Les fantaisies de la Sirène

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dimanche 24 février 2019

Pensées canines

Comment ne pas écrire les pensées de cette boule d’amour pleine de poils ?

Il y a deux ans j’étais encore dans le ventre de ma mère. Je côtoyais mon frère et mes deux sœurs dans ce havre de paix, bien au chaud, nourri et bercé.

Puis ce fut la première séparation, celle qui m’a fait entrer dans ce monde d’humain. Il m’a fallu apprendre à attendre mon tour pour téter la mamelle maternelle. Le plus petit de la portée, ma mère me poussait avec sa truffe humide, j’avançais, tombais du panier, me relevait en titubant sur mes petites pattes.

Bientôt, je pus aller et venir dans cette petite cour fermée. Nous jouions tous les quatre en jappant joyeusement. Je commençais à mordiller, à attraper tout ce qui dépasse. J’étais aventurier téméraire, mais guère courageux.

Plein de vie, j’ai échappé à la maîtresse de ma mère et je suis tombé dans la poubelle sur un morceau de ruban adhésif. Ouille mes poils !

Puis, Elle est venue, Elle m’a regardé, moi pourtant si différent, si petit, si menu, si noir. Elle a eu un regard plein de tendresse et j’ai été conquis. De joie, je me tortillais dans tous les sens. Elle s’est penchée, a avancé sa main paume ouverte. Je l’ai reniflée rapidement, me suis glissé dessous, je me suis collé à ses pieds et pour marquer mon territoire, j’ai levé la patte. Elle a ri, m’a attrapé, m’a posé un baiser sur la tête.

J’ai dû encore attendre plusieurs semaines avant de rejoindre mon nouveau foyer. Là, j’ai été accueilli par mon maître, ma maîtresse et deux adolescents aussi joueurs et foufous que moi.

Maintenant, je fais partie de leur famille. Je prends mon rôle de gardien très au sérieux. Du haut de mes 30 cm au garrot j’ai un aboiement redoutable.

Je les guette, connais toutes leurs habitudes, sais quand je vais avoir à manger, quand je vais sortir pour le petit tour utile, ou pour la grande ballade de détente. Elle a toujours fini de manger en premier, ensuite elle prend son café sur le canapé, je me couche contre elle, elle me gratouille les oreilles. Oh, comme j’aime cela, elle connaît si bien mes préférences, elle a des doigts si agiles, quel plaisir ! Alors, je me retourne sur le dos, lui offre mon ventre, mon intimité, je suis tout entier à sa merci ! Un rêve éveillé.

Mais ce que je préfère c’est ce moment merveilleux où mes maîtres se couchent. Ils ouvrent la porte de leur chambre, je me glisse entre leurs jambes, saute sur le petit fauteuil en mousse posé de son côté à elle, je gratte le coussin comme un furieux, m’affale dans un soupir d’aise. Toujours sur le qui-vive, je les observe à la dérobée tout en faisant ma toilette à grands coups de langue, j’y mets tout mon cœur. Ils prennent leurs livres. Bon, je vais pouvoir rester un moment, alors je m’endors profondément, et je ronfle de bonheur.

Puis vient le moment que je déteste, lorsqu’ils ferment leurs ouvrages, les posent, mon maître se lève, me prend dans ses bras. Et bien que chaque soir, je le regarde d’un air suppliant de pauvre petit toutou malheureux, il me met à la porte de leur domaine.

Mais je me « venge » ! Je vais au panier à linge et je « vole » un vêtement, je le transporte rapidement dans mon panier et je me couche dessus… Son odeur je ne peux m’en passer, c’est un peu elle, là tout contre moi…

lundi 27 août 2018

Un jour comme les autres?

Un jour comme les autres qui chaque année tombe le même jour …

Ce devrait être un jour source de joies plus nombreuses qu’à l’ordinaire, de petites attentions.

Le matin, on se lève heureuse, car avoir un an de plus peu nous importe, le cours du temps est immuable.

Notre téléphone portable, bip plusieurs fois lorsqu’on l’allume, annonçant des sms postés avant que leur journée de travail ne commence.

Notre boite mail est envahie par les souhaits des sites sur lesquels nous avons rempli une fiche avec notre date de naissance, mais aussi par quelques ecards que nous prenons plaisir à découvrir. Certaines pleines d’humour, d’autres humoristiques, chacune d’entre elle est unique et empreinte de la personnalité de son auteur. Des sourires et des baisers virtuels qui nous ensoleillent tôt le matin cette journée pas tout à fait comme les autres, peut-être.

Un mail a attiré votre attention plus particulièrement. Une très belle photo orne son début et met en valeur un joli poème, plein de tendresse et d’amitié. Votre cœur a battu un peu plus vite, même si un pincement vous annonce que vous n’aurez pas la joie de l’entendre de vive voix, ce que les heures passant dans le silence vous confirme, malgré le fol espoir que vous avez bêtement entretenu pendant trop longtemps maintenant. Une journée plus comme les autres.

Un appel téléphonique inquiet car vous n’avez pas confirmé la livraison commandée spécialement pour cette date et depuis plusieurs semaines. L’après-midi se termine et vous voilà les bras chargés d’un énorme bouquet de fleurs harmonieusement disposées. Le cadeau d’un ami orne votre table de salle à manger. Difficile de lui dire qu’elles seront les seules en ce jour à embellir le diner de cette journée vraiment pas comme les autres.

Un sms, quelques mails entremêlés et une conversation téléphonique douce et chaude sont venus s’intercaler pour vous rappeler qu’il y a toujours un soleil quelque part pour vous.

Alors ce soir, devant son écran, pourquoi ressentir ce manque, cette impression de culpabilité de ne pas savoir ne voir que ce qui est donné, d’en emplir le souvenir de cette journée, d’impuissance de ne pas savoir se fermer aux désirs simples mais auxquels vous teniez et qui ne vous seront jamais offerts.

Une journée par an … alors pourquoi y attacher tant d’importance …

lundi 4 juin 2018

Horoscope

 

Ce matin, rien ne va. Il y a des jours comme cela. On se dit que l’on aurait mieux fait de rester au lit.
Le réveil qui nous vrille les oreilles de sa sonnerie stridente alors que nous sommes plongés dans un merveilleux rêve de douceur.
Le chausson gauche que l’on ne trouve pas, obligé de se baisser, le dos encore engourdi de la nuit, pour aller le chercher sous le lit.
La robe de chambre que l’on enfile à l’envers dans le noir si bien que l’on se débat maladroitement avec la ceinture tout en cheminant jusqu’à la cuisine.
On soupire. On se dit : « Bon allez, on respire un grand coup et on va oublier ce mauvais départ en dégustant un bon café ».
On prépare la cafetière et on part à la salle de bain. On se déshabille, se glisse sous la douche, se lave et quand on ouvre le rideau de la douche pour attraper la serviette, notre main ne rencontre que le vide. Eh oui, la veille pour compléter la machine à laver, on les a prises, en oubliant d’en mettre de nouvelles pour le lendemain.
On soupire à nouveau déjà un peu moins serein.
On s’habille, se coiffe et on pense à ce café bien chaud qui nous attend. Tiens au fait, on ne sent pas l’arôme ? On se précipite dans la cuisine pour se rendre compte que l’on a oublié d’appuyer sur le bouton marche.
Allez, il faut encore patienter. En attendant, on prépare son bol et on cherche le morceau de pain qui restait la veille à la fin du diner. Introuvable ! Bon, on doit se contenter d’une biscotte solitaire au fond du paquet. Le beurre est trop dur même en raclant avec le couteau, la couche est bien mince. Pas grave, on se rattrape sur la confiture. Là tout va bien.
Un œil à la pendule, il est déjà l’heure. Vite, on se prépare, et on sort.
Arrivé à la voiture, on farfouille pendant cinq bonnes minutes dans son sac à la recherche des clefs, on s’énerve, on commence à désespérer, lorsque machinalement, on porte la main à sa poche et on les trouve là où on les a glissées rapidement, les bras chargés des sacs de commissions.
On démarre, pas trop de difficultés à sortir de sa place de parking, c’est presque un miracle ces derniers temps. Et la radio annonce votre horoscope pour la journée : « Gémeaux, aujourd’hui, levez-vous et enfilez vos chaussons avec le sourire, tout vous sourira, une journée calme et sereine vous attend ! »
Et là, on se dit : heureusement que les prédictions sont aussi bonnes, si cela avait été le contraire, que me serait-il arrivé ?