Les fantaisies de la Sirène

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mercredi 22 mars 2017

La goélette voyage

Souvenirs .... souvenirs ....

La goélette de l’amuseur de mots vogue sur une mer calme par un beau temps ensoleillé. C’est la fin de l’été, le début de l’automne, les derniers jours de ciel bleu azur où les rayons de l’astre nous réchauffent derrière la baie vitrée.

Elle s’est immobilisée le long des côtes du continent africain, le temps pour un poète aux noms incitant aux rêves de lui offrir des mots de l’Amour unique, celui que l'on ressent, que l'on vit intensément qui est comme l'eau que l'on boit, l'air que l'on respire, si simple mais si indispensable car sans l'autre on est plus rien. Avec respect et gentillesse, ce présent lui fut fait.

Elle a repris sa route, passant le détroit de Gibraltar en milieu de matinée pour remonter le long des côtes d’Argent et de Beauté, plus haut encore les côtes de Lumière. Les jours passent, elle arrive en vue des côtes de Jade de la Baie d’Audierne. Une halte est la bienvenue.

Dans une crique, elle jette l’ancre qui s’accroche à un solide rocher. Elle peut ainsi laisser ses mots s’amuser à relever le défi d’un sinistre korrigan accompagné par ses lièvres sauvages, en quête de quelques mauvais coups à la nuit tombée. Un merveilleux coucher de soleil bleu nuit veiné de rose dont les ors comme des flèches viennent éclairer la lande bretonne est le témoin d’une poursuite à perdre haleine. Une sauvageonne en péril acculée par la meute, rattrapée par son chasseur offre à la terre une fleur étrange née d’un acte magique entre deux créatures du monde des légendes celtes.

Épuisée, mais heureuse de ce partage de plume, fugace instant parmi les trajectoires du possible, pause dans la banalité du quotidien qui revient au galop dès la ponctuation finale, elle se repose dans la sérénité bleue d’un joli texte. Mais l’amarre est tendue, tiraillée entre Cornouailles et Seine. Les aléas, la méconnaissance de l’autre par manque de lecture avaient distendu ce filin. Pourtant, la persévérance et la ténacité, après avoir entrevu quelques facettes d’une âme complexe, ont décidé de s’engager dans une partie d’échecs. Ni gagnant, ni perdant dans ce croisement de phrases, seul le plaisir d’une aventure différente. Nouveauté qui met à jour une inspiration inconnue, cachée, bercée par le chant d’une mystérieuse sirène dont la sonorité de la voix ne pourrait qu’accentuer les effets.

Viens maintenant, le calme après un galop effréné pour suivre la course du temps.

Elle se repose, laisse sa muse musarder dans l’univers parallèle de la fantasy où chaque mot en appelle un autre, chaque phrase un nouveau paragraphe, chaque chapitre une aventure plus étoffée.

mardi 7 mars 2017

Retour d’Extra et Terrestr

Extra déjà installé devant sa boisson préférée, voit arriver Terrestr complètement échevelé.

- Eh , Terrest, mais que t’arrive-t-il ?

- Ah, tu vas pas le croire ! J’ai eu un renversement de soucoupe en plein milieu de la nuit.

- Non ?! mais comment est-ce possible ?

- Mon moteur de stabilisation a été bouché.

- Allons c’est impossible, il n’y a rien autour de nous qui puisse entrer dans les grilles d’évacuation. Explique moi Terrestr.

- Tu sais qu’ils se sont mis dans la tête de nous trouver les terriens et qu’ils ont envoyé des fusées dans l’espace.

- Ben oui, mais je vois toujours pas le rapport ???

- Il semblerait qu’ils avaient un problème de plomberie et Pesqué qu’ils ont réparé, et qu’ils ont tout débouché, moi j’ai tout pris dans le museau.

- Dis tu n’es pas blessé au moins ?

- Blessé non, mais je te dis pas le bazar. Et avec tout cela, j’ai plus rien capté des infos. Dis Extra ils en sont où nos coureurs de fonds ?

- Justement, ils ont fait une petite pause sous la pluie dimanche. C’était tout beau avec leurs couleurs mélangées au milieu des parapluies, mais quand même c’est bizarre de fêter les grands-mères ainsi. Moi, j’aurais plutôt vu des fleurs, tu ne crois pas Terrestr.

- Si tu as raison Extra, remarque à jouer la montre, c’est un énorme bouquet de roses qu’ils vont finir par récolter.

- Allez Terrestr, trinquons au bon vieux temps, quand on s’émerveillait de l’imagination de De Vinci

lundi 6 février 2017

Tempête

Tu es née au-dessus de l’océan. Profitant de courants favorables, tu as pris de l’ampleur, de la force, du souffle avant de te heurter aux côtes de granit.

Tournoyant autour des sentinelles de la mer, Penlan, Penfret ,Eckmühl, Ar-Men, Saint-Mathieu, tu as emporté avec toi dans une folle farandole des esquifs divers et variés.

Salant les routes et les dunes, tu as poursuivi ta course rappelant aux hommes leur impuissance face à la nature, tu as fait chuter leurs cheminées empruntées par plusieurs générations de père Noël.

Pour cette nature dont tu fais partie tu n’as pourtant aucun respect, aucune modération, des branches mortes gelées, aux brindilles trop jeunes, tu arraches, casses, sans discernement. Même les remarquables, en viennent à perdre la bataille et se couchent pour un long sommeil qui les emmènera dans des maisons dont ils réchaufferont les vieux murs par leurs flammes hautes et claires.

Mal aimée tu continues ton chemin survolant les plaines, courbant les herbes, acculant les troupeaux dans un recoin quelque peu abrité dans lequel il se serre les uns contre les autres pour résister tant bien que mal au froid dont tu les fouettes.

Cette nuit encore, tu souffleras en un long sifflement jusqu’à ce qu’enfin une perturbation te repousse et t’oblige à laisser la nature et les hommes retrouver leur harmonie.

lundi 30 janvier 2017

Observations de la terre par Extra et Terrestr

Chaque semaine Extra et Terrestr se retrouvent au bar de la navette spatiale et un hanap après l'autre, ils échangent leur point de vue sur leurs observations de cette petite boule de terre, d'eau, d'air et de feu qu'ils contemplent avec envie.



• dis Extra, tu as vu les résultats des dernières sélections pour le combat de coq final?

• Non j'ai pas eu le temps, j'étais curieux de voir l'apparition de la sixième étoile. Et je n'ai pas été déçu car ce sont des Experts. Leur upgrade de mi-temps est bien passée, pas de bug majeur et le jeu en a été amélioré. Finalement les humains sont encore un peu supérieurs aux robots.

• Tu veux dire qu'il y aurait encore de l'espoir qu'ils s'améliorent?

• Pas sur dans tous les domaines ... ce ne sont quand même que des humains, hein. Alors les résultats ça donne quoi?

• Ah, cher Terrestr, c'est bizarre de chez bizarre. Ils ont changé de rythme, la Valse ne leur convient plus.

• Ben au bout de 5 ans, ils ont peut-être la tête qui tourne?

• Possible, possible.... tourner encore et encore finalement y a pas de fin et ça fatigue c'est sûr.

• Tu crois qu'ils vont se donner la Peine pour aller jusqu'au bout?

• Ah ça dépend des effets secondaires de la Trempe. À force de taper sur tout, va finir par être tout seul celui-là.

• Pourtant, Extra, il doit savoir que toute cocotte-minute a besoin de laisser échapper la vapeur si elle ne veut pas exploser.

• Donc on est pas plus avancé aujourd'hui?

• Ah si quand même un peu, ils peuvent choisir entre deux desserts après le fromage : soit le macaron, soit l'almond?

• L'almond ? C'est quoi ça Terrestr ?

• L'amande, mais en français ça prend parfois un H.

dimanche 15 janvier 2017

Le Cht'i

Tout d'abord je souhaite à tous mes lecteurs une Bonne et Heureuse Année 2017.

Et pour commencer une petite fantaisie d'humour amoureux :

Le Cht'i

Je suis arrivée à la majorité avec l'esprit empli de prince charmant, d'une longue lune de miel et d'un grand nombre d'années de mariage.

C'était il y a .... plus de trente cinq ans...

J'ai commencé par un français né en Afrique. Élégant dans son uniforme, de beaux yeux bleus derrière ses lunettes de soleil, une allure de prince charmant.

Sous le soleil du midi, je l'ai épousé, j'y ai cru, ai fondé une famille...mais... onze ans plus tard...le prince fatigué est parti.

Ayant la géographie de mon coeur, j'ai traversé l'hexagone pour un breton d'adoption. Le physique éloigné du premier, mais un intellect passionnant. Des rires, de la gentillesse, mais au bout de 8 ans, la locomotive que j'étais pour construire un avenir s'est épuisée à traîner les wagons encore et encore

Mais ne dit-on pas jamais deux sans trois?

Un cht'i s'est présenté. Mal fringué, timide mais délicat, protecteur, joueur d'échecs. Entraîné pendant des années à faire face à des situations les plus difficiles et incongrues, la guerre de l'usure du quotidien lui paraît un parcours aisé.

Presque 9 ans que le cht'i résiste, je pourrais même dire de mieux en mieux. Pourtant je m'applique, renouvelle jour après jour, que dis-je minute après minute dès que nous sommes ensemble les taquineries, coquineries, chipiteries (comme il aime à dire), mais il ne se lasse et en redemande....

Le cht'i serait-il mon highlander?

jeudi 29 décembre 2016

Game of Throne

Bonjour,

Pour mon dernier partage de série de l'année, je vais vous parler de "Game Of Throne". Oui, je sais que ce n'est pas très original car depuis 2011 que cette série a été adaptée sur les écrans à partir des romans écrits par George R. R. Martin, tous les médias en ont fait les éloges.

L'histoire : "Il y a très longtemps, à une époque oubliée, une force a détruit l'équilibre des saisons. Dans un pays où l'été peut durer plusieurs années et l'hiver toute une vie, des forces sinistres et surnaturelles se pressent aux portes du Royaume des Sept Couronnes. La confrérie de la Garde de Nuit, protégeant le Royaume de toute créature pouvant provenir d'au-delà du Mur protecteur, n'a plus les ressources nécessaires pour assurer la sécurité de tous. Après un été de dix années, un hiver rigoureux s'abat sur le Royaume avec la promesse d'un avenir des plus sombres. Pendant ce temps, complots et rivalités se jouent sur le continent pour s'emparer du Trône de Fer, le symbole du pouvoir absolu."

Si la première saison suit assez bien le livre, même en prenant quelques libertés, la suite passe rapidement d'un volume à un autre et changent les relations entre les personnages, parfois même leur personnalité. Les livres sont tellement denses et les personnages y sont tellement nombreux qu'il est bien difficile de les adapter entiers afin que le spectateur puisse s'y retrouver. Il est donc facile de lire les livres indépendamment de la série.

Je crois que depuis le Seigneur des Anneaux, c'est la première série qui m’enthousiasme et me passionne autant. Les acteurs sont très bien choisis pour leur rôle. Les décors ainsi que les costumes sont somptueux. La musique est envoûtante à souhait. D'ailleurs un français, Luc Arbogast en a fait une interprétation : Game Of Thrones - Main Title Theme N'hésitez pas à écouter ce titre en traversant la forêt de Brocéliande ... la magie opère ...

Si vous n'avez pas encore eu le temps ou l'envie de regarder cette série, sachez que la 6ème saison est sortie en 2016 et que 2 saisons sont encore à venir.

Installez-vous dans votre fauteuil préféré, une infusion Dammann Carcadet Nuit d'été bien chaude dans une tasse Dunoon, les hauts parleurs un peu fort, le silence, la nuit et laissez-vous transporter dans cette épopée de fantasy médiéval.

vendredi 23 décembre 2016

L'Ile aux fleurs

Le ciel bleu azur étend son manteau velouté jusqu’après l’horizon. Pas un souffle de vent. Le calme règne paisible et serein. Le soleil éclaire de ses rayons dorés un morceau de terre au milieu de nulle part. Une île située dans le secret de mon être.

Elle recèle mes trésors les plus précieux : mes souvenirs des moments heureux. Aucune pluie, aucun orage ne viennent jamais perturber cette tranquillité.

Elle est entourée des rochers de mensonge. Ca et là, des écueils de trahison attendent le voyageur malintentionné. Les vagues de l’intolérance se brisent sur les digues de la compréhension. Pour la protéger, je l’ai entourée d’un muret. Chaque pierre est une déception cimenté avec de la tristesse.

Dans les jardinières reposent les fleurs fanées des amitiés déchues. Le sel des embruns achève de les décomposer. Puis le terreau ainsi acquis après une longue fermentation servira à ensemencer un nouveau carré du jardin. Son expérience permettra une germination lente, mais plus régulière, de la prochaine graine qu’un coup de vent du destin déposera en ces lieux. Au centre de cette harmonie, une vasque nacrée est le lit douillet d’une perle de bonheur. La lueur qu’elle émet palpite au rythme de mon cœur. Une langueur l’engourdit lorsqu’il se vide, une symphonie joyeuse lorsqu’une nouvelle amitié se présente.

Pour veiller sur cet endroit hors du temps, trois tours masculines d’époques différentes veillent. D’autres tours n’ont toujours pas d’occupants, car aucune fleur n’est parvenue à éclore et fleurir sans se faner au bout de quelques lunaisons.

Aujourd’hui, un voile de solitude plane en ces lieux. L’espérance résiste difficilement aux aléas maléfiques de l’indifférence. Une fine bruine vient mouiller l’herbe nue de la gentillesse, des ruissellements zèbrent les allées de la sensibilité. Aucune chaleur ne vient plus réchauffer les bordures fleuries de la tendresse. La fraîcheur de l’absence contracte les émotions.

Combien de jours et de nuits avant que ce magnifique jardin connaisse un renouveau ?

jeudi 8 décembre 2016

Oubli de l’être humain

De retour, de passage. Une escale ou bien un port. Peu importe où l’on se trouve. Peu importe le temps que l’on y reste. Que reste-t-il quand on repart ?

Des souvenirs tristes ou gais. A nous de savoir les colorer des couleurs de l’arc en ciel pour que nous puissions mieux profiter de la prochaine halte.

Parfois, on part sans faire de bruit. Simplement, comme cela. Le silence qui suit est empli de la richesse des vrais amis. De ceux qui, d’un petit mot d’une apparence anodine, indiquent qu’ils ne vous ont pas oubliée, qu’ils sont là, qu’ils pensent à vous en temps qu’être humain et non pas seulement comme une entité informatique derrière un pseudo que l’on croise à l’occasion.

Il est des exils profonds et noirs, dont on ressort meurtri de cicatrices douloureuses. On se surprend à les toucher parfois du bout du doigt. On se souvient de qui, comment et pourquoi. Sans trop de difficultés, on y associe les divers éléments extérieurs qui ont eu lieu au même moment. Parfois, aussi, à ceux qui ont été là pour y appliquer un peu de baume, du baume au cœur comme on dit. Parfois à ceux qui n’étaient pas là et qui pourtant disaient vous apprécier, avoir de l’amitié pour vous.

Allons, point d’atermoiement dans ces lignes, juste la constatation habituelle que chacune et chacune, nous avons notre propre définition de l’amitié et de ce qu’elle apporte dans les rapports humains.

Tiens, le mot humain revient encore.

Car au-delà des machines, des souris, des claviers, des écrans et des bips de toutes sortes, ce sont bien des bipèdes pensants et ressentant des émotions qui les ont inventées, qui les fabriquent et les utilisent.

Dans notre monde de la communication tous azimuts

Il semble que, de plus en plus, nous l’oublions !

dimanche 27 novembre 2016

Les mots

Les mots, encore les mots, toujours les mots

Quiproquo que vous pouvez provoquer lorsque l’interprétation de votre interlocuteur est différente de la vôtre. Il s’ensuit une incompréhension fort regrettable qui peut éloigner deux personnes pourtant destinées l’une à l’autre.

Répétition, si involontaire elle laisse entrevoir une certaine faiblesse de vocabulaire lorsqu’elle est voulue elle est utilisée pour insister, pour démarquer ou pour rythmer.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Abominable colorie une âme de noir, comme l’a écrit Arthur Rimbaud. Noir qui supprime toutes les couleurs, mais qui, face à l’éclatante lumière de l’Amour (tient encore le A), s’efface et disparaît dans les ténèbres dont il s’était échappé.

Compréhension demande une ouverture d’esprit de tous les instants sur tous les sujets. Elle se cache parfois dans des recoins accessibles seulement à ceux qui veulent bien se donner la peine de chercher, à ceux qui sont motivés par un sentiment profond et sincère.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Le silence après une cacophonie de bruits, est reposant mais il devient pesant à la longue, se teinte de tristesse et n’a plus lieu d’être lorsque les sons sont à nouveau harmonieusement disposés.

La musique des cœurs passionnés nous envole vers des cieux imaginaires pleins de tendresse et de beauté, lorsque la sagesse surmonte la passion, une sérénité s’empare des êtres pour une amitié d’une sincérité et d’une profondeur sans égal.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Blessure, tu peux être physique et son souvenir s’atténuera au fil des jours. Mais lorsque tu es morale, un rien te fait ressurgir toujours vivante et douloureuse, au temps il faudra ajouter doigté, patience et persévérance pour dissiper les larmes et estomper la cicatrice.

Tendresse, dispensée avec largesse par petites touches, elle est douceur et plaisir, elle joue un tango avec la passion pour entretenir l’amour qui unit deux êtres par delà les distances et le temps.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

lundi 14 novembre 2016

Fin de journée

18 h, une nouvelle journée se termine. Je finis de ranger mon bureau, j’attrape mon sac et ma veste, je me dirige vers la pointeuse. Je passe ma fiche. Voilà une demi-heure de plus de cumulée. Belle invention. Je descends l’escalier, ouvre la double-porte. Un courant d’air fait voler mes cheveux. Je ferme ma veste, ce soir je rentre à pieds, la température de ce début de printemps est si douce que m’enfermer dans un bus ne me dit rien.

Mes pas avancent entre deux rangées de platanes qui mènent à une fontaine. Des moineaux pépient, volettent, picorent des miettes que leur lancent deux enfants tout excités. Sur un banc, deux messieurs, chapeau sur la tête, mains appuyées sur une canne devisent en regardant la scène. Se rappellent-ils le bon vieux temps ?

Je poursuis mon chemin. Humm ! L’odeur du pain tout chaud sorti du four. Je ne sais résister à cette gourmandise. J’entre dans la boulangerie. Deux personnes devant moi. Je salive à l’avance et quand vient mon tour, j’ai déjà la monnaie toute prête. Je n’attends pas d’être au dehors pour délicatement détacher le croûton tiède, le porter à mes lèvres et le déguster en deux bouchées, un rire intérieur provoque un frisson qui remonte le long de mon dos. Je secoue les épaules. Un monsieur se retourne se demandant sans doute si je vais bien.

S’il me posait la question, que pourrais-je bien lui dire ?

Qu’au fur et à mesure que la journée se termine, que les rayons du soleil se cachent derrière les immeubles avant de se coucher, que les voitures peu à peu se disposent le long des trottoirs, que les enseignes lumineuses s’éteignent, que les volets se ferment, que les rues se vident, je me sens revivre !

Certains ont peur de la nuit, il l’appréhende. Moi, je m’y ressource.

Souvent, je reste devant ma fenêtre à regarder cette belle dame nocturne étendre son manteau sombre sur la ville, en diminuer les bruits jusqu’à un silence ponctué seulement par quelques rares noctambules. Toutes les lumières s’échappant des carrés de vie s’évanouissent pour laisser la place au sommeil. Toutes les odeurs mêlées se démêlent par l’apaisement des flots de véhicules et sous l’effet d’un petit vent caressant le quotidien qui s’achève.

Quotidien pesant du carcan de la normalité que la société m’impose, incarcérant ma liberté d’être, figeant sur mon visage des expressions de communications automatisées, bridant mon corps dans une mode inconfortable, obligeant à sacrifier à des horaires structurés mon appétit.

Mais quand je referme la porte de mon appartement, je peux sans contrainte être moi-même. Retirer mes chaussures, marcher pieds nus sur le carrelage, le parquet, les tapis. Oter mes vêtements pour en enfiler de plus confortables qui me permettent de m’asseoir où je veux, comme je veux. Piocher dans le placard, le frigo, grignoter ma baguette par petits morceaux juste un soupçon de beurre, debout dans la cuisine. Ne pas regarder la pendule, laisser couler le temps à ma vitesse au gré de mes occupations, de mes envies, jusqu’à ce qu’une certaine fatigue, plus physique que morale, vienne me rappeler qu’il est l’heure pour moi de sacrifier au rituel immuable du repos.

Alors, moi aussi, j’éteins mes lumières et j’emporte ma liberté dans mes rêves.

mardi 25 octobre 2016

Pokémon go, ses effets secondaires et ses applications originales

18 h, mon maître va rentrer à la maison. Je l'attends patiemment depuis de longues heures. J'ai envie d'aller me dégourdir les pattes, "relever mes messages" comme dirait J.M. Bigard, et laisser les miens. Avant, il rentrait le visage épuisé, prenait la laisse en soupirant et nous faisions juste le tour du pâté de maison. Maintenant, il ouvre la porte d'une main, son téléphone dans l'autre, prend le câble et la petite boîte à côté de la laisse et hop, nous voilà partis pour une longue promenade. Passé le pâté de maison, nous tournons à droite et une centaine de mètres plus loin, un vrai délice : un grand jardin public. Pleins de messages, de copains et mon maître semble heureux, même s'il lui arrive de parler tout seul "ah zut raté ", " super, j'ai pris un niveau", etc. Je suis heureux, j'ai même perdu 2 kilos. Par contre, il y a un truc bizarre : les poules couvent leurs œufs pour les faire éclore et il y a toujours un poussin dedans. Là, ce sont mes coussinets qui surchauffent et il y a des bêtes toutes différentes dedans. Certaines plaisent à mon maître, d'autres l'énervent, en tous les cas il n'en fait jamais d'omelette!

Je suis assise sur un banc, je profite du beau temps boire le café de mon Thermos avant de rentrer. Je remarque, amusée, que cela fait quatre fois que la même poussette passe. Une femme la pousse de la main gauche, son téléphone dans la main droite. De temps en temps, elle s'arrête, caresse de quelques coups rapides son écran et repart. Je souris. Avant, elle avançait rapidement, traversait le jardin public sans s'arrêter jusqu'à sa voiture, installait son bébé à l'arrière et la poussette se pliait dans le coffre. Elle avait son visage fermé, stressée par sa journée sans doute, courant après le temps. Elle paraît maintenant plus détendue, elle marche, son bébé prend l'air. Que du bonheur!

Un samedi, dans une ville près de chez moi. Assis, sur un muret avec mon mari. Nous faisons une pause au soleil. Je trie mes captures, il bouquine sur son téléphone. Un monsieur, qui comme moi, fait partie des dresseurs rares de Pokémon (6 % seulement de dresseurs de + de 50 ans) s'approche. Il me dit avoir remarqué mon câble et me demande si je joue, moi aussi. Il est intéressé par cette batterie, car il me dit qu'il ne peut marcher plus de 1 h 30 environ avec la batterie de son téléphone. Je lui montre la mienne, légère et d’un coût abordable. Depuis le décès de son épouse, c'est cette application qui l'a, enfin, fait sortir de chez lui tous les jours. Il s’éloigne pour poursuivre sa marche.

Nous nous levons et nous apprêtons à partir quand quatre enfants, accompagnés d’une grande adolescente, s'approchent alors de nous : - dis madame, tu joues toi aussi à Pokémon? - oui, c'est amusant et j'aime bien ces bestioles - mais euh, tu as quel âge? - 54 ans, et toi? - j'ai 8 ans. C'est quoi ton + fort? .... ah oui quand même, dis tu tapes des arènes ? - oui ça m’arrive quand je peux, ça me permet de PX et c’est sympa de gagner quelques poképièces gratuites. -tu sais le monsieur là-bas qui te parlait tout à l’heure, ben il nous a traité de petits cons la semaine dernière car nous lui avions tapé son arène. -tu sais c’est normal qu’il n’ait pas apprécié, mais c’est un jeu et je ne pense pas qu’il te l’ait dit méchamment. Comme nous parlions, tout en marchant, nous nous sommes rapprochés de lui. Il s’est inclus dans la conversation et après quelques phrases, leur « différent » était oublié et comme ils se croisent de temps en temps, ils vont s’organiser pour optimiser leurs combats dans les arènes. Nous sommes repartis, en souriant de ce lien intergénérationnel que ce jeu peut créer. En vacances, qui n'a pas déjà été se balader dans une grande ville inconnue, suivi le panneau "parking" en ayant repéré la veille sur internet où se trouvait celui le plus proche du centre-ville et en sortant de sa voiture garée, resté dubitatif en voyant les 3 ou 4 sorties différentes proposées. Ne lancer pas votre GPS, piéton. Sur votre écran vous n'aurez qu'une petite boule bleue indiquant votre position. Il vous faudra marcher quelques dizaines de mettre pour savoir dans quelle direction vous marchez. Et pour savoir où se situe la zone des curiosités intéressantes et des commerces, il vaut mieux avoir une adresse. Lancer votre application Pokémon Go. Il suffit de quelques pas pour que votre personnage regarde dans la direction que vous empruntez. Repérer la concentration des petits drapeaux bleus des pokestop et vous saurez où aller. Les noms des pokestop, vous feront découvrir des petites curiosités, peu indiquée sur les guides, des petites rues pittoresques de plus pour retrouver aisément votre parking, mémoriser simplement l'arène près de laquelle vous êtes garé. Elles se voient de loin sur l'écran et portent toutes un nom différent.

Réfléchir à comment rentabiliser un œuf chance, retenir les noms des évolutions, calculer le nombre de km à parcourir pour récolter le nombre de bonbons pour évoluer un pokémon, gérer le stock de son sac en fonction des combats et des captures, encore autant d’effets secondaires que les non joueurs ne connaissent pas. Bien sûr, comme dans tout il y a des dérives. Nous ne sommes que des humains.

mardi 18 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Bonjour,

je viens d'aller voir ce film. Tout d'abord j'aime beaucoup ce que fait Tim Burton, ensuite j'adore l'actrice Eva Green, toujours aussi belle, élégante et qui s'adapte à des rôles fort différents de 007 Casino Royale, à Peeny Dreadful en passant par A la croisée des mondes.

Le résumé : "À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis."

C'est un très beau film, bien joué et il m'a donné envie de lire les livres dont il est tiré. Mais, il dure 2 h 07 et même si toutes les scènes sont nécessaires à la compréhension du film, je l'ai trouvé un peu long par manque, comment dire, de rythme principalement. L'action commence vraiment au 3/4 de la projection.

Il est indiqué : Genres Aventure, Famille, Fantastique . Alors pour l'aventure et le fantastique, je suis d'accord, mais pour famille, en tant que maman, je dois dire que je ne l'aurais pas montré à mes enfants avant leur adolescence car il y a des scènes assez "trash" comme disent les jeunes. Mais bon, c'est peut-être mon côté maman-poule.

Allez le voir, il est beau, et Eva Green est tout simplement magnifique.

mardi 4 octobre 2016

Les belles

Une femme, une légende…

Une route de montagne par une belle après-midi de début d’été. Les lacets s’enlacent et s’entrelacent pour nous mener vers le sommet.

Un virage sur la droite, une jolie clairière offre son doux tapis vert pour accueillir notre pique-nique.

Adroitement, doucement, tu pointes le fer à cheval de notre radiateur vers une zone d’ombre offerte par des pins sylvestres remarquables.

Tu descends et viens galamment ouvrir ma portière. Ma bottine se dépose sur l’herbe, ma main se pose dans la tienne et d’un mouvement souple, faisant bruisser la soie beige de ma robe de mousseline, je descends de « la Royale ».

Quelques pas.

Tu sors une valise en osier, une couverture que tu étales à quelques mètres, lissant la laine afin qu’aucun pli ne vienne troubler la quiétude des lieux.

Tu disposes les pièces de vaisselle en porcelaine blanche bordée d’un filet doré, les verres en cristal de Venise, une bouteille de Pétrus 1961. Quelques victuailles délicatement préparés par tes soins pour cette ballade d’un autre temps.

Tu te tournes vers moi, me souris tendrement, me tends la main, m’invitant à m’allonger pour partager ce repas de gourmets.

Un concert de chants d’oiseaux charment nos oreilles, point n’est besoin de mots entre nous, nous nous laissons aller au simple bonheur d’être deux.

Au dessert, tu te lèves, sors ton appareil photo. Je prends une pose alanguie.

Tu te places devant nous : « tes belles », comme tu nous as surnommées.

L’une et l’autre nous te séduisons par nos courbes, nos pleins et nos déliés. Nous ronronnons sous tes mains. Tes yeux caressent l’aluminium habilement travaillé par les fondeurs, comme ils caressent ma peau satinée.

Aucune jalousie dans mon cœur. Ta maîtresse ne me porte pas ombrage. Le temps que tu lui accordes, te garde près de moi. Sa carrosserie brille de mille feux sous les rayons du soleil. Je te sais heureux et cela n’a pas de prix pour moi.

« Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher ", adage d’Ettore Bugatti

dimanche 25 septembre 2016

Orphan Black

Bonjour amie/ami lecteur,

j'ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle je vous ferais partager les séries télé et les films que j'apprécie. J'ai des goûts très hétéroclites, donc, il pourra s'agir de policiers, fantasy, science fiction, romance, histoire etc.

Je commence par "Orphan Black".

Elle a été créée en 2013 et elle est classée comme science-fiction, thriller.

Il y a déjà 4 saisons et la 5ème est en tournage.

Résumé : "Marginale et orpheline, Sarah est témoin du suicide d'une femme. Après réflexion, elle décide de prendre l'identité de cette dernière, qui lui ressemble étonnamment. Elle découvre qu'elles sont en fait deux clones, que d'autres existent et sont la cible d'un tueur qui tente de les éliminer une à une."

La découverte des clones dont la vie est totalement différente est déjà captivante. Mais ce qui est extraordinaire c'est la prouesse d'interprétation de l'actrice qui joue près de 9 rôles et autant de personnalités. Son interprétation est telle que l'on a souvent du mal à se dire que c'est la même actrice : Tatiana Maslany .

lundi 22 août 2016

La clef des lettres

Effeuillage d’un prénom abandonné

Au fil d’une enfance difficile à oublier.

Perdues dans les limbes du passé

Elles naviguent sur les mers du globe

Se perdent dans les mécanismes compliqués

Les grippent et dans les rouages s’enrobent.

Tenace et courageux, assumant ton métier

A ton devoir jamais tu ne te dérobes.

Invisibles, elles te suivent silencieuses alliées

Comme les perles brillantes d’un collier.

Dans les méandres de la mémoire cryptée

Tant de douleurs vécues sont cachées

Les perles se sont échappées du fil de ta vie,

Dans la tristesse de ton âme elles se sont ternies.

Laisse le destin doucement les enfiler

Leur redonner leur éclat et leur beauté

Ensemble à nouveau les relier

Pour voir naître un avenir ensoleillé.

lundi 15 août 2016

A une amie

A une amie…

Elle est entrée dans ma vie à la fin de l’été, comme un courant d’air frais, agréable.

Nos conversations étaient teintées de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Lorsque les pâles devenaient trop présentes, ensemble nous les ravivions.

Lorsque les éclatantes se mettaient de la partie, nous écrivions la même chose en même temps.

Quel plaisir lorsque la petite fenêtre s’ouvrait sur un message, je savais que j’allais vivre un vrai moment d’amitié.

Un air de guitare enchantait nos mots, nos phrases. Nos doigts dansaient sur le clavier.

Si vous la rencontrez, n’hésitez pas, allez vers elle.

Elle a l’âme d’une tzigane.

Mais faites attention, elle est fragile comme le cristal.

Dans mes pensées, elle sera toujours présente comme un petit soleil.

Merci à toi, d’être entrée dans ma vie.

lundi 8 août 2016

Fée du logis

Je serais la fée de ton logis.

D'un coup de baguette, des brassées de bonheur empliraient tes vases, des bûches de passion éternelle se consumeraient dans l'âtre de ta cheminée, des délices sucrés de toutes les contrées s'étaleraient sur la table de ta cuisine, des draps de désirs recouvriraient ton lit, des rideaux d'intimité orneraient tes fenêtres.

Je serais chaude pour réchauffer tes hivers, claire pour éclairer tes printemps, lumineuse pour bronzer tes étés et douce comme la brise de tes automnes.

Je coulerais sur ton front, lorsque tu essaierais de m'essuyer je me glisserais sur ton nez et lorsqu'agacé tu me prendrais du bout des doigts, je me laisserais glisser sur tes lèvres.

Je serais une jolie chatte blanche très douce aux ongles rentrés pour ne pas blesser, je miaulerais de plaisir sous les caresses, ronronnerais de contentement sous les doigts qui tendrement me gratouilleraient les oreilles.

Je ramasserais les feuilles de mes larmes et le bruit couvrirait celui de mes sanglots.

Je me poserais délicatement sur ton front et je sourirais lorsque chatouillée tu me repousserais, mais indomptable je reviendrais à ma place.

Je viendrais la nuit habillée d'un fin drap blanc transparent pour enjoliver tes rêves de douceur et de tendresse

Je serais le Nil, je coulerais dans ces plaines riches des souvenirs des civilisations antiques. Je me réchaufferais au soleil de Râ. je me jetterais dans la Méditerranée pour parcourir le vaste monde en passant entre les colonnes d'Hercule.

Le futur est devenu présent, le jour où nous nous sommes dit "oui"

dimanche 31 juillet 2016

Esclavage

Faisant mes courses hebdomadaires hier après-midi, j’ai été fort surprise de croiser de nombreux esclaves.

De quelques-uns, il y a deux ans, voilà que de mois en mois leur nombre ne cesse d’augmenter.

Toutes les catégories sociales, toutes les classes d’âges, homme ou femme, sont touchés par ce nouvel état d’être.

On en rencontre partout.

Dans la rue, ils déambulent et soudain s’arrêtent, ou bien marmonnent à voix basse une conversation à sens unique. Dans les magasins, ce sont souvent des hommes, poussant leur caddie d’une main, attrapant des articles de l’autre sans cesser de remuer les lèvres. Dans le hall des gares, la salle d’attente est pleine de ces humains chuchoteurs. Devant les écoles, les mères de famille ne prennent parfois même pas le temps de dire bonjour à leur bambin. Elles l’attrapent par la main et le mènent jusqu’à la voiture. Même dans les restaurants, malgré la faim qu’ils ont après une journée de travail, ils sortent, laissant leur assiette pleine et tapent leur chaussure sur le pavé en hochant la tête à la manière de ces chiens de plastique sur la plage arrière des voitures. Ils sont là, debout, en train d’attendre et d’écouter leurs ordres, répondant brièvement. Puis, un geste à l’oreille, comme un salut militaire et ils poursuivent leur chemin, allant sans doute exécuter les ordres de quelque autorité supérieure.

Vous les reconnaitrez, comme moi, très facilement.

Ils ont un anneau à l’oreille, de taille ou de couleur différente, sans doute une question de classement. Ils ne l’enlèvent jamais, reliés ainsi en permanence au réseau, qui peut les joindre à tout moment. Leurs déplacements sont suivis par des bornes tels des GPS de voiture.

Il semble que les animaux ne soient pas encore touchés par ce marquage. Je n’en ai croisé aucun avec cet appareil greffé à leur organe auditif.

Enfin assez inquiète, tout de même, j’ai vérifié si l’esclavage avait été ou non aboli en France, à tout hasard bien sûr : En France, le 3 juillet 1315, le roi Louis X le Hutin publie un édit qui affirme que «selon le droit de nature, chacun doit naître franc». Officiellement, depuis cette date, «le sol de France affranchit l'esclave qui le touche». Il n'y aura plus d'esclaves sur le sol métropolitain depuis ce jour. (Extrait de wikipedia).

Alors esclavage ou bien un désir irrépressible de ne pas être oublié… Gain de temps ou bien perte d’un moment d’insouciance d’être quelque part sans fil à la patte…

samedi 16 juillet 2016

Promesse

Serment fait à un tournant de notre vie par amour, par espoir et désespoir.

Il y a des moments où il faut savoir prendre une décision difficile et irrévocable car l'amour est un puissant moteur mais aussi fragile que du verre. Pour qu'il résiste au temps, il doit être entouré, protégé, de multiples manières.

Savoir laisser son passé dans le passé n'est pas chose facile car il se rappelle sans cesse à notre mémoire au détour d'une odeur, d'une image, d'un son, d'une destination sur un panneau, d'un mot dans un contexte précis, mais il faut pourtant le faire et tenu par une promesse liée par amour est un des moyens dont nous pouvons user pour aider l'autre si apeuré de vous perdre à peine vient-il de vous rencontrer.

Son combat contre la maladie est aussi fort que le vôtre, bien que différent. Il est enfin arrivé au bout de sa quête de l’âme sœur, de la chaussure à son pied comme il aime à le dire, alors apprendre dans le même temps qu'il risque de vous perdre avant d'avoir parcouru avec vous le chemin de la vie lui est insupportable.

C'est une promesse facile a faire car vôtre vie n'est plus, il vous faut tenter d'accepter ce qu'il vous reste et sur ces cendres bâtir vaille que vaille un nouveau quotidien, de nouvelles habitudes, essayer de voir un nouvel avenir.

Mais, les souvenirs sont la, encore et encore, ils vous titillent les neurones, vous culpabilisez d'y penser, mais cela vous rappelle aussi que vous êtes encore malgré tout humaine.

mardi 12 juillet 2016

Le marin et la sirène

Il y a huit ans, un marin surfait sur l'océan des messages. Cela faisait longtemps qu'il pratiquait, ramassait des bouteilles de différentes couleurs au contenu plus ou moins attirant.

Chaque jour passant, sa soif ne s'étanchait pas, l'amertume des breuvages augmentait son désespoir de ne jamais trouver un ancrage pour ouvrir son coeur. Encore un clic, un dernier, le dernier.

Des mots qui parlent d'âme, de plume, de sérénité. Pourquoi pas se dit-il?

La réponse à son message le surprit, l'intrigua, l'attira.

Plein d'espoir il lança sa ligne, elle l'attrapa, sortit de l'eau, son regard bleu de sirène caressant son coeur avec la chaleur de son âme.

Le marin était enfin arrivé au port. La sirène ne chanterait plus que pour lui.

Ensemble ils relevèrent les obstacles qui se dressaient entre eux. Ensemble ils affrontèrent sa maladie. Ensemble ils avancent sur le chemin de la vie.

Ces mots sont dédiés à mon mari que je remercie d'être toujours à mes côtés malgré ce que la maladie a fait de moi.

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