elle pénètre en nous lentement. Notre oreille la perçoit, la capte, l’attrape. Elle poursuit son chemin en suivant les méandres de nos pensées et imprègne nos sens de son intonation. Ses diverses tonalités peuvent apporter joie et bonheur, tristesse et douleur.

Joie de ressentir sa douceur comme une douce caresse qui, comme des mains, effleure la peau et lui apporte chaleur et réconfort. Comme la pluie est source de vie pour qui est assoiffé, une voix peut être la source où puiser la force de continuer à vivre. Dans les moments les plus noirs, quelque part en nous, elle survit, surgit et revient atténuer une séparation à laquelle on s’oblige pour permettre à un avenir de se construire.

Bonheur de l’entendre quelque soit la distance et de conserver dans notre mémoire ses différentes gammes qu’elle utilise pour nous communiquer ses ressentis. Revivre des moments d’intenses émotions en l’écoutant dans le profond de notre être. Elle est la source de chaleur de notre cœur.

Tristesse quand certains mots prononcés sans y prêter attention nous blessent. Pour une âme en manque de confiance en elle qu’une certaine solitude quotidienne rend encore plus réceptive et sensible, elle devient douleur et un martèlement de métal vient troubler la douce sérénité de l’affection, de l’amitié, de l’amour…

Quand la voix se fait muette, le silence devient pesant et même la raison ne peut l’alléger. Seuls les mots prononcés les yeux dans les yeux peuvent effacer cet instant d’égarement et ramener l’âme, des chemins de traverse qu’elle a emprunté pour se soustraire à sa peine vers les plages ensoleillées de l’apaisement.

jeudi 31 août 2017

Les apparences sont parfois trompeuses !

Au départ, une petite merveille de la nature.

Elle est ronde, belle. Elle est exposée à tous les regards.

Elle se colore de vert, puis de jaune et parfois de rouge…est-ce de la timidité ?

Elle est attirante, irrésistible. Une main la prend, doucement. Elle se love dans sa paume. Elle se laisse caresser, elle brille de tous ses feux.

Elle est portée à la bouche… et AIE !

Le rêve devient un cauchemar.

Elle est blessée. Une part d’elle-même est broyée.

Elle glisse le long d’un tunnel sombre et humide.

Elle atterrit dans une flaque opaque et acide.

Elle perd de sa consistance. Des éléments lui sont arrachés.

Elle se liquéfie peu à peu dans ce bain mélangée à d’autres, elle perd de sa substance, ses belles couleurs se désagrègent.

Elle continue sa descente. Un autre plongeon dans une mare. Cette fois, elle est enrobée dans une émulsion.

C’est la chute longue et vertigineuse. Elle se transforme, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Toute sa saveur a disparu.

Quand enfin elle retrouve la lumière, d’elle, il ne reste rien !

 

En conclusion : si Adam avant de mordre dans le fruit défendu avait pu en mesurer toutes les conséquences, l’aurait-il fait ?

 Un peu de musique? 

mardi 15 août 2017

Sommeil

                                                                                      

Repos du jour, ami de la nuit, pourquoi es-tu si difficile à séduire depuis de si nombreuses années ?

A la tombée du jour, le rituel que j’accomplis chaque soir pour être à totalement à toi, commence. Mes vêtements s’ôtent et nue, mes pieds m’emmènent le long du couloir jusqu’à la salle de bain. Le rideau de douche se laisse ouvrir par ma main avant que celle-ci ne tourne le robinet du jet d’eau chaude et bienfaisante qui enlève les tracas et les soucis du quotidien en caressant mon corps. Mes doigts attrapent le drap de bain et parcourent chaque centimètre de ma peau pour la sécher. Un peu de lait pour le corps étale un voile sur mes courbes et son léger parfum me suit alors que je regagne ma chambre. Il imprègne mon déshabillé qui vient me recouvrir.

Les draps du lit s’entrouvrent, je glisse dedans, tapotant mes oreillers afin de les disposer pour ce moment de détente et d’évasion qu’est la lecture de quelques pages d’un livre. Mes paupières s’alourdissent, petit à petit, mes yeux déchiffrent plus qu’ils ne parcourent les lignes. Le marque-page se glisse et le livre se referme avant de se poser doucement sur ma table de chevet. La lampe s’éteint.

La nuit remplace le jour.

Mes membres s’étirent. D’un tour de rein je me retourne et mon ventre dénudé par ce mouvement ressent la douceur du satin. Mes bras prennent leur position de repos, mes jambes légèrement s’écartent. Ma joue contre le drap, mes yeux clos, ma respiration se règle sur un rythme plus paisible.

Où es-tu ?

Quand viendras-tu prendre possession de moi ?

Me prendras-tu jusqu’au petit matin ou bien comme trop souvent m’abandonneras-tu à mes pensées pendant plusieurs heures ?

Pensées tristes et sombres, blessures du passé qui reviennent dans le présent.
Tenaces, elles s’incrustent, tournent et virevoltent, noircissant cette nuit claire.
Eveil en sueur, rêves d’une vie qui ne sera jamais vécue.
Utopies évanouies dans l’expérience d’un quotidien décevant.
Efforts épuisants et vains dans une réalité imposée.
Des mots lus surgissent et rendent une présence si intense qu’elle en est presque palpable.
Des frissons de désirs effleurent ma peau, une chaleur importune m’enflamme malgré moi.

Sommeil, cette nuit encore tu as joué avec moi !

mardi 8 août 2017

Réveil

                                                         

Bip ! Bip ! Bip !

Le réveil émet un son impératif. Il est l'heure !

Couchée sur le ventre, le bras gauche replié, ma main sous ma hanche. Mon bras droit seul bouge, se tend vers la sonnerie, un doigt appuie sur la touche "STOP". L'alarme a éveillé mon cerveau, mais mon corps dort encore.
Doucement, par de petits mouvements, je m'accorde le plaisir du frôlement du drap frais sur ma peau.
Lentement, je me retourne sur le dos. J'étire mes membres l'un après l'autre comme font les chats. Mon corps entier, enfin, tendu comme un arc, mes lèvres exhalent un soupir de contentement.
Mes narines reniflent les effluves évanescents de la nuit, mes oreilles captent les sons diffus alentour, puis mes yeux s'ouvrent sur une nouvelle journée.
Je m'assieds au bord du matelas, mes orteils tâtent le carrelage, mes pieds se posent, de douces sensations provoquées par le contact de ma plante tiède sur le sol froid dessinent un sourire d'aise sur mon visage.

 Hum ! Qu'il est bon de vivre !

Debout, uniquement vêtue de mon bronzage, je me dirige vers la cuisine.
J'ouvre le placard, attrape les boîtes de café et de chicorée. Je les pose sur le meuble bas à côté de la machine à café, ôte les couvercles, prends les cuillères et je dose le mélange. Je remplis à l'aide de la verseuse le réservoir d'eau et j'appuie délicatement sur le bouton lumineux. La cafetière émet un léger chuintement, l'eau remonte le long du tuyau, coule dans le filtre, puis le café goutte à goutte remplit l'appartement de son parfum chaud, enivrant.
Je verse le nectar dans ma tasse et y ajoute un sucre. Délicatement mes doigts prennent la petite cuillère et la tournent lentement avant de la poser ur la soucoupe sans bruit pour continuer à profiter de la quiétude matinale. Une gorgée coule et des frissons de plaisir me traversent.

Hum ! Que c'est bon de vivre !

Mes pas me mènent tranquillement vers la salle de bain, me réjouissant à l'avance du plaisir à venir !

lundi 31 juillet 2017

Peintre et spectateurs

                                                                                  

L’esprit de l’art est quelque chose d’étrange. Le peintre prend ses pinceaux, ses couleurs, il se positionne devant la toile blanche et pose ses teintes, les travaille ou bien encore les laisse ainsi à l’abandon à leur destin d’entrer ou non en contact avec d’autres, dans des arabesques unicolores, multicolores, uniformes, variées, des lignes courbes, arrondies, planes, des traits rectilignes, croisés, parallèles et cela forme un tout que l’on appelle un tableau.

A chaque époque, des styles différents se sont révélés, épanouis, ont vécu puis disparu. Chacun a laissé une empreinte de son époque, un témoignage de la pensée.

Mais de quelle pensée ? Celle de l’auteur de l’œuvre ou bien de celui qui essaie de la décrypter en transformant les couleurs en lettres, les formes en mots, leur cheminement en phrases. Chaque tentative d’interprétation n’est ni meilleure ni moins bonne qu’une autre. Elle éteint simplement la lumière du rêve.

La lumière du rêve est ce qui, lorsque l’on chemine dans une exposition éclaire d’un flash telle ou telle peinture plutôt qu’une autre. Elle arrête nos pas, nous statufie et si nous sommes ouverts à son appel, elle nous emmène par la main au pays des rêves, par forcément celui du peintre, mais est-ce le plus important ? L’auteur a peint ses sensations, nous en percevons d’autres, mais le résultat est le même, une évasion de l’instant présent vers un ailleurs irréel.

Il n’y a pas d’âge pour rêver, pas de peinture plus qu’une autre pour se laisser emporter.

L’esprit de l’art est en toute œuvre et il sommeille en chacun de nous.

mardi 25 juillet 2017

Noces de bois

Déjà 5 ans que nous avons unis nos vies
Que le temps passe vite en bonne compagnie
N’est-ce point ce que l’on dit
Et c’est ce qu’au quotidien je vis.

Quand le ciel nuageux est gris
Dans le bleu de tes yeux je revis
Et jour après jour, même l’ennui
N’a aucune prise sur nos vies.

Alors aujourd’hui je te le redis
A toi pour la vie : Oui !

mardi 18 juillet 2017

Evasion

Je suis ici, mais je suis ailleurs

Dans mon âme et dans mon coeur.

Malgré mon ange gardien

Je n'ai envie de rien

Sinon d'autre chose

Que cet univers morose.

Le quotidien m’ennuie

Dans les mots, je le fuis.

Retenez-moi sans délai

Du moins essayez !

Avant que je ne parte trop loin

Dans quelque obscur recoin.

Comment garder les pieds sur terre

Lorsque la réalité vous enterre ?

mardi 11 juillet 2017

Oenologie

Mon corps ne tolère pas l'absorption d'alcool, néanmoins je sais trouver mon ivresse dans d'autres flacons.

Ils sont nombreux sur les étagères. Tous différents les uns des autres. Certains sont grands, élancés, d'autres sont plus ventrus, plus larges, d'autres encore de taille moyenne, minces, au col musclé. Leurs étiquettes sont de toutes les provinces, de toutes les écritures, avec plus ou moins de caractères, des dates fort différentes. Tous contiennent un liquide spécifique. Mis en bouteille en différents lieux, ils ont en commun leurs nombreux voyages dans des caves recélant toutes des trésors de beauté.

Qu'importe la quantité, seule la qualité apporte une ivresse par delà les cieux. Aussi ceux qui ont le privilège d'être goûté par moi sont rares, mais tous d'excellente qualité. Car je ne les choisis pas en fonction uniquement de leur contenant, mais bien de leur contenu. Ils doivent satisfaire tous mes sens, pour qu'enfin le sixième nous guide à travers l'espace et le temps. Le flacon quelque soit sa taille, son étiquette, son écriture et sa date doit attirer ma curiosité, mon envie d'en découvrir un peu plus, alors je m'approche. J'observe sa tenue, son maintien, sa façon de se poser, de se présenter.

Lorsque je ressens son désir d'aller plus loin, ma main se tend. Mes doigts attrapent délicatement le flacon, doucement, j'enlève le bouchon. Son arôme doit charmer mon sens olfactif, sa texture lorsque le liquide coule dans mon verre de cristal doit séduire mes yeux, me donner l'envie d'y tremper mes lèvres. Ma bouche s'entrouvre pour la première gorgée, mes papilles se délectent, les différentes nuances du parfum se dégagent peu à peu, le liquide s'écoule dans mon corps, enflamme lentement mais sûrement chaque parcelle de mon être. Chronos arrête la marche du temps. L'ivresse vient, s'installe, m'embrase, et m'emporte.

lundi 12 juin 2017

Meola Di la ou La Guitare Enchantée

Un tabouret de bar trône au milieu de la scène. Rien d’autre sur le plancher de chêne clair de cette salle de concert dans un petit coin de campagne. Les chaises peu à peu reçoivent les personnes intéressées par ce petit goût d’exotisme qui leur est proposé pour venir égayer cette fin d’hiver froide et venteuse, et puis aussi les fans, les connaisseurs qui apprécient et suivent ce musicien depuis longtemps.

Ce soir, il sera seul sur scène, ses comparses étant occupés par ailleurs. Mais peu importe car ses solos sont aussi prenant que leurs duos ou trios. Plus que quelques places libres éparpillées au hasard. Les lumières s’atténuent jusqu’à s’éteindre. Seuls les néons des sorties de secours restent comme des guides rassurants.

Toutes oreilles en éveil, les spectateurs guettent les pas de l’artiste. Mais, rien. Soudain, quelques notes et puis, un projecteur dévoile au fur et à mesure de son intensité grandissante, une paire de bottes, un jean bleu clair, des jambes pliées sur lesquelles repose une guitare tenue par des mains agiles.

Le musicien n’est déjà plus là. Il est ailleurs, dans un monde qui n’appartient qu’à lui, se baignant dans les modulations qu’il crée par les différentes positions de ses doigts sur les cordes qu’il pince.

Des sonorités s’échappent de ces cordes, elles ondulent dans l’espace, gémissent leurs peines, se plaignent de leurs douleurs, s’envolent sur un rythme de plus en plus rapide pour atteindre le plafond. Puis, elles redescendent lentement se réchauffent à l’appréciation bienveillante du public, reprennent des forces et repartent joyeusement à l’assaut des derniers accords.

Sous les applaudissements, l’homme assis revient peu à peu à la réalité, sourit, hoche la tête, puis, repart pour une autre destination dans le silence subjugué de ses auditeurs qui ont laissé derrière eux, leur quotidien banal, la notion de temps et se laissent emporter à leur tour par la magie de cet instrument si habilement caressé.

mardi 23 mai 2017

Code 93

Bonjour,

avec la chaleur, j'ai un peu laissé mes aiguilles à tricoter et j'ai ouvert un livre d'un auteur que je ne connaissais pas : Olivier Norek. Son premier livre : Code 93

Résumé : Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges – un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d'autocombustion – l'incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Appréciation : très agréable à lire. Un vocabulaire juste et des personnages attachants. Une histoire qui se tient et qui nous tient en haleine jusqu'au bout en ne nous délivrant les indices qu'au fur et à mesure. Bref, je le recommande!

mercredi 17 mai 2017

Observations de la terre par Extra et Terrestr – Chapitre 3

- Bonjour Extra, comment vas-tu ? Tu m’as l’air éreinté …

- Salut Terrestr. Ah la la tu as raison, mes jambes n’en peuvent plus.

- Ben que t’es-t-il donc arrivé ? Ta sortie sur Terre ne s’est pas bien passée ? Tu l’attendais depuis si longtemps.

- Oh, si si. Il faisait beau et même parfois trop chaud dans certains pays. Dans d’autres, il pleuvait encore et encore. C’est bizarre cette planète, les disparités quand on passe d’un pays à l’autre.

- Les disparités sont une richesse pas une pauvreté. Au moins, tu ne t’ennuies pas et tu élargis ton esprit. Enfin c’est ce qu’il devrait être mais apparemment il y en a qui sont réfractaires. Mais bon tout cela ne me dit pas pourquoi tu sembles si fatigué ?

- C’est justement à cause d’un jeu que tu retrouves partout sur la planète et il y en a même qui l’on décliné au niveau de leur gouvernement.

- Mais que me dis-tu là Extra ? Un jeu qui marche ?

- Oh la oui et depuis maintenant bientôt un an. Il s’agit de ces bestioles que tu ne vois qu’en réalité virtuelle et qui font marcher des millions de gens. Imagines toi qu’ils ont déjà parcourus 200 000 fois le tour de la Terre en un an !

- Mais quel rapport avec gouverner un pays ?

- Eh bien, les joueurs vont de pokestop en pokestop. Ce sont des sortes de boutiques virtuelles et ils ramassent des objets aléatoirement dispatchés par les créateurs du jeu et ces objets leur permettent de monter de niveau. Eh bien, quand j’y étais, deux dimanches, la population d’un pays hexagonal a fait la même chose. Ils sont allés dans des bureaux et ils ont déposé des bulletins et ensuite, des candidats ont ramassé ces bulletins et leur niveau est monté en fonction de ce qu’ils avaient ramassé.

- Ah ben ça alors c’est bizarre comme coïncidence…

- Ensuite quand ils ont un bon niveau les joueurs font se battre des bestioles dans des arènes et c’est celui qui sait placer son attaque spéciale au bon moment qui l’emporte. Encore faut-il garder son calme et faire preuve de stratégie. C’est le même genre de combat auquel j’ai assisté le mercredi soir.

- De plus en plus bizarre. Mais quel rapport avec la marche ?

- J’y viens Terrestr : Figure-toi que dans les boutiques virtuelles, les marcheurs ramassent des œufs et pour savoir ce qu’il y a dedans ils doivent les mettre à incuber et marcher. Parfois ils ont des bestioles qu’ils ont déjà et parfois de nouvelles qui leur permettent d’évoluer. Eh bien la population de ce pays a voté pour un chef qui marche avec des anciens et des nouveaux.

- Si je comprends bien tu as décidé de les suivre et donc te voilà fatigué, mais la marche c’est bon pour la santé, alors allons faire éclore des œufs et évoluer nous aussi.

- Tu as raison, Terrestr, rien de tel qu’un bon bol d’air nouveau pour se requinquer. Espérons que tout le monde en profitera.

jeudi 20 avril 2017

Poème marin

Dans l’océan de tes yeux

Les vagues de mon âme

Dans les sommets et les creux

Ondulent et se pâment

Sur nos corps dénudés

Souffle une douce brise

Nos lèvres sont soudées

Tu m’excites et me grises

Viens poète et marin

Dans le petit matin

Cueillir ma fleur épanouie

Après une douce nuit

dimanche 9 avril 2017

Le phare de la Ballade des Mots

Début du printemps. Une douce brise vient atténuer la chaleur des premiers rayons de soleil. Sur la place devant le phare d’Eckmühl se promènent les premiers touristes de la saison. L’un des plus hauts d’Europe et le plus visité de cette pointe bretonne, c’est à son pied que nous avons décidé de nous retrouver.

Comme à mon habitude, j’ai enfilé un jean moulant, un haut assorti et un blouson en cuir pour couper le vent. Les talons de mes chaussures sont exceptionnellement plats, mais, l’aspect pratique a primé sur ma préférence. Je passe les doigts dans mes cheveux, tentant de remettre un peu d’ordre dans cette anarchie provoquée par Eole. Je souris, car cela n’a guère d’importance pour la suite…

Un dernier coup d’œil à ma montre, je me lève de la terrasse du café où je m’étais installée, visage offert à la chaude caresse de Râ, narines enchantées par l’arôme de cette tasse d’un breuvage noir et brûlant. Ce matin, j’ai attendu ton texto, puis j’ai calculé ton temps de route et je suis partie. La météo est clémente et ton voyage aura été plus agréable.

Un bruit de moteur, je me retourne et une belle moto carrossée de bleu, comme celui de tes yeux, vient s’arrêter le long du trottoir près de moi. Tu enlèves tes gants, puis déboucle la lanière de ton casque avant de l’ôter et de le poser devant toi. Tu plantes ton regard dans le mien, comme à ton habitude, tes lèvres plissées en un sourire enjôleur et légèrement mais tendrement moqueur.

Instant suspendu dans la course du temps. Les mots sont superflus. Ton bras gauche attrape un autre casque derrière toi, ta main me le tend, je l’enfile et m’installe derrière toi. Tu remets le tien, caresses légèrement mes doigts qui sont venus s’accrocher à tes hanches et lentement tu démarres.

Dans un ballet de mots nous nous sommes connus, après un échange de photos fades comparées à la réalité, tu t’es obstiné. Alors, j’ai souri, répliqué, taquiné. Les distances ont été effacées pour vivre ces quelques moments d’amitié.

Les maisons défilent, s’espacent, disparaissent. Seule reste cette nature sauvage le long d’une côte déchiquetée, si belle et si désirable. Nos corps se penchent dans les courbes et se redressent dans les lignes droites. Tu ralentis, t’arrêtes sur le bas-côté, ton bras se tend pour me désigner un petit sentier sur la gauche. J’acquiesce en hochant la tête. Tu remets les gaz juste ce qu’il faut pour rejoindre l’endroit stabilisé qui sert de parking à cet endroit et te garer.

Nous descendons l’un après l’autre, enlevons nos casques. Nous nous moquons de nos coiffures respectives et tu passes tes doigts dans mes cheveux pour tenter de les réordonner. Mais, tu me taquines en disant qu’ils sont aussi indisciplinés que moi !

Dans un grand éclat de rire, j’emprunte à pas rapides le chemin qui descend jusqu’à une longue crique de galets, alternance de gris tout en rondeurs. Tu me rejoins.

Debout, nous regardons vers le large. L’océan est aussi vaste que sont nombreuses les routes de l’avenir …

Mais ceci, n’est qu’un rêve dicté par ma muse … Evasion du quotidien …

Et si vous lisiez en écoutant cette jolie reprise de Katie Melua : Wonferful life pour les puristes, l'original de Black : Wonderful life

dimanche 2 avril 2017

Tricoti Tricota

Je vous ai déjà parlé de ma passion du tricot, voici quelques lignes

Créer, transformer, réaliser. Créer un modèle. Transformer des pelotes de fils. Réaliser un pull. Tout un programme…

Tricoti Tricota

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers

L’une après l’autre

Stop ! Voici la fin du premier rang

Demi-tour aux aiguilles

Et hop c’est reparti

Tricoti Tricota

Rangs après rangs

Les côtes sont finies

Commençons le corps

Stop ! Attention les emmanchures

Tricoti Tricota

Diminutions

Encolure

Epaules

Stop ! Dos terminé

Tricoti Tricota

On reprend depuis le début

On continue avec les manches

On termine avec le col

On assemble

Tricoti Tricota

Cela fait combien tout cela

20 pelotes

53 mètres par pelote

Plus d’un kilomètre

Tricoti Tricota

Quel courage elle a !

Une de mes réalisations : Châle "Fox and the Grapes" et ses 800 perles

mercredi 22 mars 2017

La goélette voyage

Souvenirs .... souvenirs ....

La goélette de l’amuseur de mots vogue sur une mer calme par un beau temps ensoleillé. C’est la fin de l’été, le début de l’automne, les derniers jours de ciel bleu azur où les rayons de l’astre nous réchauffent derrière la baie vitrée.

Elle s’est immobilisée le long des côtes du continent africain, le temps pour un poète aux noms incitant aux rêves de lui offrir des mots de l’Amour unique, celui que l'on ressent, que l'on vit intensément qui est comme l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, si simple mais si indispensable car sans l'autre on est plus rien. Avec respect et gentillesse, ce présent lui fut fait.

Elle a repris sa route, passant le détroit de Gibraltar en milieu de matinée pour remonter le long des côtes d’Argent et de Beauté, plus haut encore les côtes de Lumière. Les jours passent, elle arrive en vue des côtes de Jade de la Baie d’Audierne. Une halte est la bienvenue.

Dans une crique, elle jette l’ancre qui s’accroche à un solide rocher. Elle peut ainsi laisser ses mots s’amuser à relever le défi d’un sinistre korrigan accompagné par ses lièvres sauvages, en quête de quelques mauvais coups à la nuit tombée. Un merveilleux coucher de soleil bleu nuit veiné de rose dont les ors comme des flèches viennent éclairer la lande bretonne est le témoin d’une poursuite à perdre haleine. Une sauvageonne en péril acculée par la meute, rattrapée par son chasseur offre à la terre une fleur étrange née d’un acte magique entre deux créatures du monde des légendes celtes.

Épuisée, mais heureuse de ce partage de plume, fugace instant parmi les trajectoires du possible, pause dans la banalité du quotidien qui revient au galop dès la ponctuation finale, elle se repose dans la sérénité bleue d’un joli texte. Mais l’amarre est tendue, tiraillée entre Cornouailles et Seine. Les aléas, la méconnaissance de l’autre par manque de lecture avaient distendu ce filin. Pourtant, la persévérance et la ténacité, après avoir entrevu quelques facettes d’une âme complexe, ont décidé de s’engager dans une partie d’échecs. Ni gagnant, ni perdant dans ce croisement de phrases, seul le plaisir d’une aventure différente. Nouveauté qui met à jour une inspiration inconnue, cachée, bercée par le chant d’une mystérieuse sirène dont la sonorité de la voix ne pourrait qu’accentuer les effets.

Viens maintenant, le calme après un galop effréné pour suivre la course du temps.

Elle se repose, laisse sa muse musarder dans l’univers parallèle de la fantasy où chaque mot en appelle un autre, chaque phrase un nouveau paragraphe, chaque chapitre une aventure plus étoffée.

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