Les fantaisies de la Sirène

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vendredi 17 novembre 2017

Clin d'oeil à un ami de plume

20 h. Le soleil est couché depuis plusieurs heures, je n'aime pas ce changement d'heures qui me donne l'impression que l'hiver est arrivé alors que nous ne sommes qu'en automne.

Il a fait beau, les quais de l'Odet étaient emplis de promeneurs baguenaudant en se tenant par la main, de marcheurs pressés entre deux rendez-vous, d'enfants babillant dans les poussettes, de flaneurs tournant leur visage vers le soleil entre deux gorgées de café à la terrasse du Café des Arts.

Une journée bien remplie, me dis-je en m'asseyant dans mon fauteuil après le repas du soir. Mon bras se tend vers la tablette à côté de mon accoudoir. Mes doigts se saisissent de mon "KnitBook" (comme je l'appelle) et de mon crayon à papier. Allons revoyons un peu les notes que j'ai prises hier en débutant mon nouvel ouvrage aux aiguilles. Je dois encore calculer où je vais placer le motif de torsades dans le dos, les manches et les devants pour qu'ils s'accordent harmonieusement.
J'aime à choisir la forme d'un gilet ou d'une veste en accord avec mon échantillon et y ajouter ma touche personnelle. Un plaisir des neurones et du regard de mon homme lorsque je le lui offre.

Plongée dans mes calculs, le crayon tournant entre mes doigts, la calculatrice posée en équilibre sur ma cuisse, évadée dans mon monde tricotesque, je n'entends plus rien autour de moi.  Non que je dédaigne le calcul mental, mais le soir, les règles de 3, traduire les rangs en mailles et les mailles en cm ... mon cerveau se focalise plus aisément sur l'ensemble et l'harmonie esthétique, et puis, perfectionniste, je cherche toujours à ajuster tous les détails, donc, lorsque mon homme pose ma tasse d'infusion fruitée sur mon petit sous-mug mouton, je sursaute.

- Désolée, ma chérie, me dit-il, je ne voulais pas te faire surprendre.

-Pas grave, je me demandais si les "cables" par rapport à ma gauge, au niveau de la séparation des sleeves avec le reste du corps, ce ne serait pas trop serré. Peut-être que je devrais rajouter quelques stitches pour que les armholes aient un peu plus de positive-ease.

Il me sourit malicieusement car s'il comprend les mots en anglais puisqu'il est presque bilingue, les relier à leur signification pour le tricot reste pour lui un exercice quasi impossible. Aussi, me répond-il : "et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu .... " je ris et lui traduis : je me demandais si les torsades, au vu de mon échantillon, au niveau de la séparation des manches avec le reste du corps, ce ne serait pas trop serré. Peut-être que je devrais rajouter quelques mailles pour que les emmanchures soient plus amples.

Alors pourquoi ce texte s'intitule-t-il "Clin d'oeil à un ami de plume", eh bien, c'est en lisant son dernier texte que j'ai réalisé que j'utilisais par facilité et aussi parce qu'à force de tricoter les modèles en anglais je mélangeais les deux langues pour raccourcir souvent les explications.
Vous pouvez retrouver les textes de cet amoureux du beau langage et des belles lettres sur le site de "La Plume et de l'Encrier". N'hésitez pas à découvrir ses autres poèmes, chroniques etc

                                                                                

mardi 11 juillet 2017

Oenologie

Mon corps ne tolère pas l'absorption d'alcool, néanmoins je sais trouver mon ivresse dans d'autres flacons.

Ils sont nombreux sur les étagères. Tous différents les uns des autres. Certains sont grands, élancés, d'autres sont plus ventrus, plus larges, d'autres encore de taille moyenne, minces, au col musclé. Leurs étiquettes sont de toutes les provinces, de toutes les écritures, avec plus ou moins de caractères, des dates fort différentes. Tous contiennent un liquide spécifique. Mis en bouteille en différents lieux, ils ont en commun leurs nombreux voyages dans des caves recélant toutes des trésors de beauté.

Qu'importe la quantité, seule la qualité apporte une ivresse par delà les cieux. Aussi ceux qui ont le privilège d'être goûté par moi sont rares, mais tous d'excellente qualité. Car je ne les choisis pas en fonction uniquement de leur contenant, mais bien de leur contenu. Ils doivent satisfaire tous mes sens, pour qu'enfin le sixième nous guide à travers l'espace et le temps. Le flacon quelque soit sa taille, son étiquette, son écriture et sa date doit attirer ma curiosité, mon envie d'en découvrir un peu plus, alors je m'approche. J'observe sa tenue, son maintien, sa façon de se poser, de se présenter.

Lorsque je ressens son désir d'aller plus loin, ma main se tend. Mes doigts attrapent délicatement le flacon, doucement, j'enlève le bouchon. Son arôme doit charmer mon sens olfactif, sa texture lorsque le liquide coule dans mon verre de cristal doit séduire mes yeux, me donner l'envie d'y tremper mes lèvres. Ma bouche s'entrouvre pour la première gorgée, mes papilles se délectent, les différentes nuances du parfum se dégagent peu à peu, le liquide s'écoule dans mon corps, enflamme lentement mais sûrement chaque parcelle de mon être. Chronos arrête la marche du temps. L'ivresse vient, s'installe, m'embrase, et m'emporte.

dimanche 27 novembre 2016

Les mots

Les mots, encore les mots, toujours les mots

Quiproquo que vous pouvez provoquer lorsque l’interprétation de votre interlocuteur est différente de la vôtre. Il s’ensuit une incompréhension fort regrettable qui peut éloigner deux personnes pourtant destinées l’une à l’autre.

Répétition, si involontaire elle laisse entrevoir une certaine faiblesse de vocabulaire lorsqu’elle est voulue elle est utilisée pour insister, pour démarquer ou pour rythmer.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Abominable colorie une âme de noir, comme l’a écrit Arthur Rimbaud. Noir qui supprime toutes les couleurs, mais qui, face à l’éclatante lumière de l’Amour (tient encore le A), s’efface et disparaît dans les ténèbres dont il s’était échappé.

Compréhension demande une ouverture d’esprit de tous les instants sur tous les sujets. Elle se cache parfois dans des recoins accessibles seulement à ceux qui veulent bien se donner la peine de chercher, à ceux qui sont motivés par un sentiment profond et sincère.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Le silence après une cacophonie de bruits, est reposant mais il devient pesant à la longue, se teinte de tristesse et n’a plus lieu d’être lorsque les sons sont à nouveau harmonieusement disposés.

La musique des cœurs passionnés nous envole vers des cieux imaginaires pleins de tendresse et de beauté, lorsque la sagesse surmonte la passion, une sérénité s’empare des êtres pour une amitié d’une sincérité et d’une profondeur sans égal.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

Blessure, tu peux être physique et son souvenir s’atténuera au fil des jours. Mais lorsque tu es morale, un rien te fait ressurgir toujours vivante et douloureuse, au temps il faudra ajouter doigté, patience et persévérance pour dissiper les larmes et estomper la cicatrice.

Tendresse, dispensée avec largesse par petites touches, elle est douceur et plaisir, elle joue un tango avec la passion pour entretenir l’amour qui unit deux êtres par delà les distances et le temps.

Les mots, encore les mots, toujours les mots…

vendredi 25 septembre 2015

La plume et l'Encrier

L ouanges à vous

A uteurs en exercice de

P lume et d’encre

L orsque vos mots

U nanimement

M agiquement

E nsorcèlent

E crivains en herbe

T ricoteurs de mots

L es lecteurs

E merveillez-vous !

N ous ne sommes

C omparés à vous que

R imailleurs

I ncultes

E ncore et encore

R égalez-nous !

(Hommage à mes compagnons de" La Plume et l'Encrier")

lundi 3 août 2015

Fil de la vie

Votre vie s'écoule jour après jour. Vous faites des projets, planifier votre avenir, tout semble vouloir se poursuivre comme d'habitude. Une visite de routine, un diagnostic, le couperet tombe. Le temps s'arrête.

L'avenir appartient au passé.

Il faut tout réinventer, trouver un nouveau fil à dérouler.

De fils en aiguilles, celui d'une pelote m'offre la perspective d'habiller mes journées de mille couleurs, de moments de détente, et de retrouver la passion de la création.

Les longues journées allongée, sans plus de force que celle de cliquer sur un écran m'ont fait plonger dans un océan de nouveautés. De blogs en sites, le nouvel univers des loisirs créatifs s'offre à ma gourmandise de curieuse insatiable. L'anglais scolaire devient tricotesque.

Une maille après l'autre, le fil doit se laisser guider au fil de mon envie. Un ouvrage se dessine, le fil glisse entre mes doigts, main droite, main gauche. Un câble, des pointes, des doubles pointes, crochet, ciseau, mètre, clef de serrage, petit à petit tout ce matériel empli mon panier à ouvrage au milieu des écheveaux de laine.

Alors je Ravelry, je knit, maille endroit, et je purl, maille envers. Je cable forward and back, torsades par devant et derrière, et je Wrap and Turn, enroule et tourne, avec un plaisir chaque jour renouvelé. Je voyage dans le monde entier sans bouger de mon canapé. La Norvège me dévoile son dé, le Hérisson américain se pare de dégradés magnifiques, l'Ecureuil se Finguering, se Sport ou se DK, les (Vi)laines me traduisent MCN.

Les explications des méandres empruntés par le fil me tirent vers l'extérieur, me donnent envie de partager, d'aider, de faire découvrir tout ce nouveau monde. De nouvelles rencontres enrichissantes, drôles, parfois tristes. De nouveaux lieux, la campagne est si belle et je la connaissais si mal.

Un nouvel univers pour une nouvelle vie.

dimanche 12 avril 2015

A la plume de mon âme

Pour les amateurs d'acrostiche, un double :

A la plume de mon âme, au fil des jours mon destin s’écrir A

L orsque mon crayon sur le papier, des mots de ce monde irrée L

A ccompagnés des notes de musique d’un bel opér A

P eindra des tableaux de tout et de rien parlant de fleurs ou de lou P.

L orsque le soleil illuminera de ses rayons le bleu du cie L

U n cœur plein de joie et de chaleur tiendra le pincea U

M aquillant de toutes les couleurs de l’arc en ciel l’albu M

E crit au doux rythme de la symphonie de mon âm E.

D ans les méandres de mes souvenirs ou bien au plus profon D

E t au plus secret des tourments de ma mémoir E

M a plume ira retrouver les odeurs et les bruits de cet essai M

O mettant les fâcheux et effaçant les importuns avec bri O

N ’admettant pas que sa douce folie soit tempérée par la raiso N.

A lors des abîmes de l’indifférence, la nudité des phrases exprimer A

M ieux que les plus longs discours, elle criera son no M

E nvole-toi plume de mon âme et offre sans compter mon amiti E.

lundi 23 juin 2014

Le temps de la conduite

Quand tu conduis prends ton volant, mais quand tu m'embrasses prends ton temps

Un moteur qui démarre, tourne et ne stoppe qu'à destination; un coeur qui vit, se met à battre et s'arrête au bout de la route.

Un voiture avance tranquillement sur la chaussée; un être vivant grandit, croit et avance sur le chemin de la vie.

Sur cette voie, nous nous sommes croisés, dans la même voiture nous sommes montés.

Mets tes deux mains sur le volant, mets tes deux mains sur mes épaules.

Regarde droit devant pour ne pas te perdre en route; plonge ton regard dans mes yeux pour y perdre ta raison.

Suis les flèches, elles te guideront jusqu'à destination; suis les battements de ton coeur, ils te guideront vers la chaleur du mien.

Avec calme et sérénité mène ta voiture; avec tendresse et passion laisse moi t'emmener vers d'autres cieux.

Prends ton temps pour m'embrasser, mais prends ton volant pour conduire.

samedi 6 mars 2010

Les silences

Des silences bruyants 
Le coeœur et ses battements
Le sourire d’'un enfant
Le désir des amants.
 
Des silences feutrés
Comme le soir d’'un bel été
Le doux moment de la tétée
La caresse de doigts mêlés.
 
Des silences profonds
Emplis de trop d’'émotions
De sentiments à l’'abandon
De passion sans raison.
 
Des silences éternels
Qui deviennent mortels
Des âmes en vol vers le ciel
Des corps en terre qui appellent.

samedi 23 janvier 2010

Points de suspension

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Difficile de tout exprimer avec les mots, de dévoiler ses sentiments, ses hésitations. Ils sont comme des silences bruyants, des soupirs sensuels, des pauses tendres.

Trois petits points de réflexion pour connaître ta pensée. Coïncide-t-elle avec la mienne ? Sujet épineux, jamais abordé, ne pas te blesser par une affirmation trop impérative. Ils sont déposés un à un comme des demandes, des questions, des interrogations. Vas-tu me suivre sur ce chemin ou bien diverger sur d'’autres sentiers parallèles ou perpendiculaires, ne nous permettant jamais de nous rejoindre mais respectant le point de vue de l’'autre ou nous heurtant peut-être avec moins de gravité car le choix t’'aura été laissé.

Trois petits points de pudeur pour ne pas te choquer en exprimant trop clairement ma pensée. Ma sensibilité à fleur de peau me permet de me fondre en toi, de sentir le velouté de ta peau sous mes doigts, la fragrance de ton parfum, la douceur de tes cheveux sous ma main. Ma sensualité ainsi exprimée par petites touches couchées sur le papier, est une caresse pour ton âme, le respect de ta personne et de ta vie.

Trois petits points en ellipse pour te laisser compléter une énumération que seule ton ressenti de mes mots exprimés pourra te dicter. Fastidieuse à lire, elle ne pourra être qu’'incomplète car chaque seconde de ta vie ne peut m’'être connue, la richesse de ton vécu viendra apporter à notre conversation une densité qu’'elle ne pourrait avoir si je la conduisais seule.

Trois petits points de suspension semés ça et là dans un échange entre deux personnes ayant une même sensibilité leur permettent de laisser parler leur cœoeur sans craindre d'’effaroucher l’'autre et de poursuivre leur route main dans la main.

dimanche 18 octobre 2009

Le Quadrille du Zodiaque

zodiaque
Bonjour Mesdames et Messieurs Allez, allez venez danser Dans un instant va commencer Le quadrille que vous connaissez Le quadrille que vous attendez Le quadrille du Zodiaque !
Mesdames et Messieurs Sur la piste prenez place Deux par deux Une dame avec un monsieur Prenez vous par la main Et en rythme, allez danser
Signes de terre et signes d’air Signes de feu et signes d’eau Monsieur le Cardinal Désignez les maisons Installez les planètes Préparez-vous, alignez-vous !
Monsieur du Bélier enlacez la taille du Scorpion Madame Cancer prenez la crinière du Lion Monsieur le Poisson caracolez sur votre Sagittaire
Allez, allez venez danser Le quadrille que vous connaissez Le quadrille que vous attendez Le quadrille du Zodiaque !
Belle Vierge dans les bras de la Balance Madame le Verseau rafraichissez le Taureau Enfin le Capricorne entre les Gémeaux placez-vous !
Allez, allez venez danser Le quadrille que vous connaissez Le quadrille que vous attendez Le quadrille du Zodiaque !

mercredi 2 septembre 2009

Ballade des mots

Je me ballade au milieu des mots.Je les vois, les regarde, les lis, les goûte, les ressens. J’'en picore quelques uns par ci par là, les mâchouille, les broie, les enrobe, les avale, les digère. Je pioche dans les substantifs, les verbes, les adjectifs. J’'y ajoute quelques assaisonnements, des couleurs, des sons, des odeurs. Je malaxe le tout avec les temps, indicatif, imparfait, futur, subjonctif, passé composé.

Je laisse mijoter,

je goûte,

rajoute un peu de ceci, virgules, espaces, points ;

un peu de cela, abréviations, articles, superlatifs.

Je coule dans le moule, titre, introduction, conclusion. Je module la cuisson pour que le mélange soit harmonieux, synonymes, antonymes, éponymes, rimes. Enfin, je décore avec quelques adverbes, majuscules, minuscules.

Sans préambule, j’'épilogue,

je coupe,

je taille,

et je sers !