Les fantaisies de la Sirène

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 30 juillet 2018

Oubli de l'Être Humain

De retour, de passage. Une escale ou bien un port. Peu importe où l’on se trouve. Peu importe le temps que l’on y reste. Que reste-t-il quand on repart ? Des souvenirs tristes ou gais. A nous de savoir les colorer des couleurs de l’arc en ciel pour que nous puissions mieux profiter de la prochaine halte.
Parfois, on part sans faire de bruit. Simplement, comme cela. Le silence qui suit est empli de la richesse des vrais amis. De ceux qui, d’un petit mot d’une apparence anodine, indiquent qu’ils ne vous ont pas oubliée, qu’ils sont là, qu’ils pensent à vous en temps qu’être humain et non pas seulement comme une entité informatique derrière un pseudo que l’on croise à l’occasion.
Il est des exils profonds et noirs, dont on ressort meurtri de cicatrices douloureuses. On se surprend à les toucher parfois du bout du doigt. On se souvient de qui, comment et pourquoi. Sans trop de difficultés, on y associe les divers éléments extérieurs qui ont eu lieu au même moment. Parfois, aussi, à ceux qui ont été là pour y appliquer un peu de baume, du baume au cœur comme on dit. Parfois à ceux qui n’étaient pas là et qui pourtant disaient vous apprécier, avoir de l’amitié pour vous.
Allons, point d’atermoiement dans ces lignes, juste la constatation habituelle que chacune et chacune, nous avons notre propre définition de l’amitié et de ce qu’elle apporte dans les rapports humains.

Tiens, le mot humain revient encore.

Car au-delà des machines, des souris, des claviers, des écrans et des bips de toutes sortes, ce sont bien des bipèdes pensants et ressentant des émotions qui les ont inventées, qui les fabriquent et les utilisent.

Dans notre monde de la communication tous azimuts
Il semble que, de plus en plus, nous l’oublions !

 

lundi 25 juin 2018

L'âme en vagues

L’équinoxe a vu l’hiver tirer sa révérence. Mais, le printemps traîne encore dans les limbes de l’horizon.
Les nuages déversent leurs derniers chargements de graine de froid, déposant sur les bourgeons en éveil une poudre blanche et glacée.
La nature se recroqueville encore un peu sous cette dentelle qui racornit les jeunes pousses les plus téméraires.
Et, nous nous pelotonnons sous la couverture une heure de moins.
Qu’importe les longues soirées gagnées sous la lumière de l’astre solaire, lorsqu’elles sont vides de sens, vides de passé, de présent et que l’avenir sans cesse recule son échéance.
Sortir, aller à la rencontre du genre humain, se mêler à cette foule, se couler dans le moule de tout le monde pour mieux s’y noyer.
Laisser au fond de soi ses envies, ses désirs, cesser ses efforts vains, abandonner ses rêves et avancer vers demain.
Pourquoi ? Comment ? Peu importe, la foule est là, elle nous envahit, nous submerge.
Comment résister à cet appel ?
Où trouver un point d’ancrage assez solide pour résister vaille que vaille à cette vague qui nous emporte tel un tsunami loin très loin de notre sourire, qui nous échoue épuisé et hoquetant sur la plage des aléas quotidiens répétitifs et décevants ?

 

lundi 11 juin 2018

Illusion, des illusions, désillusions

Nous naissons avec le livre de notre vie à écrire, à compléter, à embellir, à enrichir au fil des jours, des semaines, des mois, des années.
Enfant, notre perception du monde extérieur est enjolivée des couleurs de l’innocence. Nous faisons confiance, croyons les adultes sans limite, nous plongeons dans les fables et les contes de fées comme des univers merveilleux où tout est bonheur, où le bien triomphe du mal, où les méchants sont punis et les gentils vivent heureux jusqu’à la fin des temps.
Petit à petit, par petites touches ou par coups de tonnerre, nous apprenons que dans le ciel de ce monde merveilleux, il y a des orages, des tempêtes, des vents et des trombes d’eau qui modifient le paysage et les couleurs éclatantes se voilent d’une couche un peu plus terne, un peu moins secrète, un peu plus réelle.
L’illusion de la féerie s’envole.
Mais, nous ne serions pas humains et ne pourrions avancer chaque jour, acceptant les vicissitudes du quotidien, comme ces petits bonheurs, si nous abandonnions tout espoir de voir nos rêves se réaliser. Oh, bien sûr, pas tous, mais ceux qui nous tiennent le plus à cœur. Des châteaux en Espagne, nous en bâtissons encore et encore.
Certains d’entre nous, perdent au fil des années cette capacité à croire que tant que l’on vit, tout peut encore arriver. Ils se construisent un avenir bien réglé, se contentant de continuer sur la route de leur destin en se préparant tranquillement à terminer leur existence dans un cadre rassurant. Ils ne laissent aucune place à l’imprévu qui pourrait leur faire oublier leur âge, leurs habitudes, leur routine.
D’autres gardent au fond d’eux-mêmes une âme d’enfant refusant de se laisser stopper dans leurs élans de fantaisies par le carcan des schémas moraux et images gravées qui découpent les vies en tranches d’années et obligent à se conformer à un style reconnu en fonction de son rang social, son âge ou sa situation individuelle. Ils croient encore à la réalisation de petits désirs simples mais si pleins de tendresse et d’amour qu’ils portent en eux une chaleur qu’ils n’oublieront jamais.
Les illusions sont des espoirs qui les emmènent loin sur la route du destin.
Mais, leurs espoirs sont rarement satisfaits et les désillusions qu’ils subissent sont autant de coups de poignards qui les enferment sur eux-mêmes, laissant leur âme d’enfant se perdre dans une mer rouge des larmes de leur déception.

 

lundi 28 mai 2018

Grandeur d'âme

Deux fois par semaine, je prends le temps de boire un café dans le bar au coin de la rue. J’y achète ma revue, puis je m’installe au comptoir. J’ai mon habitude près de la caisse.

Des pas, une voix masculine demande un paquet de cigarettes. Le patron le lui vend, sourire commercial aux lèvres, un bonjour et au revoir automatiques sont échangés.

Comme il pleut, j’ai posé mon parapluie debout près de mon tabouret. Surprise par la tonalité de la voix, un mouvement de ma part, il chute aux pieds de l’inconnu. Je veux descendre pour le ramasser, mais il est plus rapide, me le tend déjà : « Tenez, ne bougez pas ».

Nos regards se croisent, je lui souris : « Merci beaucoup, c’est très aimable de votre part ».

«  Vraiment pas un temps de saison » ajoute-t-il en réajustant sa casquette sur la tête, « il fait même froid aujourd’hui ».

Je lui propose un café, pour sa gentillesse et pour quelque chose de triste et de désabusé que je sens dans sa voix.

« Non, merci, je suis déjà en retard, mais un autre jour avec plaisir ».

Je m’empresse d’ajouter  « Je serais là jeudi ».

« Jeudi matin, oui,… oui d’accord, bonne journée »

« Bonne journée ».

Nous sommes jeudi matin. Je ne m’assieds pas à ma place habituelle, j’opte pour une table ronde, visible de l’entrée.

Quelques minutes plus tard, le voilà. Il fait son achat, puis me regarde, commande un grand crème et vient s’asseoir en face de moi.

Nous échangeons quelques banalités puis la découverte de l’autre commence tranquillement.

Voilà maintenant, deux mois, que toutes les semaines, nous partageons cette pause avant de courir travailler. Je dis bien courir, car nous ne voyons pas le temps passer...

Ce matin, il n’a pas sa casquette vissée sur la tête. Un sourire joyeux sur les lèvres, il grimpe sur sa chaise et m’annonce : « voilà, ça y est, je me suis décidé. J’ai osé demander ma mutation pour retourner près de ma famille et elle a été acceptée. Tu sais, tout cela c’est grâce à toi. Lorsque ton parapluie est tombé, j’étais en pleine déprime, sous antidépresseurs depuis trois mois. Je n’attendais plus rien de la vie. Le regard des gens me disait : « Tiens voilà, le nain, le nabot du quartier ». Mais, lorsque je me suis vu dans tes yeux, je me suis senti normal, grand, comme tout le monde. »

Je lui réponds, heureuse de son bien-être et malheureuse aussi de le voir partir si loin : 

«  La taille d’un homme ne se mesure pas en centimètres, mais à la grandeur de son âme ».

jeudi 10 mai 2018

Continuer ce blog ?

Bonjour,

je n'ai pas publié depuis quelques temps car j'ai été prise par une compétition de mon autre passion le tricot. Néanmoins étant donné le peu de commentaires et de lecteurs, je m'interroge sur la poursuite de ce blog. J'attends vos avis ...

Bonne journée

vendredi 5 janvier 2018

Bonne Année

(Texte posté sur le site de la Plume et l'Encrier)

et autres petits bavardages


Bonjour à tous mes amies et amis de la Plume

Je vous souhaite une Bonne et Heureuse Année selon la tradition et aussi parce que j’espère sincèrement que ce sera le cas.

Bien sur, il y a toujours des moments tristes, difficiles voire insupportables. C’est la vie nous dirait bien des sages.
Moi, je dirais qu’il ne faut jamais oublier de profiter de la caresse d’un rayon de soleil sur notre visage, ne serait-ce qu’un instant car combien qui avaient la vie devant eux, ont eu leurs battements de cœur arrêtés par des "inconscients".

Ce début d’année a été dur avec les tempêtes qui ont soufflé et ont causé beaucoup de dégâts et même des disparus et des morts.
Pour ma part, après 5 nuits sans dormir à me demander si le toit n’allait pas s’envoler ou la forêt nous écraser, j’ai dit à mon mari que lorsque la Damedhelia de la météo dirait encore le mercredi midi que la tempête Eleanor était partie à l’Est et que le littoral Atlantique n’aurait plus que des vents de 60 km/h, je l’inviterai à venir dormir dans notre chambre sous les toits pour qu’elle puisse juger et vivre par elle-même le caractère erroné de ses "prédictions"...

Aujourd’hui le soleil ose se montrer et je me dis qu’au vu des autres régions, nous avons bien de la chance.

J’espère vous lire plus souvent, j’espère écrire aussi plus souvent, j’espère lire de nouveaux venus ... que d’espérances ... mais il y a encore de la vie alors pourquoi pas...

Amitiés

vendredi 15 août 2014

Et si les martiens....

regardaient le journal télévisé. Que penseraient-ils?

Voilà un drôle de film. Un présentateur, tel monsieur Loyal, maître de cérémonie du grand cirque des événements dans le monde.

Des maisons détruites, une rue décorée d'épaves encore fumantes de carcasses de véhicules divers. Une poussette renversée. Un pied ensanglanté dont la chaussure git à quelques mètres, un enfant estropié sur un lit bancal dans un couloir d'hôpital, enfin ce qu'il en reste. TaDam Dam Dam

Un camping cinq étoiles. 850 euros la semaine. Un ciel bleu éclatant des rayons du soleil. De l'herbe verte. Des bancs à l'ombre de grands arbres. Des femmes allongées sur des transats étalent sur leur corps habillé de tissu dont la rareté augmente le prix, des enfants courent, plongent, rient, s'amusent dans l'insouciance de leur jeunesse.

TaDam Dam Dam

Un acteur en pleine gloire, au carnet de projet de films bien rempli, au compte en banque faisant la joie de son banquier, se suicide par manque de goût pour la vie.

Une longue, trop longue file d'attente de personnes en difficultés dans le hall d'une perception, quémandant un étalement de paiement. Le chômage, la précarité d'un CDD, une voiture en panne, un crédit d'habitation devenu trop lourd et leur vie ne tient plus à grand chose, mais il faut survivre.

TaDam Dam Dam

Manifestations diverses et variées, hautes en couleurs pour la liberté, 70 ans ça ne date pas d'hier, mais le monde entier s'en souvient et s'en réjoui. Le ghetto, la guerre aux religions, l'éradication des races différentes autant d'oeillères dont le monde ne veut plus.

Des files de femmes, d'hommes et d'enfants se dirigeant vers les montagnes pour échapper à des assassins obtus, sans eau, nourriture ou logement, simplement parce qu'ils prient un dieu différent depuis des centaines d'années.

TaDam Dam Dam

Des milliers de millions de milliards de dollars, euros et monnaies diverses dépensés année après année, pour explorer l'espace, tenter de prouver que nous ne sommes pas seuls dans l'univers, qu'il y a d'autres espèces que nous pourrions aider???

Des maternités de proximité qui ferment, à combien est estimée la vie d'un enfant? Des hôpitaux qui auraient besoin de s'équiper en technologies nouvelles pour le confort des humains mais trop onéreuses pour qu'ils les acquièrent. Des médecins de campagne sans remplaçant, favorisant la désertification, le regroupement en villes surpeuplées, déplaçant les personnes âgées (ne sont-elles pas nos ascendants) dans des maisons, antichambres du cimetière.

TaDam Dam Dam

Encore et encore......monsieur Loyal enchaîne les reportages....encore et encore...

Et les martiens dans tout cela me direz-vous. Eh bien peut-être auraient-ils simplement envie de faire demi-tour, en se disant que finalement, chez eux c'est pas mal non plus.

vendredi 2 août 2013

Comme le temps passe

L'hiver a duré longtemps, très longtemps.

Le printemps n'est resté que quelques jours.

L'été, enfin, avec son soleil, son ciel bleu et sa chaleur a élu domicile au bout de la terre.

Quelques orages ont mis fin à cette douce embellie.

Météo aléatoire qui donne du vague à l'âme entre deux éclats de rire.

Longtemps, très longtemps, ma vie n'a été qu'une succession d'aléas négatifs.

Quelques jours, de temps en temps, une lumière est apparue.

Au bout de la terre, j'ai élu domicile et trouvé la chaleur d'un amour chaud, limpide et éclatant de sincérité.

Ce merveilleux bonheur perdure contre vents et marées.

Le sourire et le rire effacent aisément les moments de tristesse.

Le temps passe et les années défilent, les petits grandissent et les anciens disparaissent. Mais toi, mon amour, tu restes et resteras à jamais dans mon coeur.