Les fantaisies de la Sirène

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L'échiquier de la justice


Des blancs et des noirs. Des pions, des fous, des cavaliers, des tours et puis surtout un roi et une reine, disposés sur soixante quatre cases, pour se déplacer, avancer, reculer, jouer, gagner ou perdre.

Le tout selon des règles immuables qui, pourtant, évoluent au fil des heures, des jours, des années, car elles ont été écrites pour l'’Homme, suivies par les hommes et affectent la vie quotidienne de tout un chacun, dès lors que sur cet échiquier, il pose le pied.

Regardez les pions tout de noir vêtus, avec leur petit col blanc. Ils sont alignés face à elle, la Reine Blanche, la Justice, secondée par le Roi Blanc, la loi écrite, par les tours blanches, la jurisprudence, et par ses fous qui officient en cassation.

Ils avancent chacun leur tour en ligne droite, espérant réussir un jour à l'’égaler, mais sur leur route nombres d'’obstacles les feront chuter avant la ligne d’'arrivée. Néanmoins rien ne saurait les arrêter dès que la partie est commencée car ils sont en première ligne ! Juste derrière eux, deux cavaliers de la maréchaussée traquent, sans relâche, les hors la loi et apportent dans l’'arène les justiciables.

Contournant, par une démarche de tango, les difficultés pour atteindre leur but. Ils les remettent à leurs homonymes en blanc pour qu'’ils purgent la peine infligée après que la balance ait trouvé son équilibre.

La reine noire sous la tutelle du roi veille pour que la loi du talion ne soit pas appliquée et que les libertés individuelles ne soient pas bafouées.

Ses certitudes peuvent être remises en cause par les preuves apportées au cours des débats et innocenter un prévenu. Elle se déplace alors de case en case car « la plume est serve mais la parole est libre » afin de n’'être que mise en échec mais pas mat.

Aux coins, les tours diligentées instruisent, écoutent les protagonistes, signent des commissions rogatoires pour que toutes les pièces soient réunies.

Elles chargent ou déchargent, toujours en ligne droite pour que la vérité se manifeste, avant de s'’avancer vers la Reine Blanche pour lui demander d’'apporter son jugement.

Au milieu de tous, deux fous noirs, pleins de fougue, sont attirés par la Reine Blanche. Elle exerce sur eux un attrait auquel ils ne savent résister. Ils esquivent en diagonale, avancent d’'une case, s'’enhardissent, puis finissent par foncer dès qu’'une brèche se profile dans les lignes blanches.

Ils se distinguent de leurs confrères, pions noirs plaidant sans âme, pion blanc commis d'’office, par leur capacité à prendre à cœoeur chaque affaire, à la vivre intensément. La Reine Blanche est leur maîtresse.

Elle est un défi, qu'’ils ne cessent de relever, car, dans les plis de sa longue robe se cachent bien des mystères dont ils sont affamés, poussés par leur tempérament à toujours et encore s’'améliorer.

Toutes les pièces sont en place, un nouveau fait divers vient de surgir, chacun à son tour va jouer son rôle et que la Justice triomphe !

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