Les fantaisies de la Sirène

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lundi 11 mai 2009

Glamourissime

Assis à la terrasse d'’un café devant mon habituel petit noir d'’après déjeuner, je laisse mes yeux errer au hasard sur les immeubles aux pieds desquels de petits commerces aux enseignes diverses et variées vivent tant bien que mal. Les voitures glissent d'’un platane à l'’autre emmenant d'’un point à un autre des inconnus pressés, stressés, sourcils froncés, visages inquiets, absents. Peu de sourires dans tout cela et rien pour égayer ma journée hormis ce rayon de soleil qui a enfin réussi à percer la couverture de nuages dont se paraît le ciel depuis l’'aube.

Sons multiples, mélange agressifs de sonorités, disharmonie des consonances, mes oreilles tentent de repérer au milieu de cette jungle un tempo reposant, enjoué qui glisserait comme une cascade fraîche le long de mon dos et me ferait sentir vivant malgré les soucis et problèmes qui ne cessent de s’'accumuler comme pour tout un chacun ces derniers temps.

Rien.

Vraiment rien.

Tout n’'est que grisaille, mélancolie, train train. Aucun relief. Aucun éclat.

Je commence à me refermer au monde extérieur quand un claquement vif et alerte me fait redresser la tête, tendre le cou, orienter mon regard vers ce son très particulier qui résonne en moi. Mes yeux s’'éclairent quand ils détaillent avec gourmandise une paire de talons vertigineux noirs vernis qui donnent un galbe félin à de jolies jambes gainées d’'un doré ensoleillé. Poursuivant leur découverte, rythmée par une allure allant crescendo au fur et à mesure que l’'écho se rapproche, ils s'’arrêtent sur un balancement de hanches si féminin que tout mon corps en frémit.

Une chaleur intense s'’empare de moi. Afin de réussir à garder un cap quelque peu raisonnable, je m'’oblige à détacher mon regard de cette danse sensuelle et croyant retrouver mon calme dans ses yeux que je ne peux qu'’imaginer aussi lointains que les autres qui m’'entourent, je plante les miens dans les siens et me perds dans leur vivacité et leur profondeur, comme un marin se noie dans les abysses marins à la poursuite d'’une chimère aquatique.

Un seul mot me vient à l'’esprit pour la décrire : glamourissime … et puis, je me souris à moi-même : allons, ce qualificatif n’'existe pas … les sirènes non plus … alors, est-ce un rêve ou la réalité ?

Escarpins

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