Les fantaisies de la Sirène

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lundi 22 janvier 2018

Les pensées s'évadent

Un rayon de soleil enfin ! Que cela est agréable après ces longues heures de pluie.

Je me dirige vers la buanderie en attrapant mon petit sac besace au passage. Il est toujours prêt avec quelques mouchoirs et un petit porte-monnaie.

Mes chaussures de marche m’attendent. Je les attrape dans l’étagère, les pose au sol et mon pied quitte la chaleur de mon chausson pour se glisser dans le confort de mes trotter. Je remonte la chaussette pour l’ajuster au niveau du talon. Mes doigts jouent avec les lacets. J’enfile ensuite mon manteau après avoir enroulé autour de mon cou un de mes châles que je choisis assorti à mes vêtements. Aujourd’hui ce sera une longue écharpe d’un beau bleu-vert. Un souvenir me revient au moment où je la déplie :

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Une boutique de laine-crêperie vers Landerneau. La couleur de l’écheveau a de suite attiré mon regard et ma main. Un achat coup de cœur. Un fil très fin, de la « lace » (fil dentelle). En revenant à la maison, je me demandais bien ce que j’allais en faire. Et puis, la coïncidence : sur le site, l’offre d’une designer sur un de ces modèles, le Quadri Shawl, avec une technique nouvelle, la méthode navajo, pour créer des carrés plus opaques. Ma curiosité et cette éternelle envie d’apprendre titillée, je me rends compte que mon fil est exactement ce qu’il faut et que l’écheveau a juste la bonne longueur.

Mon manteau noir boutonné, ma besace en bandoulière, ma main est sur le point de se poser sur la poignée de la porte lorsque que la sensation d’un oubli me titille … oh … j’allais oublier mon téléphone … objet à la fois utile et esclavage devenu indispensable hélas lorsque l’on se promène dans les petits chemins de campagne.

La barrière refermée, je m’avance dans la rue, traverse la route et je m’achemine parmi la boue, les amas de feuilles détrempées, les branches cassées. Mes pensées semblent se libérer et les mots me viennent naturellement, sans effort. Phrases après phrases, le texte s’écrit.

Me souvenir ! Pour qu’une fois rentrée à la maison, mes doigts valsant sur le clavier puissent les écrire sur la page blanche.

Mais le vent s’est levé et les mots il a emporté.

La prochaine fois, prendre un carnet, choisir un stylo qui pourrait se glisser aisément dans mon petit sac, pourquoi pas ?

samedi 28 octobre 2017

Courte vie mais si variée

Oh ! Oh ! Il semble que ce soit l’heure de se lever.

Humm que c’est bon de se déplier, de s’étirer, de se secouer pour prendre ma forme. Allez hop, j’étire mes tresses et je plonge à ma place.

Quelle bonne odeur de café, c’est toujours mieux d’être sorti dès le matin. Le filtre encore chaud de l’eau qui a coulé sur le grain moulu est fort agréable et ne me cause aucun dommage. Il glisse tranquillement et sans heurt. Mais pas le temps d’apprécier ce doux moment, voilà que l’on m’égratigne avec les angles de la boite des céréales. Je n’aime pas cela les céréales ! Moi je préfère le pain croustillant et les miettes qui tombent en pluie, recouvrant le marc de café comme un crumble. Ah les bonnes habitudes se perdent. C’est comme la bouteille de lait, elle ne vient plus, hélas, elle est expatriée comme une paria dans une sorte de sac jaune transparent … quel manque d’intimité.

Eh n’oubliez pas de refermer, je ne veux pas attraper froid !

La matinée s’écoule et viens l’heure de déjeuner. Tiens qu’est-ce qu’il y aura au menu ?

Des barquettes micro-ondes qui iront rejoindre le lait, ou bien de délicieuses épluchures diverses et variées de légumes et de fruit ? Allez, allez ouvrez-moi … je suis impatient !

Enfin, un pied appuie sur la pédale.                             

Oh la bonne odeur de mijoté ! Le papier qui emballe le poulet échu crisse un peu, mais il est léger et son atterrissage tout en délicatesse est toujours un moment aérien.

Aïe Ouille ah non ! Pas les fruits au sirop au dessert ! Je n’aime pas le couvercle qui me fendille, après je dégouline de partout et on m’expédie dehors avec un coup de pied au derrière bien souvent. Non s’il vous plaît …. N’écourtez pas ma vie … recycler la boite de conserves aussi … c’est déjà si court le passage du sac poubelle dans votre cuisine.

mercredi 20 septembre 2017

Une voix



Musique par laquelle l’âme s’exprime, nul ne peut en éviter les tours et les détours. Elle pénètre en nous lentement. Notre oreille la perçoit, la capte, l’attrape. Elle poursuit son chemin en suivant les méandres de nos pensées et imprègne nos sens de son intonation. Ses diverses tonalités peuvent apporter joie et bonheur, tristesse et douleur.

Joie de ressentir sa douceur comme une douce caresse qui, comme des mains, effleure la peau et lui apporte chaleur et réconfort. Comme la pluie est source de vie pour qui est assoiffé, une voix peut être la source où puiser la force de continuer à vivre. Dans les moments les plus noirs, quelque part en nous, elle survit, surgit et revient atténuer une séparation à laquelle on s’oblige pour permettre à un avenir de se construire.

Bonheur de l’entendre quelque soit la distance et de conserver dans notre mémoire ses différentes gammes qu’elle utilise pour nous communiquer ses ressentis. Revivre des moments d’intenses émotions en l’écoutant dans le profond de notre être. Elle est la source de chaleur de notre cœur.

Tristesse quand certains mots prononcés sans y prêter attention nous blessent. Pour une âme en manque de confiance en elle qu’une certaine solitude quotidienne rend encore plus réceptive et sensible, elle devient douleur et un martèlement de métal vient troubler la douce sérénité de l’affection, de l’amitié, de l’amour…

Quand la voix se fait muette, le silence devient pesant et même la raison ne peut l’alléger. Seuls les mots prononcés les yeux dans les yeux peuvent effacer cet instant d’égarement et ramener l’âme, des chemins de traverse qu’elle a emprunté pour se soustraire à sa peine vers les plages ensoleillées de l’apaisement.

jeudi 31 août 2017

Les apparences sont parfois trompeuses !

Au départ, une petite merveille de la nature.

Elle est ronde, belle. Elle est exposée à tous les regards.

Elle se colore de vert, puis de jaune et parfois de rouge…est-ce de la timidité ?

Elle est attirante, irrésistible. Une main la prend, doucement. Elle se love dans sa paume. Elle se laisse caresser, elle brille de tous ses feux.

Elle est portée à la bouche… et AIE !

Le rêve devient un cauchemar.

Elle est blessée. Une part d’elle-même est broyée.

Elle glisse le long d’un tunnel sombre et humide.

Elle atterrit dans une flaque opaque et acide.

Elle perd de sa consistance. Des éléments lui sont arrachés.

Elle se liquéfie peu à peu dans ce bain mélangée à d’autres, elle perd de sa substance, ses belles couleurs se désagrègent.

Elle continue sa descente. Un autre plongeon dans une mare. Cette fois, elle est enrobée dans une émulsion.

C’est la chute longue et vertigineuse. Elle se transforme, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Toute sa saveur a disparu.

Quand enfin elle retrouve la lumière, d’elle, il ne reste rien !

 

En conclusion : si Adam avant de mordre dans le fruit défendu avait pu en mesurer toutes les conséquences, l’aurait-il fait ?

 Un peu de musique? 

mardi 15 août 2017

Sommeil

                                                                                      

Repos du jour, ami de la nuit, pourquoi es-tu si difficile à séduire depuis de si nombreuses années ?

A la tombée du jour, le rituel que j’accomplis chaque soir pour être à totalement à toi, commence. Mes vêtements s’ôtent et nue, mes pieds m’emmènent le long du couloir jusqu’à la salle de bain. Le rideau de douche se laisse ouvrir par ma main avant que celle-ci ne tourne le robinet du jet d’eau chaude et bienfaisante qui enlève les tracas et les soucis du quotidien en caressant mon corps. Mes doigts attrapent le drap de bain et parcourent chaque centimètre de ma peau pour la sécher. Un peu de lait pour le corps étale un voile sur mes courbes et son léger parfum me suit alors que je regagne ma chambre. Il imprègne mon déshabillé qui vient me recouvrir.

Les draps du lit s’entrouvrent, je glisse dedans, tapotant mes oreillers afin de les disposer pour ce moment de détente et d’évasion qu’est la lecture de quelques pages d’un livre. Mes paupières s’alourdissent, petit à petit, mes yeux déchiffrent plus qu’ils ne parcourent les lignes. Le marque-page se glisse et le livre se referme avant de se poser doucement sur ma table de chevet. La lampe s’éteint.

La nuit remplace le jour.

Mes membres s’étirent. D’un tour de rein je me retourne et mon ventre dénudé par ce mouvement ressent la douceur du satin. Mes bras prennent leur position de repos, mes jambes légèrement s’écartent. Ma joue contre le drap, mes yeux clos, ma respiration se règle sur un rythme plus paisible.

Où es-tu ?

Quand viendras-tu prendre possession de moi ?

Me prendras-tu jusqu’au petit matin ou bien comme trop souvent m’abandonneras-tu à mes pensées pendant plusieurs heures ?

Pensées tristes et sombres, blessures du passé qui reviennent dans le présent.
Tenaces, elles s’incrustent, tournent et virevoltent, noircissant cette nuit claire.
Eveil en sueur, rêves d’une vie qui ne sera jamais vécue.
Utopies évanouies dans l’expérience d’un quotidien décevant.
Efforts épuisants et vains dans une réalité imposée.
Des mots lus surgissent et rendent une présence si intense qu’elle en est presque palpable.
Des frissons de désirs effleurent ma peau, une chaleur importune m’enflamme malgré moi.

Sommeil, cette nuit encore tu as joué avec moi !

mardi 8 août 2017

Réveil

                                                         

Bip ! Bip ! Bip !

Le réveil émet un son impératif. Il est l'heure !

Couchée sur le ventre, le bras gauche replié, ma main sous ma hanche. Mon bras droit seul bouge, se tend vers la sonnerie, un doigt appuie sur la touche "STOP". L'alarme a éveillé mon cerveau, mais mon corps dort encore.
Doucement, par de petits mouvements, je m'accorde le plaisir du frôlement du drap frais sur ma peau.
Lentement, je me retourne sur le dos. J'étire mes membres l'un après l'autre comme font les chats. Mon corps entier, enfin, tendu comme un arc, mes lèvres exhalent un soupir de contentement.
Mes narines reniflent les effluves évanescents de la nuit, mes oreilles captent les sons diffus alentour, puis mes yeux s'ouvrent sur une nouvelle journée.
Je m'assieds au bord du matelas, mes orteils tâtent le carrelage, mes pieds se posent, de douces sensations provoquées par le contact de ma plante tiède sur le sol froid dessinent un sourire d'aise sur mon visage.

 Hum ! Qu'il est bon de vivre !

Debout, uniquement vêtue de mon bronzage, je me dirige vers la cuisine.
J'ouvre le placard, attrape les boîtes de café et de chicorée. Je les pose sur le meuble bas à côté de la machine à café, ôte les couvercles, prends les cuillères et je dose le mélange. Je remplis à l'aide de la verseuse le réservoir d'eau et j'appuie délicatement sur le bouton lumineux. La cafetière émet un léger chuintement, l'eau remonte le long du tuyau, coule dans le filtre, puis le café goutte à goutte remplit l'appartement de son parfum chaud, enivrant.
Je verse le nectar dans ma tasse et y ajoute un sucre. Délicatement mes doigts prennent la petite cuillère et la tournent lentement avant de la poser ur la soucoupe sans bruit pour continuer à profiter de la quiétude matinale. Une gorgée coule et des frissons de plaisir me traversent.

Hum ! Que c'est bon de vivre !

Mes pas me mènent tranquillement vers la salle de bain, me réjouissant à l'avance du plaisir à venir !

lundi 31 juillet 2017

Peintre et spectateurs

                                                                                  

L’esprit de l’art est quelque chose d’étrange. Le peintre prend ses pinceaux, ses couleurs, il se positionne devant la toile blanche et pose ses teintes, les travaille ou bien encore les laisse ainsi à l’abandon à leur destin d’entrer ou non en contact avec d’autres, dans des arabesques unicolores, multicolores, uniformes, variées, des lignes courbes, arrondies, planes, des traits rectilignes, croisés, parallèles et cela forme un tout que l’on appelle un tableau.

A chaque époque, des styles différents se sont révélés, épanouis, ont vécu puis disparu. Chacun a laissé une empreinte de son époque, un témoignage de la pensée.

Mais de quelle pensée ? Celle de l’auteur de l’œuvre ou bien de celui qui essaie de la décrypter en transformant les couleurs en lettres, les formes en mots, leur cheminement en phrases. Chaque tentative d’interprétation n’est ni meilleure ni moins bonne qu’une autre. Elle éteint simplement la lumière du rêve.

La lumière du rêve est ce qui, lorsque l’on chemine dans une exposition éclaire d’un flash telle ou telle peinture plutôt qu’une autre. Elle arrête nos pas, nous statufie et si nous sommes ouverts à son appel, elle nous emmène par la main au pays des rêves, par forcément celui du peintre, mais est-ce le plus important ? L’auteur a peint ses sensations, nous en percevons d’autres, mais le résultat est le même, une évasion de l’instant présent vers un ailleurs irréel.

Il n’y a pas d’âge pour rêver, pas de peinture plus qu’une autre pour se laisser emporter.

L’esprit de l’art est en toute œuvre et il sommeille en chacun de nous.

dimanche 2 avril 2017

Tricoti Tricota

Je vous ai déjà parlé de ma passion du tricot, voici quelques lignes

Créer, transformer, réaliser. Créer un modèle. Transformer des pelotes de fils. Réaliser un pull. Tout un programme…

Tricoti Tricota

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers

L’une après l’autre

Stop ! Voici la fin du premier rang

Demi-tour aux aiguilles

Et hop c’est reparti

Tricoti Tricota

Rangs après rangs

Les côtes sont finies

Commençons le corps

Stop ! Attention les emmanchures

Tricoti Tricota

Diminutions

Encolure

Epaules

Stop ! Dos terminé

Tricoti Tricota

On reprend depuis le début

On continue avec les manches

On termine avec le col

On assemble

Tricoti Tricota

Cela fait combien tout cela

20 pelotes

53 mètres par pelote

Plus d’un kilomètre

Tricoti Tricota

Quel courage elle a !

Une de mes réalisations : Châle "Fox and the Grapes" et ses 800 perles

lundi 6 février 2017

Tempête

Tu es née au-dessus de l’océan. Profitant de courants favorables, tu as pris de l’ampleur, de la force, du souffle avant de te heurter aux côtes de granit.

Tournoyant autour des sentinelles de la mer, Penlan, Penfret ,Eckmühl, Ar-Men, Saint-Mathieu, tu as emporté avec toi dans une folle farandole des esquifs divers et variés.

Salant les routes et les dunes, tu as poursuivi ta course rappelant aux hommes leur impuissance face à la nature, tu as fait chuter leurs cheminées empruntées par plusieurs générations de père Noël.

Pour cette nature dont tu fais partie tu n’as pourtant aucun respect, aucune modération, des branches mortes gelées, aux brindilles trop jeunes, tu arraches, casses, sans discernement. Même les remarquables, en viennent à perdre la bataille et se couchent pour un long sommeil qui les emmènera dans des maisons dont ils réchaufferont les vieux murs par leurs flammes hautes et claires.

Mal aimée tu continues ton chemin survolant les plaines, courbant les herbes, acculant les troupeaux dans un recoin quelque peu abrité dans lequel il se serre les uns contre les autres pour résister tant bien que mal au froid dont tu les fouettes.

Cette nuit encore, tu souffleras en un long sifflement jusqu’à ce qu’enfin une perturbation te repousse et t’oblige à laisser la nature et les hommes retrouver leur harmonie.

jeudi 8 décembre 2016

Oubli de l’être humain

De retour, de passage. Une escale ou bien un port. Peu importe où l’on se trouve. Peu importe le temps que l’on y reste. Que reste-t-il quand on repart ?

Des souvenirs tristes ou gais. A nous de savoir les colorer des couleurs de l’arc en ciel pour que nous puissions mieux profiter de la prochaine halte.

Parfois, on part sans faire de bruit. Simplement, comme cela. Le silence qui suit est empli de la richesse des vrais amis. De ceux qui, d’un petit mot d’une apparence anodine, indiquent qu’ils ne vous ont pas oubliée, qu’ils sont là, qu’ils pensent à vous en temps qu’être humain et non pas seulement comme une entité informatique derrière un pseudo que l’on croise à l’occasion.

Il est des exils profonds et noirs, dont on ressort meurtri de cicatrices douloureuses. On se surprend à les toucher parfois du bout du doigt. On se souvient de qui, comment et pourquoi. Sans trop de difficultés, on y associe les divers éléments extérieurs qui ont eu lieu au même moment. Parfois, aussi, à ceux qui ont été là pour y appliquer un peu de baume, du baume au cœur comme on dit. Parfois à ceux qui n’étaient pas là et qui pourtant disaient vous apprécier, avoir de l’amitié pour vous.

Allons, point d’atermoiement dans ces lignes, juste la constatation habituelle que chacune et chacune, nous avons notre propre définition de l’amitié et de ce qu’elle apporte dans les rapports humains.

Tiens, le mot humain revient encore.

Car au-delà des machines, des souris, des claviers, des écrans et des bips de toutes sortes, ce sont bien des bipèdes pensants et ressentant des émotions qui les ont inventées, qui les fabriquent et les utilisent.

Dans notre monde de la communication tous azimuts

Il semble que, de plus en plus, nous l’oublions !

lundi 14 novembre 2016

Fin de journée

18 h, une nouvelle journée se termine. Je finis de ranger mon bureau, j’attrape mon sac et ma veste, je me dirige vers la pointeuse. Je passe ma fiche. Voilà une demi-heure de plus de cumulée. Belle invention. Je descends l’escalier, ouvre la double-porte. Un courant d’air fait voler mes cheveux. Je ferme ma veste, ce soir je rentre à pieds, la température de ce début de printemps est si douce que m’enfermer dans un bus ne me dit rien.

Mes pas avancent entre deux rangées de platanes qui mènent à une fontaine. Des moineaux pépient, volettent, picorent des miettes que leur lancent deux enfants tout excités. Sur un banc, deux messieurs, chapeau sur la tête, mains appuyées sur une canne devisent en regardant la scène. Se rappellent-ils le bon vieux temps ?

Je poursuis mon chemin. Humm ! L’odeur du pain tout chaud sorti du four. Je ne sais résister à cette gourmandise. J’entre dans la boulangerie. Deux personnes devant moi. Je salive à l’avance et quand vient mon tour, j’ai déjà la monnaie toute prête. Je n’attends pas d’être au dehors pour délicatement détacher le croûton tiède, le porter à mes lèvres et le déguster en deux bouchées, un rire intérieur provoque un frisson qui remonte le long de mon dos. Je secoue les épaules. Un monsieur se retourne se demandant sans doute si je vais bien.

S’il me posait la question, que pourrais-je bien lui dire ?

Qu’au fur et à mesure que la journée se termine, que les rayons du soleil se cachent derrière les immeubles avant de se coucher, que les voitures peu à peu se disposent le long des trottoirs, que les enseignes lumineuses s’éteignent, que les volets se ferment, que les rues se vident, je me sens revivre !

Certains ont peur de la nuit, il l’appréhende. Moi, je m’y ressource.

Souvent, je reste devant ma fenêtre à regarder cette belle dame nocturne étendre son manteau sombre sur la ville, en diminuer les bruits jusqu’à un silence ponctué seulement par quelques rares noctambules. Toutes les lumières s’échappant des carrés de vie s’évanouissent pour laisser la place au sommeil. Toutes les odeurs mêlées se démêlent par l’apaisement des flots de véhicules et sous l’effet d’un petit vent caressant le quotidien qui s’achève.

Quotidien pesant du carcan de la normalité que la société m’impose, incarcérant ma liberté d’être, figeant sur mon visage des expressions de communications automatisées, bridant mon corps dans une mode inconfortable, obligeant à sacrifier à des horaires structurés mon appétit.

Mais quand je referme la porte de mon appartement, je peux sans contrainte être moi-même. Retirer mes chaussures, marcher pieds nus sur le carrelage, le parquet, les tapis. Oter mes vêtements pour en enfiler de plus confortables qui me permettent de m’asseoir où je veux, comme je veux. Piocher dans le placard, le frigo, grignoter ma baguette par petits morceaux juste un soupçon de beurre, debout dans la cuisine. Ne pas regarder la pendule, laisser couler le temps à ma vitesse au gré de mes occupations, de mes envies, jusqu’à ce qu’une certaine fatigue, plus physique que morale, vienne me rappeler qu’il est l’heure pour moi de sacrifier au rituel immuable du repos.

Alors, moi aussi, j’éteins mes lumières et j’emporte ma liberté dans mes rêves.

mardi 25 octobre 2016

Pokémon go, ses effets secondaires et ses applications originales

18 h, mon maître va rentrer à la maison. Je l'attends patiemment depuis de longues heures. J'ai envie d'aller me dégourdir les pattes, "relever mes messages" comme dirait J.M. Bigard, et laisser les miens. Avant, il rentrait le visage épuisé, prenait la laisse en soupirant et nous faisions juste le tour du pâté de maison. Maintenant, il ouvre la porte d'une main, son téléphone dans l'autre, prend le câble et la petite boîte à côté de la laisse et hop, nous voilà partis pour une longue promenade. Passé le pâté de maison, nous tournons à droite et une centaine de mètres plus loin, un vrai délice : un grand jardin public. Pleins de messages, de copains et mon maître semble heureux, même s'il lui arrive de parler tout seul "ah zut raté ", " super, j'ai pris un niveau", etc. Je suis heureux, j'ai même perdu 2 kilos. Par contre, il y a un truc bizarre : les poules couvent leurs œufs pour les faire éclore et il y a toujours un poussin dedans. Là, ce sont mes coussinets qui surchauffent et il y a des bêtes toutes différentes dedans. Certaines plaisent à mon maître, d'autres l'énervent, en tous les cas il n'en fait jamais d'omelette!

Je suis assise sur un banc, je profite du beau temps boire le café de mon Thermos avant de rentrer. Je remarque, amusée, que cela fait quatre fois que la même poussette passe. Une femme la pousse de la main gauche, son téléphone dans la main droite. De temps en temps, elle s'arrête, caresse de quelques coups rapides son écran et repart. Je souris. Avant, elle avançait rapidement, traversait le jardin public sans s'arrêter jusqu'à sa voiture, installait son bébé à l'arrière et la poussette se pliait dans le coffre. Elle avait son visage fermé, stressée par sa journée sans doute, courant après le temps. Elle paraît maintenant plus détendue, elle marche, son bébé prend l'air. Que du bonheur!

Un samedi, dans une ville près de chez moi. Assis, sur un muret avec mon mari. Nous faisons une pause au soleil. Je trie mes captures, il bouquine sur son téléphone. Un monsieur, qui comme moi, fait partie des dresseurs rares de Pokémon (6 % seulement de dresseurs de + de 50 ans) s'approche. Il me dit avoir remarqué mon câble et me demande si je joue, moi aussi. Il est intéressé par cette batterie, car il me dit qu'il ne peut marcher plus de 1 h 30 environ avec la batterie de son téléphone. Je lui montre la mienne, légère et d’un coût abordable. Depuis le décès de son épouse, c'est cette application qui l'a, enfin, fait sortir de chez lui tous les jours. Il s’éloigne pour poursuivre sa marche.

Nous nous levons et nous apprêtons à partir quand quatre enfants, accompagnés d’une grande adolescente, s'approchent alors de nous : - dis madame, tu joues toi aussi à Pokémon? - oui, c'est amusant et j'aime bien ces bestioles - mais euh, tu as quel âge? - 54 ans, et toi? - j'ai 8 ans. C'est quoi ton + fort? .... ah oui quand même, dis tu tapes des arènes ? - oui ça m’arrive quand je peux, ça me permet de PX et c’est sympa de gagner quelques poképièces gratuites. -tu sais le monsieur là-bas qui te parlait tout à l’heure, ben il nous a traité de petits cons la semaine dernière car nous lui avions tapé son arène. -tu sais c’est normal qu’il n’ait pas apprécié, mais c’est un jeu et je ne pense pas qu’il te l’ait dit méchamment. Comme nous parlions, tout en marchant, nous nous sommes rapprochés de lui. Il s’est inclus dans la conversation et après quelques phrases, leur « différent » était oublié et comme ils se croisent de temps en temps, ils vont s’organiser pour optimiser leurs combats dans les arènes. Nous sommes repartis, en souriant de ce lien intergénérationnel que ce jeu peut créer. En vacances, qui n'a pas déjà été se balader dans une grande ville inconnue, suivi le panneau "parking" en ayant repéré la veille sur internet où se trouvait celui le plus proche du centre-ville et en sortant de sa voiture garée, resté dubitatif en voyant les 3 ou 4 sorties différentes proposées. Ne lancer pas votre GPS, piéton. Sur votre écran vous n'aurez qu'une petite boule bleue indiquant votre position. Il vous faudra marcher quelques dizaines de mettre pour savoir dans quelle direction vous marchez. Et pour savoir où se situe la zone des curiosités intéressantes et des commerces, il vaut mieux avoir une adresse. Lancer votre application Pokémon Go. Il suffit de quelques pas pour que votre personnage regarde dans la direction que vous empruntez. Repérer la concentration des petits drapeaux bleus des pokestop et vous saurez où aller. Les noms des pokestop, vous feront découvrir des petites curiosités, peu indiquée sur les guides, des petites rues pittoresques de plus pour retrouver aisément votre parking, mémoriser simplement l'arène près de laquelle vous êtes garé. Elles se voient de loin sur l'écran et portent toutes un nom différent.

Réfléchir à comment rentabiliser un œuf chance, retenir les noms des évolutions, calculer le nombre de km à parcourir pour récolter le nombre de bonbons pour évoluer un pokémon, gérer le stock de son sac en fonction des combats et des captures, encore autant d’effets secondaires que les non joueurs ne connaissent pas. Bien sûr, comme dans tout il y a des dérives. Nous ne sommes que des humains.

lundi 22 août 2016

La clef des lettres

Effeuillage d’un prénom abandonné

Au fil d’une enfance difficile à oublier.

Perdues dans les limbes du passé

Elles naviguent sur les mers du globe

Se perdent dans les mécanismes compliqués

Les grippent et dans les rouages s’enrobent.

Tenace et courageux, assumant ton métier

A ton devoir jamais tu ne te dérobes.

Invisibles, elles te suivent silencieuses alliées

Comme les perles brillantes d’un collier.

Dans les méandres de la mémoire cryptée

Tant de douleurs vécues sont cachées

Les perles se sont échappées du fil de ta vie,

Dans la tristesse de ton âme elles se sont ternies.

Laisse le destin doucement les enfiler

Leur redonner leur éclat et leur beauté

Ensemble à nouveau les relier

Pour voir naître un avenir ensoleillé.

dimanche 31 juillet 2016

Esclavage

Faisant mes courses hebdomadaires hier après-midi, j’ai été fort surprise de croiser de nombreux esclaves.

De quelques-uns, il y a deux ans, voilà que de mois en mois leur nombre ne cesse d’augmenter.

Toutes les catégories sociales, toutes les classes d’âges, homme ou femme, sont touchés par ce nouvel état d’être.

On en rencontre partout.

Dans la rue, ils déambulent et soudain s’arrêtent, ou bien marmonnent à voix basse une conversation à sens unique. Dans les magasins, ce sont souvent des hommes, poussant leur caddie d’une main, attrapant des articles de l’autre sans cesser de remuer les lèvres. Dans le hall des gares, la salle d’attente est pleine de ces humains chuchoteurs. Devant les écoles, les mères de famille ne prennent parfois même pas le temps de dire bonjour à leur bambin. Elles l’attrapent par la main et le mènent jusqu’à la voiture. Même dans les restaurants, malgré la faim qu’ils ont après une journée de travail, ils sortent, laissant leur assiette pleine et tapent leur chaussure sur le pavé en hochant la tête à la manière de ces chiens de plastique sur la plage arrière des voitures. Ils sont là, debout, en train d’attendre et d’écouter leurs ordres, répondant brièvement. Puis, un geste à l’oreille, comme un salut militaire et ils poursuivent leur chemin, allant sans doute exécuter les ordres de quelque autorité supérieure.

Vous les reconnaitrez, comme moi, très facilement.

Ils ont un anneau à l’oreille, de taille ou de couleur différente, sans doute une question de classement. Ils ne l’enlèvent jamais, reliés ainsi en permanence au réseau, qui peut les joindre à tout moment. Leurs déplacements sont suivis par des bornes tels des GPS de voiture.

Il semble que les animaux ne soient pas encore touchés par ce marquage. Je n’en ai croisé aucun avec cet appareil greffé à leur organe auditif.

Enfin assez inquiète, tout de même, j’ai vérifié si l’esclavage avait été ou non aboli en France, à tout hasard bien sûr : En France, le 3 juillet 1315, le roi Louis X le Hutin publie un édit qui affirme que «selon le droit de nature, chacun doit naître franc». Officiellement, depuis cette date, «le sol de France affranchit l'esclave qui le touche». Il n'y aura plus d'esclaves sur le sol métropolitain depuis ce jour. (Extrait de wikipedia).

Alors esclavage ou bien un désir irrépressible de ne pas être oublié… Gain de temps ou bien perte d’un moment d’insouciance d’être quelque part sans fil à la patte…

samedi 16 juillet 2016

Promesse

Serment fait à un tournant de notre vie par amour, par espoir et désespoir.

Il y a des moments où il faut savoir prendre une décision difficile et irrévocable car l'amour est un puissant moteur mais aussi fragile que du verre. Pour qu'il résiste au temps, il doit être entouré, protégé, de multiples manières.

Savoir laisser son passé dans le passé n'est pas chose facile car il se rappelle sans cesse à notre mémoire au détour d'une odeur, d'une image, d'un son, d'une destination sur un panneau, d'un mot dans un contexte précis, mais il faut pourtant le faire et tenu par une promesse liée par amour est un des moyens dont nous pouvons user pour aider l'autre si apeuré de vous perdre à peine vient-il de vous rencontrer.

Son combat contre la maladie est aussi fort que le vôtre, bien que différent. Il est enfin arrivé au bout de sa quête de l’âme sœur, de la chaussure à son pied comme il aime à le dire, alors apprendre dans le même temps qu'il risque de vous perdre avant d'avoir parcouru avec vous le chemin de la vie lui est insupportable.

C'est une promesse facile a faire car vôtre vie n'est plus, il vous faut tenter d'accepter ce qu'il vous reste et sur ces cendres bâtir vaille que vaille un nouveau quotidien, de nouvelles habitudes, essayer de voir un nouvel avenir.

Mais, les souvenirs sont la, encore et encore, ils vous titillent les neurones, vous culpabilisez d'y penser, mais cela vous rappelle aussi que vous êtes encore malgré tout humaine.

vendredi 6 mai 2016

Mars en février

Que dire de cet hiver : un automne qui s'éternise sans enfin se reposer.

Doucement la pluie aurait dû se refroidir dans les nuages, prendre le temps de blanchir. Les gouttelettes auraient dû s'agglomérer avant de s'élancer ensemble sur les plaines en un ballet silencieux. Le blanc recouvrir indifféremment arbres et maisons, vallées et collines en une belle harmonie. Les différences s'atténuant, parfois jusqu'à disparaître. Les sons s’étouffant.

Les cheminées se seraient allumées, les plaids réchauffant les jambes, les fauteuils craquant et le thé embaumant l'air de son parfum d'ailleurs. Les pages du livre passant devant nos yeux tel un diaporama de lettres. Une pause bienvenue avant d'entamer l'année nouvelle.

Mais les gouttes de pluie coulent sur les toits, transforment les fossés en ruisseaux, les ruisseaux en torrent. Les champs ne sont plus que qu'étangs. Les mares débordent et envahissent les rues. La boue ravale les façades des maisons, pénètre les lieux habités, déclenchant des peurs et des drames.

Vivement le soleil printanier!

mardi 5 avril 2016

Mon âme pleure, mon âme se meure

Petit à petit au fil des jours, mes mots trouvent de moins en moins le chemin vers les autres.

Entendus, non écoutés, ils sont jugés, condamnés, inutiles, futiles, sans fondement. Ils ne riment plus dans la valse de leur vie. Les discussions déprimantes finissent toujours de la même manière, et je continue à descendre la pente lourde de ces mots dont même l'écho ne veut plus.

Ma vie à moi n'est plus. Elle ne sera jamais plus. Ainsi en a décidé le destin sous la forme d'un crustacé insidieux et dévastateur, il y a plusieurs années, quand le mot avenir avait encore un sens.

Chaque journée est jalonnée de nombreux combats dont il faut tous les jours accepter l'issue au risque de perdre la raison.

Si j'exprime ma souffrance de ce semblant de vie que je n'ai pas choisi, ceux qui se plaignent de leur quotidien, de leur situation familiale dont ils sont maîtres de changer s'ils le souhaitent, soupirent en silence, s'expriment ailleurs car ils n'ont pas le courage de me le dire en face " elle est sans cesse en train de se plaindre". Mais eux ne le font-ils pas?

Mon bras s'est alourdi, mes doigts ont laissé échapper le crayon à mon insu, le soleil perce les nuages, je remets mon masque et referme cette parenthèse pathétique.

lundi 15 février 2016

Midi, ils ont faim !

Mémoires d'un gallinacée, mort au champ de saveurs!



Je suis bien, au milieu de mes congénères, installé dans une vitrine. Au moins ici, je vois du monde passer. Tiens une dame avec de jolis cheveux blancs, elle se promène avec un caniche tout blanc lui aussi, à moins que ce ne soit le chien qui promène sa maîtresse, je n’ai jamais très bien compris.

Une poussette, des vocalises stridentes en sortent, un bébé d’homme s’agite comme un forcené.

Le ciel est gris, alors pourquoi fait-il de plus en plus chaud ?

Eh ! Mais ! Oh ! Stoppez la roue ! J’ai mal au cœur ! Mais je n’ai plus de cœur, on m’a tout enlevé !

Alors pourquoi j’ai le vertige ?

J’ai la peau qui cuit, elle se craquelle, ma graisse s’écoule en rigoles, je vais avoir une silhouette de star !

Les gens s’arrêtent, la porte s’ouvre, mon voisin sort au bout d’une pique.

Ma peau grille, prend une couleur dorée, elle croustille avec un petit bruit délicieux.

Sortez-moi de là. Je brûle !

Le clocher sonne 12 coups !

Tiens, voilà une sympathique jeune femme, elle me regarde avec des yeux gourmands. « Un poulet pour une jolie poulette ». Pourvu que je sois ce poulet. Etre à sa merci, nu, écartelé, manipulé par ses doigts agiles, dégusté par sa bouche sensuelle, je ne peux rêver de plus belle fin.

mardi 12 janvier 2016

BONNE ANNEE 2016 !

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous souhaite une Bonne et heureuse année 2016. J’espère qu’elle vous apportera joies et bonheurs divers et variés.

En ce qui me concerne, c’est une année vraiment nouvelle qui débute. Il est temps de laisser le passé derrière et d’essayer d’avancer avec le quotidien que la maladie m’a laissé.

Des nouveautés vont venir enrichir le blog au fil des mois. Certaines vous surprendront, d’autres vous plairont, et pour d’autres vous passerez sans vous arrêter. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions dans vos commentaires.

A bientôt !

dimanche 19 juillet 2015

Parfum de vacances

Ce matin il pleut.

Les gouttelettes d'eau coulent inlassablement sur la fenêtre de la cuisine.



Le ronronnement de l'eau pour mon thé qui boue dans la casserole me rend joyeuse d'habitude, mais la nostalgie de l'été passé m'installe dans le vague à l'âme.

Ma main droite se tend vers le pot de miel, la gauche tourne le couvercle et le dépose sur la table pour prendre la cuillère à café. Je la trempe, la porte à mes lèvres.

L'esprit ailleurs.

Ce goût....cette texture...ce parfum de lavande....

Une chaude après-midi d'été, une abeille butine une fleur après l'autre. Elle vole jusqu'à un bosquet de lavande qui s'épanouit au bord d'une piscine. Sur le bleu de l'eau se découpe une silhouette qui profite de cette manne de fraîcheur pour se ré hydrater après une longue marche dans la campagne environnante.

Les cigales frottent leurs ailes pour s'éventer, le léger vent berce leur musique.

L'abeille poursuit son vol, admire les petits îlots fleuris de roses, d'iris, de glaïeuls. Elle arrive à une terrasse, meublée de chaises longues et d'une table sur laquelle, il dispose le dîner. Quel beau couple d'amoureux se dit-elle ! Ce gite coquet et agréablement agencé est un nid parfait pour leurs vacances.

Une sonnerie dans le lointain me ramène à la réalité.

La vitre me renvoie mon visage égayé par un doux sourire au souvenir de ces moments tendres à LaSaule.

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