Les fantaisies de la Sirène

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Pensées canines

Comment ne pas écrire les pensées de cette boule d’amour pleine de poils ?

Il y a deux ans j’étais encore dans le ventre de ma mère. Je côtoyais mon frère et mes deux sœurs dans ce havre de paix, bien au chaud, nourri et bercé.

Puis ce fut la première séparation, celle qui m’a fait entrer dans ce monde d’humain. Il m’a fallu apprendre à attendre mon tour pour téter la mamelle maternelle. Le plus petit de la portée, ma mère me poussait avec sa truffe humide, j’avançais, tombais du panier, me relevait en titubant sur mes petites pattes.

Bientôt, je pus aller et venir dans cette petite cour fermée. Nous jouions tous les quatre en jappant joyeusement. Je commençais à mordiller, à attraper tout ce qui dépasse. J’étais aventurier téméraire, mais guère courageux.

Plein de vie, j’ai échappé à la maîtresse de ma mère et je suis tombé dans la poubelle sur un morceau de ruban adhésif. Ouille mes poils !

Puis, Elle est venue, Elle m’a regardé, moi pourtant si différent, si petit, si menu, si noir. Elle a eu un regard plein de tendresse et j’ai été conquis. De joie, je me tortillais dans tous les sens. Elle s’est penchée, a avancé sa main paume ouverte. Je l’ai reniflée rapidement, me suis glissé dessous, je me suis collé à ses pieds et pour marquer mon territoire, j’ai levé la patte. Elle a ri, m’a attrapé, m’a posé un baiser sur la tête.

J’ai dû encore attendre plusieurs semaines avant de rejoindre mon nouveau foyer. Là, j’ai été accueilli par mon maître, ma maîtresse et deux adolescents aussi joueurs et foufous que moi.

Maintenant, je fais partie de leur famille. Je prends mon rôle de gardien très au sérieux. Du haut de mes 30 cm au garrot j’ai un aboiement redoutable.

Je les guette, connais toutes leurs habitudes, sais quand je vais avoir à manger, quand je vais sortir pour le petit tour utile, ou pour la grande ballade de détente. Elle a toujours fini de manger en premier, ensuite elle prend son café sur le canapé, je me couche contre elle, elle me gratouille les oreilles. Oh, comme j’aime cela, elle connaît si bien mes préférences, elle a des doigts si agiles, quel plaisir ! Alors, je me retourne sur le dos, lui offre mon ventre, mon intimité, je suis tout entier à sa merci ! Un rêve éveillé.

Mais ce que je préfère c’est ce moment merveilleux où mes maîtres se couchent. Ils ouvrent la porte de leur chambre, je me glisse entre leurs jambes, saute sur le petit fauteuil en mousse posé de son côté à elle, je gratte le coussin comme un furieux, m’affale dans un soupir d’aise. Toujours sur le qui-vive, je les observe à la dérobée tout en faisant ma toilette à grands coups de langue, j’y mets tout mon cœur. Ils prennent leurs livres. Bon, je vais pouvoir rester un moment, alors je m’endors profondément, et je ronfle de bonheur.

Puis vient le moment que je déteste, lorsqu’ils ferment leurs ouvrages, les posent, mon maître se lève, me prend dans ses bras. Et bien que chaque soir, je le regarde d’un air suppliant de pauvre petit toutou malheureux, il me met à la porte de leur domaine.

Mais je me « venge » ! Je vais au panier à linge et je « vole » un vêtement, je le transporte rapidement dans mon panier et je me couche dessus… Son odeur je ne peux m’en passer, c’est un peu elle, là tout contre moi…

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