Les fantaisies de la Sirène

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dimanche 27 novembre 2016

Les mots

Les mots, encore les mots, toujours les mots

Quiproquo que vous pouvez provoquer lorsque l’interprétation de votre interlocuteur est différente de la vôtre. Il s’ensuit une incompréhension fort regrettable qui peut éloigner deux personnes pourtant destinées l’une à l’autre.

Répétition, si involontaire elle laisse entrevoir une certaine faiblesse de vocabulaire lorsqu’elle est voulue elle est utilisée pour insister, pour démarquer ou pour rythmer.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Abominable colorie une âme de noir, comme l’a écrit Arthur Rimbaud. Noir qui supprime toutes les couleurs, mais qui, face à l’éclatante lumière de l’Amour (tient encore le A), s’efface et disparaît dans les ténèbres dont il s’était échappé.

Compréhension demande une ouverture d’esprit de tous les instants sur tous les sujets. Elle se cache parfois dans des recoins accessibles seulement à ceux qui veulent bien se donner la peine de chercher, à ceux qui sont motivés par un sentiment profond et sincère.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Le silence après une cacophonie de bruits, est reposant mais il devient pesant à la longue, se teinte de tristesse et n’a plus lieu d’être lorsque les sons sont à nouveau harmonieusement disposés.

La musique des cœurs passionnés nous envole vers des cieux imaginaires pleins de tendresse et de beauté, lorsque la sagesse surmonte la passion, une sérénité s’empare des êtres pour une amitié d’une sincérité et d’une profondeur sans égal.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Blessure, tu peux être physique et son souvenir s’atténuera au fil des jours. Mais lorsque tu es morale, un rien te fait ressurgir toujours vivante et douloureuse, au temps il faudra ajouter doigté, patience et persévérance pour dissiper les larmes et estomper la cicatrice.

Tendresse, dispensée avec largesse par petites touches, elle est douceur et plaisir, elle joue un tango avec la passion pour entretenir l’amour qui unit deux êtres par delà les distances et le temps.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

lundi 14 novembre 2016

Fin de journée

18 h, une nouvelle journée se termine. Je finis de ranger mon bureau, j’attrape mon sac et ma veste, je me dirige vers la pointeuse. Je passe ma fiche. Voilà une demi-heure de plus de cumulée. Belle invention. Je descends l’escalier, ouvre la double-porte. Un courant d’air fait voler mes cheveux. Je ferme ma veste, ce soir je rentre à pieds, la température de ce début de printemps est si douce que m’enfermer dans un bus ne me dit rien.

Mes pas avancent entre deux rangées de platanes qui mènent à une fontaine. Des moineaux pépient, volettent, picorent des miettes que leur lancent deux enfants tout excités. Sur un banc, deux messieurs, chapeau sur la tête, mains appuyées sur une canne devisent en regardant la scène. Se rappellent-ils le bon vieux temps ?

Je poursuis mon chemin. Humm ! L’odeur du pain tout chaud sorti du four. Je ne sais résister à cette gourmandise. J’entre dans la boulangerie. Deux personnes devant moi. Je salive à l’avance et quand vient mon tour, j’ai déjà la monnaie toute prête. Je n’attends pas d’être au dehors pour délicatement détacher le croûton tiède, le porter à mes lèvres et le déguster en deux bouchées, un rire intérieur provoque un frisson qui remonte le long de mon dos. Je secoue les épaules. Un monsieur se retourne se demandant sans doute si je vais bien.

S’il me posait la question, que pourrais-je bien lui dire ?

Qu’au fur et à mesure que la journée se termine, que les rayons du soleil se cachent derrière les immeubles avant de se coucher, que les voitures peu à peu se disposent le long des trottoirs, que les enseignes lumineuses s’éteignent, que les volets se ferment, que les rues se vident, je me sens revivre !

Certains ont peur de la nuit, il l’appréhende. Moi, je m’y ressource.

Souvent, je reste devant ma fenêtre à regarder cette belle dame nocturne étendre son manteau sombre sur la ville, en diminuer les bruits jusqu’à un silence ponctué seulement par quelques rares noctambules. Toutes les lumières s’échappant des carrés de vie s’évanouissent pour laisser la place au sommeil. Toutes les odeurs mêlées se démêlent par l’apaisement des flots de véhicules et sous l’effet d’un petit vent caressant le quotidien qui s’achève.

Quotidien pesant du carcan de la normalité que la société m’impose, incarcérant ma liberté d’être, figeant sur mon visage des expressions de communications automatisées, bridant mon corps dans une mode inconfortable, obligeant à sacrifier à des horaires structurés mon appétit.

Mais quand je referme la porte de mon appartement, je peux sans contrainte être moi-même. Retirer mes chaussures, marcher pieds nus sur le carrelage, le parquet, les tapis. Oter mes vêtements pour en enfiler de plus confortables qui me permettent de m’asseoir où je veux, comme je veux. Piocher dans le placard, le frigo, grignoter ma baguette par petits morceaux juste un soupçon de beurre, debout dans la cuisine. Ne pas regarder la pendule, laisser couler le temps à ma vitesse au gré de mes occupations, de mes envies, jusqu’à ce qu’une certaine fatigue, plus physique que morale, vienne me rappeler qu’il est l’heure pour moi de sacrifier au rituel immuable du repos.

Alors, moi aussi, j’éteins mes lumières et j’emporte ma liberté dans mes rêves.

mardi 25 octobre 2016

Pokémon go, ses effets secondaires et ses applications originales

18 h, mon maître va rentrer à la maison. Je l'attends patiemment depuis de longues heures. J'ai envie d'aller me dégourdir les pattes, "relever mes messages" comme dirait J.M. Bigard, et laisser les miens. Avant, il rentrait le visage épuisé, prenait la laisse en soupirant et nous faisions juste le tour du pâté de maison. Maintenant, il ouvre la porte d'une main, son téléphone dans l'autre, prend le câble et la petite boîte à côté de la laisse et hop, nous voilà partis pour une longue promenade. Passé le pâté de maison, nous tournons à droite et une centaine de mètres plus loin, un vrai délice : un grand jardin public. Pleins de messages, de copains et mon maître semble heureux, même s'il lui arrive de parler tout seul "ah zut raté ", " super, j'ai pris un niveau", etc. Je suis heureux, j'ai même perdu 2 kilos. Par contre, il y a un truc bizarre : les poules couvent leurs œufs pour les faire éclore et il y a toujours un poussin dedans. Là, ce sont mes coussinets qui surchauffent et il y a des bêtes toutes différentes dedans. Certaines plaisent à mon maître, d'autres l'énervent, en tous les cas il n'en fait jamais d'omelette!

Je suis assise sur un banc, je profite du beau temps boire le café de mon Thermos avant de rentrer. Je remarque, amusée, que cela fait quatre fois que la même poussette passe. Une femme la pousse de la main gauche, son téléphone dans la main droite. De temps en temps, elle s'arrête, caresse de quelques coups rapides son écran et repart. Je souris. Avant, elle avançait rapidement, traversait le jardin public sans s'arrêter jusqu'à sa voiture, installait son bébé à l'arrière et la poussette se pliait dans le coffre. Elle avait son visage fermé, stressée par sa journée sans doute, courant après le temps. Elle paraît maintenant plus détendue, elle marche, son bébé prend l'air. Que du bonheur!

Un samedi, dans une ville près de chez moi. Assis, sur un muret avec mon mari. Nous faisons une pause au soleil. Je trie mes captures, il bouquine sur son téléphone. Un monsieur, qui comme moi, fait partie des dresseurs rares de Pokémon (6 % seulement de dresseurs de + de 50 ans) s'approche. Il me dit avoir remarqué mon câble et me demande si je joue, moi aussi. Il est intéressé par cette batterie, car il me dit qu'il ne peut marcher plus de 1 h 30 environ avec la batterie de son téléphone. Je lui montre la mienne, légère et d’un coût abordable. Depuis le décès de son épouse, c'est cette application qui l'a, enfin, fait sortir de chez lui tous les jours. Il s’éloigne pour poursuivre sa marche.

Nous nous levons et nous apprêtons à partir quand quatre enfants, accompagnés d’une grande adolescente, s'approchent alors de nous : - dis madame, tu joues toi aussi à Pokémon? - oui, c'est amusant et j'aime bien ces bestioles - mais euh, tu as quel âge? - 54 ans, et toi? - j'ai 8 ans. C'est quoi ton + fort? .... ah oui quand même, dis tu tapes des arènes ? - oui ça m’arrive quand je peux, ça me permet de PX et c’est sympa de gagner quelques poképièces gratuites. -tu sais le monsieur là-bas qui te parlait tout à l’heure, ben il nous a traité de petits cons la semaine dernière car nous lui avions tapé son arène. -tu sais c’est normal qu’il n’ait pas apprécié, mais c’est un jeu et je ne pense pas qu’il te l’ait dit méchamment. Comme nous parlions, tout en marchant, nous nous sommes rapprochés de lui. Il s’est inclus dans la conversation et après quelques phrases, leur « différent » était oublié et comme ils se croisent de temps en temps, ils vont s’organiser pour optimiser leurs combats dans les arènes. Nous sommes repartis, en souriant de ce lien intergénérationnel que ce jeu peut créer. En vacances, qui n'a pas déjà été se balader dans une grande ville inconnue, suivi le panneau "parking" en ayant repéré la veille sur internet où se trouvait celui le plus proche du centre-ville et en sortant de sa voiture garée, resté dubitatif en voyant les 3 ou 4 sorties différentes proposées. Ne lancer pas votre GPS, piéton. Sur votre écran vous n'aurez qu'une petite boule bleue indiquant votre position. Il vous faudra marcher quelques dizaines de mettre pour savoir dans quelle direction vous marchez. Et pour savoir où se situe la zone des curiosités intéressantes et des commerces, il vaut mieux avoir une adresse. Lancer votre application Pokémon Go. Il suffit de quelques pas pour que votre personnage regarde dans la direction que vous empruntez. Repérer la concentration des petits drapeaux bleus des pokestop et vous saurez où aller. Les noms des pokestop, vous feront découvrir des petites curiosités, peu indiquée sur les guides, des petites rues pittoresques de plus pour retrouver aisément votre parking, mémoriser simplement l'arène près de laquelle vous êtes garé. Elles se voient de loin sur l'écran et portent toutes un nom différent.

Réfléchir à comment rentabiliser un œuf chance, retenir les noms des évolutions, calculer le nombre de km à parcourir pour récolter le nombre de bonbons pour évoluer un pokémon, gérer le stock de son sac en fonction des combats et des captures, encore autant d’effets secondaires que les non joueurs ne connaissent pas. Bien sûr, comme dans tout il y a des dérives. Nous ne sommes que des humains.

mardi 18 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Bonjour,

je viens d'aller voir ce film. Tout d'abord j'aime beaucoup ce que fait Tim Burton, ensuite j'adore l'actrice Eva Green, toujours aussi belle, élégante et qui s'adapte à des rôles fort différents de 007 Casino Royale, à Peeny Dreadful en passant par A la croisée des mondes.

Le résumé : "À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis."

C'est un très beau film, bien joué et il m'a donné envie de lire les livres dont il est tiré. Mais, il dure 2 h 07 et même si toutes les scènes sont nécessaires à la compréhension du film, je l'ai trouvé un peu long par manque, comment dire, de rythme principalement. L'action commence vraiment au 3/4 de la projection.

Il est indiqué : Genres Aventure, Famille, Fantastique . Alors pour l'aventure et le fantastique, je suis d'accord, mais pour famille, en tant que maman, je dois dire que je ne l'aurais pas montré à mes enfants avant leur adolescence car il y a des scènes assez "trash" comme disent les jeunes. Mais bon, c'est peut-être mon côté maman-poule.

Allez le voir, il est beau, et Eva Green est tout simplement magnifique.

mardi 4 octobre 2016

Les belles

Une femme, une légende…

Une route de montagne par une belle après-midi de début d’été. Les lacets s’enlacent et s’entrelacent pour nous mener vers le sommet.

Un virage sur la droite, une jolie clairière offre son doux tapis vert pour accueillir notre pique-nique.

Adroitement, doucement, tu pointes le fer à cheval de notre radiateur vers une zone d’ombre offerte par des pins sylvestres remarquables.

Tu descends et viens galamment ouvrir ma portière. Ma bottine se dépose sur l’herbe, ma main se pose dans la tienne et d’un mouvement souple, faisant bruisser la soie beige de ma robe de mousseline, je descends de « la Royale ».

Quelques pas.

Tu sors une valise en osier, une couverture que tu étales à quelques mètres, lissant la laine afin qu’aucun pli ne vienne troubler la quiétude des lieux.

Tu disposes les pièces de vaisselle en porcelaine blanche bordée d’un filet doré, les verres en cristal de Venise, une bouteille de Pétrus 1961. Quelques victuailles délicatement préparés par tes soins pour cette ballade d’un autre temps.

Tu te tournes vers moi, me souris tendrement, me tends la main, m’invitant à m’allonger pour partager ce repas de gourmets.

Un concert de chants d’oiseaux charment nos oreilles, point n’est besoin de mots entre nous, nous nous laissons aller au simple bonheur d’être deux.

Au dessert, tu te lèves, sors ton appareil photo. Je prends une pose alanguie.

Tu te places devant nous : « tes belles », comme tu nous as surnommées.

L’une et l’autre nous te séduisons par nos courbes, nos pleins et nos déliés. Nous ronronnons sous tes mains. Tes yeux caressent l’aluminium habilement travaillé par les fondeurs, comme ils caressent ma peau satinée.

Aucune jalousie dans mon cœur. Ta maîtresse ne me porte pas ombrage. Le temps que tu lui accordes, te garde près de moi. Sa carrosserie brille de mille feux sous les rayons du soleil. Je te sais heureux et cela n’a pas de prix pour moi.

« Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher ", adage d’Ettore Bugatti

dimanche 25 septembre 2016

Orphan Black

Bonjour amie/ami lecteur,

j'ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle je vous ferais partager les séries télé et les films que j'apprécie. J'ai des goûts très hétéroclites, donc, il pourra s'agir de policiers, fantasy, science fiction, romance, histoire etc.

Je commence par "Orphan Black".

Elle a été créée en 2013 et elle est classée comme science-fiction, thriller.

Il y a déjà 4 saisons et la 5ème est en tournage.

Résumé : "Marginale et orpheline, Sarah est témoin du suicide d'une femme. Après réflexion, elle décide de prendre l'identité de cette dernière, qui lui ressemble étonnamment. Elle découvre qu'elles sont en fait deux clones, que d'autres existent et sont la cible d'un tueur qui tente de les éliminer une à une."

La découverte des clones dont la vie est totalement différente est déjà captivante. Mais ce qui est extraordinaire c'est la prouesse d'interprétation de l'actrice qui joue près de 9 rôles et autant de personnalités. Son interprétation est telle que l'on a souvent du mal à se dire que c'est la même actrice : Tatiana Maslany .

lundi 22 août 2016

La clef des lettres

Effeuillage d’un prénom abandonné

Au fil d’une enfance difficile à oublier.

Perdues dans les limbes du passé

Elles naviguent sur les mers du globe

Se perdent dans les mécanismes compliqués

Les grippent et dans les rouages s’enrobent.

Tenace et courageux, assumant ton métier

A ton devoir jamais tu ne te dérobes.

Invisibles, elles te suivent silencieuses alliées

Comme les perles brillantes d’un collier.

Dans les méandres de la mémoire cryptée

Tant de douleurs vécues sont cachées

Les perles se sont échappées du fil de ta vie,

Dans la tristesse de ton âme elles se sont ternies.

Laisse le destin doucement les enfiler

Leur redonner leur éclat et leur beauté

Ensemble à nouveau les relier

Pour voir naître un avenir ensoleillé.

lundi 15 août 2016

A une amie

A une amie…

Elle est entrée dans ma vie à la fin de l’été, comme un courant d’air frais, agréable.

Nos conversations étaient teintées de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Lorsque les pâles devenaient trop présentes, ensemble nous les ravivions.

Lorsque les éclatantes se mettaient de la partie, nous écrivions la même chose en même temps.

Quel plaisir lorsque la petite fenêtre s’ouvrait sur un message, je savais que j’allais vivre un vrai moment d’amitié.

Un air de guitare enchantait nos mots, nos phrases. Nos doigts dansaient sur le clavier.

Si vous la rencontrez, n’hésitez pas, allez vers elle.

Elle a l’âme d’une tzigane.

Mais faites attention, elle est fragile comme le cristal.

Dans mes pensées, elle sera toujours présente comme un petit soleil.

Merci à toi, d’être entrée dans ma vie.

lundi 8 août 2016

Fée du logis

Je serais la fée de ton logis.

D'un coup de baguette, des brassées de bonheur empliraient tes vases, des bûches de passion éternelle se consumeraient dans l'âtre de ta cheminée, des délices sucrés de toutes les contrées s'étaleraient sur la table de ta cuisine, des draps de désirs recouvriraient ton lit, des rideaux d'intimité orneraient tes fenêtres.

Je serais chaude pour réchauffer tes hivers, claire pour éclairer tes printemps, lumineuse pour bronzer tes étés et douce comme la brise de tes automnes.

Je coulerais sur ton front, lorsque tu essaierais de m'essuyer je me glisserais sur ton nez et lorsqu'agacé tu me prendrais du bout des doigts, je me laisserais glisser sur tes lèvres.

Je serais une jolie chatte blanche très douce aux ongles rentrés pour ne pas blesser, je miaulerais de plaisir sous les caresses, ronronnerais de contentement sous les doigts qui tendrement me gratouilleraient les oreilles.

Je ramasserais les feuilles de mes larmes et le bruit couvrirait celui de mes sanglots.

Je me poserais délicatement sur ton front et je sourirais lorsque chatouillée tu me repousserais, mais indomptable je reviendrais à ma place.

Je viendrais la nuit habillée d'un fin drap blanc transparent pour enjoliver tes rêves de douceur et de tendresse

Je serais le Nil, je coulerais dans ces plaines riches des souvenirs des civilisations antiques. Je me réchaufferais au soleil de Râ. je me jetterais dans la Méditerranée pour parcourir le vaste monde en passant entre les colonnes d'Hercule.

Le futur est devenu présent, le jour où nous nous sommes dit "oui"

dimanche 31 juillet 2016

Esclavage

Faisant mes courses hebdomadaires hier après-midi, j’ai été fort surprise de croiser de nombreux esclaves.

De quelques-uns, il y a deux ans, voilà que de mois en mois leur nombre ne cesse d’augmenter.

Toutes les catégories sociales, toutes les classes d’âges, homme ou femme, sont touchés par ce nouvel état d’être.

On en rencontre partout.

Dans la rue, ils déambulent et soudain s’arrêtent, ou bien marmonnent à voix basse une conversation à sens unique. Dans les magasins, ce sont souvent des hommes, poussant leur caddie d’une main, attrapant des articles de l’autre sans cesser de remuer les lèvres. Dans le hall des gares, la salle d’attente est pleine de ces humains chuchoteurs. Devant les écoles, les mères de famille ne prennent parfois même pas le temps de dire bonjour à leur bambin. Elles l’attrapent par la main et le mènent jusqu’à la voiture. Même dans les restaurants, malgré la faim qu’ils ont après une journée de travail, ils sortent, laissant leur assiette pleine et tapent leur chaussure sur le pavé en hochant la tête à la manière de ces chiens de plastique sur la plage arrière des voitures. Ils sont là, debout, en train d’attendre et d’écouter leurs ordres, répondant brièvement. Puis, un geste à l’oreille, comme un salut militaire et ils poursuivent leur chemin, allant sans doute exécuter les ordres de quelque autorité supérieure.

Vous les reconnaitrez, comme moi, très facilement.

Ils ont un anneau à l’oreille, de taille ou de couleur différente, sans doute une question de classement. Ils ne l’enlèvent jamais, reliés ainsi en permanence au réseau, qui peut les joindre à tout moment. Leurs déplacements sont suivis par des bornes tels des GPS de voiture.

Il semble que les animaux ne soient pas encore touchés par ce marquage. Je n’en ai croisé aucun avec cet appareil greffé à leur organe auditif.

Enfin assez inquiète, tout de même, j’ai vérifié si l’esclavage avait été ou non aboli en France, à tout hasard bien sûr : En France, le 3 juillet 1315, le roi Louis X le Hutin publie un édit qui affirme que «selon le droit de nature, chacun doit naître franc». Officiellement, depuis cette date, «le sol de France affranchit l'esclave qui le touche». Il n'y aura plus d'esclaves sur le sol métropolitain depuis ce jour. (Extrait de wikipedia).

Alors esclavage ou bien un désir irrépressible de ne pas être oublié… Gain de temps ou bien perte d’un moment d’insouciance d’être quelque part sans fil à la patte…

samedi 16 juillet 2016

Promesse

Serment fait à un tournant de notre vie par amour, par espoir et désespoir.

Il y a des moments où il faut savoir prendre une décision difficile et irrévocable car l'amour est un puissant moteur mais aussi fragile que du verre. Pour qu'il résiste au temps, il doit être entouré, protégé, de multiples manières.

Savoir laisser son passé dans le passé n'est pas chose facile car il se rappelle sans cesse à notre mémoire au détour d'une odeur, d'une image, d'un son, d'une destination sur un panneau, d'un mot dans un contexte précis, mais il faut pourtant le faire et tenu par une promesse liée par amour est un des moyens dont nous pouvons user pour aider l'autre si apeuré de vous perdre à peine vient-il de vous rencontrer.

Son combat contre la maladie est aussi fort que le vôtre, bien que différent. Il est enfin arrivé au bout de sa quête de l’âme sœur, de la chaussure à son pied comme il aime à le dire, alors apprendre dans le même temps qu'il risque de vous perdre avant d'avoir parcouru avec vous le chemin de la vie lui est insupportable.

C'est une promesse facile a faire car vôtre vie n'est plus, il vous faut tenter d'accepter ce qu'il vous reste et sur ces cendres bâtir vaille que vaille un nouveau quotidien, de nouvelles habitudes, essayer de voir un nouvel avenir.

Mais, les souvenirs sont la, encore et encore, ils vous titillent les neurones, vous culpabilisez d'y penser, mais cela vous rappelle aussi que vous êtes encore malgré tout humaine.

mardi 12 juillet 2016

Le marin et la sirène

Il y a huit ans, un marin surfait sur l'océan des messages. Cela faisait longtemps qu'il pratiquait, ramassait des bouteilles de différentes couleurs au contenu plus ou moins attirant.

Chaque jour passant, sa soif ne s'étanchait pas, l'amertume des breuvages augmentait son désespoir de ne jamais trouver un ancrage pour ouvrir son coeur. Encore un clic, un dernier, le dernier.

Des mots qui parlent d'âme, de plume, de sérénité. Pourquoi pas se dit-il?

La réponse à son message le surprit, l'intrigua, l'attira.

Plein d'espoir il lança sa ligne, elle l'attrapa, sortit de l'eau, son regard bleu de sirène caressant son coeur avec la chaleur de son âme.

Le marin était enfin arrivé au port. La sirène ne chanterait plus que pour lui.

Ensemble ils relevèrent les obstacles qui se dressaient entre eux. Ensemble ils affrontèrent sa maladie. Ensemble ils avancent sur le chemin de la vie.

Ces mots sont dédiés à mon mari que je remercie d'être toujours à mes côtés malgré ce que la maladie a fait de moi.

mardi 14 juin 2016

Une Autre Rive, un autre monde

Une enclave nichée dans la forêt de Brocéliande.

Remonter la route, tourner encore et encore, et vous la trouverez posée sous les arbres, comme si la porte d’un pays imaginaire l’avait laissée passer.

Par erreur ?

Non, pour le plaisir de savourer un moment de quiétude.

Entourés de livres, tables, chaises et bancs accueillent promeneurs, lecteurs, chanteurs, conteurs, photographes et tricoteuses.

Le fumé d’un thé d’Orient, les épices d’un sous-marin chocolaté, le moelleux d’un cake aux farines du terroir, notre gourmandise ne résiste pas.

L’accueil chaleureux nous invite à rester, à emprunter un des nombreux volumes à disposition, à profiter du temps sans s’en préoccuper.

Il sera bien temps de reprendre la route pour revenir au présent.

[Era - Reborn |https://www.youtube.com/watch?v=hDRTmxkGiBo]

L'Autre Rive

mardi 24 mai 2016

SMS (before 2012)

160 characters to say a lot or so little. Farewell spaces and literary punctuation.

Illogical in a single logical one to add even a word. So goodbye “YOU” and long live to “U” and still, with a bit of imagination and complicity can we win a couple of letters by inventing abbreviations whose meaning has no meaning except for them. And, you might say, all this does it make sense?

All senses wide-awaked to identify the beep so similar to other tones, and yet! This one is much different. It has the sound of the pocket of the bag, the thickness of the sweater which covers it while it is hooked to the waistband of the pants. It was chosen from among a selection offered and attached to a particular number: his own.

All senses wide-awaked to capture the vibration of the object become as important as the keys of the house, because it is the key to a different continuity, new, almost essential. It is like a latent presence without being heavy because it is wanted, desired, accepted: his own.

Object of our century, champion of the communication in all directions, of the image without limit, without shame. Lovers find in it a hiding place for their " I love you ", "I miss you" without which they would not be able to feel the excitement of the secret, their secret, that of the depth of their feeling, from construction to day-to-day of their passion, the strength of the bond that unites them and that is called Love.

Small screen, small space to accommodate a little bit of their privacy, from this soft and silky cocoon in which they are just at home. Multi-coloured bubble that they create as soon as their eyes meet, their eyes speak, their fingers intertwined.

Limited storage capacity, the limit is reached, it is necessary to remove, but which re-read, choose, click, delete, sigh. The new one can then come to unveil its letters stitched into phonemes, abbreviations, shortcuts, distance diminished by a sudden acceleration of the heartbeat, with the breath retained, with an "I'm here" or "I arrive", which already feels so good the smell of his skin, the softness of his lips, the warmth of his hands in which your own slip after the delivery of this essential accessory, this link insubstantial that connects your thoughts while your bodies lust after the other.

lundi 9 mai 2016

Bulwark to the gulls

Seagulls, descended from an old lineage who had seen come back brailed sails of privateer ships announcing many rejoicings and feasts, you skim heads of curious people who extend their stride on the battlements.

With your cries let out loudly and clearly, you hide the plaints of theses dwellings’s far-off sea-rovers seeking incredible treasures, dazzling strangeness. For each miles travelled, each piece took a much more higher value compared to his market value. Were added to that sweat of sailors which ran rivers down on their skin tanned by the sun, the wrinkles of their faces craggy by trade winds, muscles tensed under the strain to brail sails or overhaul them under the assaults of the storm, the blood of their hands cracked by briny buoy ropes, the sewn bodies in the sailcloth and returned to the sea after the clashes for these coveted wealth and conquered after many dealings.

Of the small panes of each window adorning these smoothed facades relentlessly by the sea spray, some dormer windows cutting the slate roofs of multiple openings, The heavy doors of oaks irregularly hit by the hammers in brasses decorated in the arms of their inhabitants, The woodwork murmur crazy adventures hidden in the threads of the Tapestries covering the interior walls and emphasising the movable property in precious wood coming from wild shores.

From the gorges of these volatile with pure and white plumage escape the crying of these wives and mothers waiting for the return of their beloved, the little hands of their children huddled together in their own hands, male offspring which in its turn will stride along the bridge of a ship and will follow the maritime routes of their ancestors.

Do they know these students of the School of the Merchant Navy, pecking their French fries contained in an aluminium sack, drawing on their cigarette, slumped carefree on the stone steps under the warm sun of the end of this spring that they are the descendants of valiant and brave men who spoke to the sea of their mother and the one of their children when the moon high in the sky among the stars shone the top as a lighthouse in the middle of the ocean?

vendredi 6 mai 2016

Mars en février

Que dire de cet hiver : un automne qui s'éternise sans enfin se reposer.

Doucement la pluie aurait dû se refroidir dans les nuages, prendre le temps de blanchir. Les gouttelettes auraient dû s'agglomérer avant de s'élancer ensemble sur les plaines en un ballet silencieux. Le blanc recouvrir indifféremment arbres et maisons, vallées et collines en une belle harmonie. Les différences s'atténuant, parfois jusqu'à disparaître. Les sons s’étouffant.

Les cheminées se seraient allumées, les plaids réchauffant les jambes, les fauteuils craquant et le thé embaumant l'air de son parfum d'ailleurs. Les pages du livre passant devant nos yeux tel un diaporama de lettres. Une pause bienvenue avant d'entamer l'année nouvelle.

Mais les gouttes de pluie coulent sur les toits, transforment les fossés en ruisseaux, les ruisseaux en torrent. Les champs ne sont plus que qu'étangs. Les mares débordent et envahissent les rues. La boue ravale les façades des maisons, pénètre les lieux habités, déclenchant des peurs et des drames.

Vivement le soleil printanier!

lundi 18 avril 2016

The formula 1 in a stave …

The show, the competition, each in their own way carries us in his rhythm.

A heat sun the racetrack, some chandeliers that adorns the room, single-seater cars line up in coloured pits, sheet music are open in front of musicians.

The throbbing of 4- stroke atmospheric engines push your eardrums to their limit, the adjustment of dissonances irritates our hearing.

When finally mechanicals have tuned engines, when finally the metronome imposes the harmony, aerodynamic racing cars stand on the starting line, eyes of artists on the key of sol.

The green flag is brandished, the conductor’s baton is raised.

Racing cars spring on the track, instruments begin a symphony.

Acceleration, allegro. Gear sequence, engines are roaring, quavers combination, sixteenth notes, trills, notes fly away. Slowdown before the turn, andante before the demi-pause. Transmission, gears, re-acceleration, minim, crotchet, crotchet, thirty-note, and here we go again!

The drivers are sweating focuses on the ribbon that rolls out endless, les spectators are quivering wrapped by the tempo. My eyes are moving alternatively from the first screen to the other, my ears are getting both the electronic sounds and the fluidness of oboes.

The prize of the competition excite my sense of the conquest, the final crescendo of the sheet music rushes out like a lava torrent in my veins.

I am carried away far, very far toward another universe. The notes escape the stave, come and gently touch down on my body, the driver leave his vehicle comes closer, with a light caress makes fly the intrusive.

Chequered flag, end of the attempts, sharp sign, alteration.

mardi 5 avril 2016

Mon âme pleure, mon âme se meure

Petit à petit au fil des jours, mes mots trouvent de moins en moins le chemin vers les autres.

Entendus, non écoutés, ils sont jugés, condamnés, inutiles, futiles, sans fondement. Ils ne riment plus dans la valse de leur vie. Les discussions déprimantes finissent toujours de la même manière, et je continue à descendre la pente lourde de ces mots dont même l'écho ne veut plus.

Ma vie à moi n'est plus. Elle ne sera jamais plus. Ainsi en a décidé le destin sous la forme d'un crustacé insidieux et dévastateur, il y a plusieurs années, quand le mot avenir avait encore un sens.

Chaque journée est jalonnée de nombreux combats dont il faut tous les jours accepter l'issue au risque de perdre la raison.

Si j'exprime ma souffrance de ce semblant de vie que je n'ai pas choisi, ceux qui se plaignent de leur quotidien, de leur situation familiale dont ils sont maîtres de changer s'ils le souhaitent, soupirent en silence, s'expriment ailleurs car ils n'ont pas le courage de me le dire en face " elle est sans cesse en train de se plaindre". Mais eux ne le font-ils pas?

Mon bras s'est alourdi, mes doigts ont laissé échapper le crayon à mon insu, le soleil perce les nuages, je remets mon masque et referme cette parenthèse pathétique.

lundi 21 mars 2016

Driving Time

« When you drive take your wheel but when you kiss me, take your time ! »

An engine which starts, works and does not stop until arriving at destination, a heart which lives, begin to beat and stop at the end of the way.

A car goes forward quietly on the road, a living creature grows up and move forward on the way of life.

On this way,our paths crossed, in the same car we got in.

Put both hands on the steering wheel, put your hands on my shoulders.

Look straight ahead to not lose your way, look at me straight in my eyes to lose your mind.

Follow the arrows, they will direct you to the destination, follow the beat of your heart, they will direct you toward the warmth of mine.

With calm and serenity drive your car, with tenderness and passion let me take you to new horizons.

« Take your time to kiss me but take your wheel to drive! »

lundi 7 mars 2016

And if they could speak.

I am in a dream,but there, border on my consciousness, my ear has perceived the characteristic noise of the key which is pushed into the lock.

My heart jumps for joy, my body has difficulty in following, then I strech it. Firstly my back and also my paws, finally I shake my head and run in the hallway.

I skip about like a yound goat, she calls me scallywag and tell me to scoot outside and relieve my bladder.

It's pouring rain, I dash straight in the small copse to not be too much rain-soaked while I lift the leg. Note that I have my old habits.

As quickly as my four paws permit, I come back under the porch. She waits me with the bath towel, a bit holed and frayed, but I love when she rubs my fur.

I wiggle and I lift my head trying to lick her face bended over me. She ducks me with a laugh. Still the same game, the same joy.

I follow her, then precede her to enter the kitchen. I am seated just in front the refrigerator, I am quivering with impatience, in the expectation of my "crunchy bread".

I catch it almost on the fly and obeying to his "go to your mat" I am going to iie down on the square of carpet in front of my basket.

I crunch, I savour (um, fast, really fast) and finally I lick the breadcrumb as much because it tastes so good as well to clean my small territory.

Meanwhile, she has put a cup in the box which is now humming and then beep 3 times.

She opens the door with the left hand, take the cup with the right hand and closes the eyes while the first sip flows in his throat.

It's funny, because afer that she always says " Ah, it does me good". Therefore, this made me conclude that it must be the name of the drink.

However, it smell the same that the liquid which comes out the other one machine which sputters and does'nt beep,what she call "coffee" when she serves it to her friends.

These humans are so strange.

To be continued

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