Les fantaisies de la Sirène

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dimanche 4 décembre 2011

Lande Amarante

Un vent échappé de l’'automne souffle sur la lande en ce dernier jour de l’'hiver avant le printemps. Main dans la main, nous nous promenons, passant de la marche rapide à une marche plus lente, à mesure que nos pas nous rapprochent de cet endroit qui n’'appartient qu’'à nous, ce petit coin de paradis, cercle de pierre à l’'orée de la forêt de Brocéliande.

Mes cheveux en désordre jouent à s’'emmêler et narguent les tiens coupés courts qui restent bien sagement à leur place. Quel contraste avec le pétillement de désir que je lis dans tes yeux lorsqu'ils se posent sur mon visage, ma bouche, mon cou, ma nuque !


Eole plaque ma longue jupe contre mes jambes dévoilant à ton regard la forme d’'une attache coquine en haut de ma cuisse. Tu souris de cette impertinence qui me fait monter le rouge aux joues. Je baisse mon menton pour que tu ne le vois pas, mais, en riant, tu t’'arrêtes, passes ta main dessous, relèves ma tête et tendrement embrasses mes lèvres.


Un long frisson me parcourt toute entière, mes doigts se serrent un peu plus autour des tiens et nous reprenons notre marche, nos deux coeœurs battants un peu plus vite. Je lève mes yeux vers le soleil, mes paupières viennent doucement les recouvrir et seulement guidée par ta main, j’'avance dans le vent. Mes pieds cessent de fouler l’'herbe drue et se posent sur une terre battue qui me ramène à la réalité des lieux. 

Nous nous arrêtons. Tu passes un bras autour de ma taille et m’'attires amoureusement à toi. Ma main vient caresser ton épaule, remonte vers ton cou, glisse derrière ta nuque et s’'y agrippe quand l'’intensité de ton baiser enfièvre tout mon corps.
Comme dans un rêve, dans un autre univers, à une autre époque, nous avançons collés l’'un à l’'autre jusqu’à ce bloc de granit aux angles érodés par les intempéries et à l’'assise polie par les hommes et les femmes qui s’'y sont reposés.


Que d’'histoires ces pierres pourraient-elles raconter ? 

Des histoires de repos après une longue après-midi à travailler le champ qui longe la forêt. 

Des histoires de rendez-vous nocturnes pour conspirer pour la liberté de penser et de vivre. 

Des histoires d’'amours naissantes les nuits de pleine lune. 

Des histoires simples d’'amoureux en quête d’intimité, ou bien, de belles histoires d’'amour et de passion surgies au bout de la nuit entre le ciel et l’'enfer.

Lentement, tes baisers parcourent la courbure de mon cou. Tes doigts glissent le bord de mon gilet, dénudent mon épaule, tes lèvres poursuivent leur chemin jusqu’à cette ombre de tons bleus qui s’'est échappée de la pointe du spécialiste pour se montrer juste là, où, à chaque mouvement, il peut onduler. De ton autre main, tu suis l’'arrondi de mon sein, des frissons de désirs montent du plus profond de mon être vers toi, mes mains alors, impatientes et tendres commencent à ouvrir un à un les boutons de ta chemise. Ma bouche vient découvrir la douceur de ta peau, ton odeur m’'enivre, plus rien ne nous retient. Nous nous offrons l’'un à l’'autre comme des amants passionnés sur cette musique qui résonne dans nos têtes et rythme nos ébats pour nous emmener dans ce monde si beau et si merveilleux d’'un moment unique, en ces lieux si particuliers qui ne sont qu’'à nous.


Les pierres auront une autre histoire à raconter, celle d’'un rêve qui devint réalité dans la Lande Amarante pour le plaisir des mots et de l’'instant.

dimanche 20 juin 2010

Artisan de son plaisir ... suite...

Bonjour,

vous avez été plusieurs à me demander une suite à l'un de mes textes érotiques : Artisan de son plaisir. J'ai beaucoup hésité, longtemps ma muse s'est refusée à glisser les mots le long de ma plume et puis, un soir, elle s'est décidée. Voici :

Mon souffle précipité par cet immense désir qui monte en moi, auréole la vitre d'’une buée qui vient obscurcir mon champ de vision. Perdu dans ce rêve éveillé, je me déplace sans précaution, heurte un pot de fleurs du bout de ma chaussure. Un bruit sec se répercute dans le silence de la nuit stoppant net ses gestes. Mon coeœur s'’affole quand sa tête se tourne vers moi. Mes jambes refusent de bouger. Je veux fuir, me maudis de mon étourderie, j'’aimerais revenir en arrière, je forme le voeœu d'’être invisible, mais quand ses yeux rencontrent les miens, mes pensées se figent.

Même à cette distance, l'’intensité de son regard bleu est telle que plus rien d'’autre n'’existe. Elle s'’avance à petit pas vers moi. Ses hanches se balancent tranquillement. Ses longs cheveux sont ramassés d’'un seul côté de son cou et sa tête légèrement penchée dégageant sa nuque, des fourmillements viennent picoter mes lèvres d’'une envie de se poser sur cette peau nue.

Elle est juste devant moi, seule la grande baie vitrée nous sépare. Je ne remarque même pas sa main qui s’'est, très certainement, avancée pour l’'ouvrir. Je sens à peine ses doigts s’'emparer des miens. Je suis surpris par leur douceur et leur chaleur. Un long frisson parcourt mon dos. Je secoue les épaules et me laisse guider à l'’intérieur.

J’'entends à peine le glissement de la fenêtre qu’'elle referme. Je la suis vers un canapé d’'angle que je n'’avais pas remarqué. Un immense drap de bain ivoire le recouvre. Je me retourne vers elle et l’'appel de son regard me ramène à l’'instant présent pour mieux m'’emmener vers les contrées inexplorées d'’un coup de foudre passionné.

Sa taille se cambre légèrement quand mes mains la prennent. Sa tête se penche en arrière et je dévore de baisers son cou offert. Je sens ses doigts dénouer la ceinture de ma veste, déboutonner ma chemise, détacher ma ceinture. Je l’'aide sans jamais vraiment la lâcher, comme si elle risquait de disparaître aussi soudainement qu’'elle m'’était apparue.

Nos deux corps dénudés se couchent lentement l’'un près de l'autre. Mon désir dressé est caressé par des doigts agiles qui sont bientôt rejoint par une bouche avide et des râles s’'échappent de mes lèvres. Mes doigts se glissent dans sa magnifique chevelure, s'’y agrippent, elle secoue la tête, comme un jeu. Mon excitation est à son comble. J’'agrippe ses hanches et elle vient me chevaucher, telle une sirène sur les vagues déchaînées.

Nos regards se rejoignent et ne se quittent plus.

Ses gémissements accompagnent mes râles comme une symphonie orchestrée par le plus grand magicien : celui de l’'amour de deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer. Elle est si belle sous l’'emprise du plaisir que je mets toute mon énergie à l’'emmener encore et encore vers d'’autres cieux.

Quand enfin, je me laisse aller et la rejoins dans un dernier envol passionné, je sais que je suis enfin au bout de ma route. J’'ai, enfin, trouvé un but à cette vie erratique : je serais, désormais, l’'artisan de son plaisir,… de ses plaisirs, … pour notre plaisir.

vendredi 15 janvier 2010

Embrasement ... à la suite d'une Flambée

Une bûche tombe coupée en deux par le feu qui la dévore peu à peu, la consume après l’'avoir embrasée.

Très loin dans les nuages du plaisir, je voyage entre les caresses de tes doigts et les explorations de ta langue. Le feu de notre passion m’'embrase et me laisse à la merci de tous tes désirs.

Ta bouche quitte l’'humidité de ma forêt et ta voix, rauque et aussi tendue que ton membre, répond à mes demandes en m'’intimant la patience.

Un gémissement de détresse de me sentir abandonnée à l’'abandon de ta volonté s’'échappe de mes lèvres.

Tes mains me délaissent pour déboutonner ton pantalon et le glisser sur tes cuisses musclées, puis elles ôtent complètement ta chemise. Les flammes reprennent de la hauteur lorsque tes paumes effleurent la pointe durcie de mes seins.

Mes paupières s’'entrouvrent pour découvrir un sourire de conquérant sur ton visage, je fais une grimace significative et tu te mets à rire de ma découverte. « Tu es à moi » me dis-tu d’'un ton impératif tout en continuant du pouce et de l'’index à m'’agacer. Tu poses tes lèvres sur les miennes pour faire taire mes molles objections, dernier vestige de ma volonté de ne pas te laisser seul maître de notre jeu.

Tes doigts glissent dans mon dos, tes mains obligent mes reins à se creuser, à tendre mon bassin vers ta virilité et alors que je ne souhaite que te sentir entièrement en moi, tu me pénètres lentement. Reculant à chaque fois que je m’'avance trop vite.

Je rugis d'’impatience, attrape tes épaules, me penche vers toi, mordille tes lèvres, ton cou, le lobe de ton oreille. Tu me laisses faire mais ne cèdes pas pour autant.

« Non, belle sirène, je t’'ai trop longtemps désiré pour ne pas profiter de chaque seconde de cet instant unique. »

J’'écarquille mes yeux sous l’'effet d’un long frisson que cette lente mais progressive pénétration vient de faire remonter le long de ma colonne vertébrale, je penche ma tête vers la droite et d’'un mouvement tournant en arrière la ramène vers la gauche, bouche entrouverte, souffle court.

J’'avale ma salive, commence à reprendre ma respiration, mais tu accélères légèrement ton va et vient en moi tout en me pénétrant toujours un peu plus. Merveilleux supplice des sens. « Continue, je suis à toi, oui, viens, je te veux ».

Je m'’accroche à tes avant-bras lorsqu'’une nouvelle fois, je me sens partir encore plus loin sur le chemin de la volupté. Tu changes ton rythme, me ramenant brutalement à la réalité au moment où j’'allais jouir. Mes ongles te griffent, mes hanches se rebellent contre le maintien de tes mains, mes lèvres veulent saisir les tiennes.

Tu éclates de rire, nuque courbée en arrière, bouche grande ouverte !

« Non, ma belle princesse, te donner du plaisir, te sentir jouir par mes actes après que tu m’'aies donné tant d'’émotions par tes mots est un tel bonheur que je veux le faire durer, encore et encore, jusqu’à ce que pantelante et repue de jouissance, tu te laisses aller dans mes bras. »

A peine as-tu fini ta phrase qu’'impérieusement tu viens au plus profond de moi, attends quelques secondes qui me semblent une éternité, puis tu entreprends une danse sauvage et rapide que tu interromps et recommences avant de ralentir jusqu'’à ne presque plus bouger.

Mon souffle revient peu à peu, je colle ma poitrine contre la tienne, nos sueurs se mêlent, la chaleur de la cheminée est loin derrière celle de notre passion.

« Demande ! »

« Nonnnnn …. »

Tu t'’arrêtes de bouger : « DEMANDE ! »

« Encore, s'’il te plaît, viens, je veux te sentir encore et encore, emmène-moi loin… ».

Mes yeux plongés dans les tiens, je lis ta satisfaction, je n'’en ai plus que faire, je ne suis plus que le prolongement de toi-même, de notre désir, de notre plaisir et ensemble nous mêlons nos jouissances dans un long cri muet.

jeudi 24 décembre 2009

Flambée

 

Le soleil est couché depuis longtemps, la lune éclaire un ciel étoilé et main dans la main nous remontons le sentier qui mène à un chalet en pierres du pays. 

Des volets en bois ferment les fenêtres, un auvent recouvre la terrasse entourée d’une rambarde, deux marches pour y accéder, une porte pleine décorée d’'un harfang des neiges sculpté en son centre.

Passé la porte, nous ôtons nos gants, nos vestes et nos écharpes. Tu t’'avances vers la cheminée, attrape la boîte d’'allumettes sur son manteau, en sort une et la gratte. Tu as disposé les brindilles et les bûches avant de partir. Ta main passe derrière la grille de protection, et dépose la flamme en trois endroits du papier journal. Rapidement, une belle flambée commence à nous apporter une douce chaleur. 

Je m'’avance sur les peaux de chèvres disposées devant le canapé qui forme un cercle avec les deux profonds fauteuils devant l’'âtre. Je m’'assieds sur l’'accoudoir, plie ma jambe, enlève ma bottine, la dépose à terre et la seconde vient la rejoindre peu  après.

Tu suis chacun de mes gestes. Tu attends. Je tends la main vers toi et m’'installe plus confortablement sur les coussins.

Tu t'’avances et t’'agenouilles devant moi. Tu prends mes pieds froids dans tes mains chaudes. Je souris de cette délicate attention. Je pose ma main sur tes cheveux, tu redresses ton menton, nos regards se croisent, se parlent romantiquement. Tu remontes sur mes chevilles, les entoure de tes doigts, glisse derrière, caresse lentement le galbe de mes mollets. Des frissons commencent à me faire frémir, je baisse ma tête, mes lèvres effleurent ton front, ton nez, tes paupières, ta joue puis viennent délicatement épouser les tiennes, nos souffles se mêlent, nos langues s’'enroulent,  ma main descend sur ta nuque, s’'y accroche.

La passion longtemps endormie s'’éveille et embrase nos corps. Tes mains continuent leur exploration, passent furtivement sous ma jupe, mes cuisses s’'entrouvrent légèrement, tu t’'attardes sur le bord de mon bas, sur ce petit bout de dentelle qui cache l’'attache de cette pièce de lingerie que tu affectionnes particulièrement, où la peau nue s’'offre à tes caresses enfiévrées par la chaleur de mes baisers.

Mes mains massent tes épaules, descendent sur ta poitrine, ôtent un à un les boutons de ta chemise, attrapent les bords, dénudent ton torse d’'homme mûr, puis reprennent leur ballet incapable de résister aux fourmillements du bout de mes doigts qui se languissent depuis si longtemps de toi. 

Ta bouche quitte la mienne, tes lèvres humides frôlent mon cou, tes narines frémissent sous les effluves de mon parfum sucré. Je sens ta respiration s’'accélérer au rythme de la mienne. Tes mains reprennent leur périple, tes doigts s’'agacent sur les deux boutons de ma jupe portefeuille. Quand, enfin, leur but est atteint, ils l’'ouvrent et tes mains prennent mes hanches pour m’'attirer à toi.

Tu plonges ton visage entre mes cuisses, frottes tes joues légèrement piquantes, respires l’'odeur sensuelle de mon désir. Mes doigts se glissent dans tes cheveux courts, mon bassin avance vers toi, mes jambes s’'écartent. Je m’'offre à tes envies. 

Ta tête remonte encore, tu mordilles ma peau par petits coups légers mais très excitants, tu joues avec la patte de mon porte-jarretelles, me chatouillant délicieusement. Ton index et ton pouce se faufilent sous le nœoeud de satin retenant le voile transparent qui dérobe mon intimité à ton regard, puis le dénouent adroitement.

Je retiens mon souffle. Ainsi offerte, je ne me suis jamais sentie aussi nue. Mes doigts s’'agrippent dans tes mèches, ta main prend ma jambe et la repose tendrement sur l’'accoudoir. Ta voix rauque de désir me murmure quelques mots qui m'’imposent ta volonté. Les dernières barrières de la mienne cèdent sous tes doigts fureteurs qui écartent ma toison pour l’'exposer à ta langue. Je m'’abandonne totalement. Alors tu entames très lentement une exploration que je souhaite maintenant ardemment.

Je me cambre en arrière, lâche ta tête.

Je me cramponne aux bras du fauteuil.

Du feu coule dans mes veines.

Des vagues de jouissances déferlent en moi.

Je ne sais plus où je suis.

Je me perds dans les délices de la volupté.

Prends-moi, je te veux !

Prends-moi, je suis à toi, je t’appartiens !

mardi 29 septembre 2009

Artisan de son plaisir

artisan de son plaisir

Voilà des heures que je marche, je n’'ai aucune idée de la direction que je dois prendre. En fin de matinée, je suis parti avec une bouteille d'’eau et un sandwich et j’ai voulu suivre les indications orales de ma logeuse pour faire un peu de randonnée dans ce pays du bout du monde que je ne connais pas.

Je ne sais pas à quel moment j’ai tourné ou oublié de tourner. Toujours est-il que le soleil se couche et que je mets un pas devant l’autre. Il y a longtemps que ma bouteille est finie. J’ai la gorge sèche. Mon estomac grogne de plus en plus. Je grimpe sur une sorte de colline. J’espère avoir un point de vue suffisant pour tenter de m’orienter ou tout au moins apercevoir un signe de d’humanité.

Allez, courage, me dis-je, encore quelques pas. Me voilà en haut. Les mains sur les hanches, je respire un grand coup et détaille la vallée qui s’offre à mon regard. Une vague de soulagement m’envahit quand mes yeux distinguent une lumière au milieu d’un immense bosquet qui me cache la source de ce signe de vie.

D’un nouvel élan, je m’élance à travers champs droit dessus, sans plus m’occuper des sentiers, ni des ronces qui griffent mes jambes nues. Pénétrant dans le bois, mes enjambées se font plus longues, la soif est plus présente. Je souris intérieurement, bientôt, je vais pouvoir l’étancher. A la sortie des arbres, je stoppe net.

La lumière provient d’une immense baie vitrée derrière laquelle je distingue un décor pour le moins inattendu.Un assemblage harmonieux de diverses plantes et fleurs entourent une immense piscine en forme de conque. A droite, un escalier aux marches incurvées descend dans l’eau bleue de la fresque sous-marine peinte au plafond.

Alors que je vais avancer, un mouvement à gauche me fait tourner la tête : une femme ondule sur le dos, yeux mi-clos, elle semble perdue dans un monde lointain. Arrivée au bout de la conque, d’un élégant mouvement de son corps, elle se retourne et se redresse. Elle est entièrement nue. Le balancement de ses hanches fait vibrer le violon taquiné par une plume dans le creux de ses reins. Je retiens mon souffle. Ses bras se lèvent. Sa nuque se penche en arrière. Ses mains glissent sur ses cheveux. Elle se tourne à demi vers moi. J’admire la courbe pleine de ses seins, son ventre légèrement arrondi, sa toison perlée de gouttelettes. Ses doigts massent un instant son cou, poursuivent vers ses épaules. Sa bouche s’entrouvre quand son index frôle la pointe dressée de son sein. Je devine que sa respiration s’accélère quand sa jambe s’écarte. Sa main caresse un instant sa forêt sombre, puis, ses doigts s’y égarent. Ses reins se cambrent. Son corps entame une danse lente et voluptueuse.

J’oublie tout. Ma respiration se fait difficile.Une chaleur depuis longtemps oubliée commence à m’envahir.

Je n’ai plus qu’une envie : être l’artisan de son plaisir.

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Madonna : Frozen : http://www.youtube.com/watch?v=3DXDyUcrK9Y

dimanche 26 juillet 2009

Les mots de l'Amour

 

Le soleil se couche sur les bords de l'Odet. L'’ombre lentement étend son manteau de nuit. Les oiseaux endorment leurs chants, la nature respire.

Je ferme ma porte à clef, mes pieds nus se dirigent vers l’'escalier, montent une à une les marches, mes hanches se balancent à chaque degré. Sur le palier, un bouquet de fleurs des champs que j’'ai cueillies en parcourant la campagne. Je pensais à toi, aux mots que tu m’'as écrits.

Dans la salle de bain, je laisse glisser les bretelles de ma robe de coton, j'’ôte le fin tissu de soie, voile transparent sur ma féminité.

L’'eau chaude ruisselle sur ma peau, détends mes muscles fatigués, je revis. Le drap de bain enveloppe mon corps de douceur, les traces humides de mes pas sur les tommettes sombres sèchent derrière moi.

J'’entre dans ma chambre, m’'avance vers la fenêtre laissée ouverte. Une brise tiède, légère m’invite à laisser tomber ma serviette.

Je lève mon menton, tends mon visage vers la lune.

Mes pensées vont aux devant des tiennes.

Où es-tu ?

Que fais-tu ?

Ta voix chaude et masculine susurre tes phrases dans ma tête.

Les lettres s’'échappent, viennent tendrement effleurer mon corps. Elles s’'enroulent autour de mes cheveux, les caressent. Elles se posent sur ma bouche en un baiser humide, mes lèvres s’'entrouvrent, ma langue les goûtent. Elles sont sucrées comme notre passion.

Elles s'’attardent sur le lobe de mon oreille, le griffe gentiment puis glissent taquines dans mon cou. Elles cascadent le long de ma colonne vertébrale, dévalent la courbe de mes reins, certaines tombent sur mes orteils et les chatouillent, d’'autres reviennent coquines titiller la pointe de mes seins.

Elles descendent poursuivre leur sarabande sur mon ventre. Un soupir de désir infini de toi s’'échappe de mes lèvres.

Ma main les pousse vers ma vallée des délices. Mutines, elles s'’éparpillent, se regroupent, viennent se baigner dans ma fontaine.

Je souris de leur impertinence, oui ces lettres viennent bien de tes mots, toi seul saurait avec tant d'’adresse alterner caresses et baisers, fougue et patience.

Ah si seulement tu étais là pour apaiser ma soif de toi, de tes mains, de ton corps.

Je me laisserais aller, je m’offrirais à toi comme je ne me suis jamais offerte à aucun homme avant.

 

Mon amour, mon bel et tendre amour, vient…

 

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Enya, "We are free now" :

http://www.youtube.com/watch?v=rzpW7P83sb4