Les fantaisies de la Sirène

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lundi 2 janvier 2012

Bonne Année

Une nouvelle année commence.
Chacun espère qu'elle sera meilleure que la précédente. Mais n'est-ce pas supposer que le temps a connaissance de notre calendrier ?
Il y a bien sûr dans nos vies des périodes plus ou moins gaies, plus ou moins faciles, plus ou moins agréables.
Il y en a que l'on voudrait revivre pour les vivre différemment tant on a l'impression d'être passé à côté de quelque chose et puis, d'autres que l'on ne voudrait n'avoir jamais vécu car les cicatrices qu'ils ont laissé sont encore douloureuses.
Pourtant on dit que l'on apprend plus de nos erreurs que de nos réussites. Cela doit-il nous réconforter? Je ne sais. Je pense que la recherche du bonheur sans ombre est utopique et qu'espérer que les mauvais moments soient effacés par des myriades de gouttelettes de bonheur est beaucoup plus raisonnable.
Qu'en pensez-vous?
 

dimanche 27 novembre 2011

Chocolat gourmand

Ouf ! Me voilà enfin à la maison.

Je replie le parapluie et le dépose sur le paillasson où il va dégouliner le temps que j'’ôte mes chaussures. J’'ai laissé tomber mon sac à main le long du mur de l’'entrée. Mon imper commençant à marquer le carrelage d’'une trainée humide, prestement, je l'’enlève, le replie sommairement, récupère le parapluie et en quelques enjambées prudentes, afin que mes pieds nus dans mes bas ne glissent, je gagne la salle de bain et je les lâche dans le bac à douche. Puis, j’'attrape une serviette en éponge, frotte vigoureusement mes cheveux, respire un grand coup. Je me regarde dans la glace et un rire me secoue. Ouh la la, j’'ai besoin d’'un bon coup de peigne pour discipliner un peu ma tignasse. Je m’'exécute, puis, je prends mon ciré et le suspend sur le cintre laissé la veille pour le cas où la météo ne s'’améliorerait pas.

Faisant fi des superstitions familiales, j'’ouvre en grand cet accessoire destiné à sauvegarder nos corps des caprices pluvieux du ciel et l’'équilibre tant bien que mal sur le rebord de la baignoire. Je regagne l’'entrée, ramasse mon sac pour le ranger à sa place sur le meuble du vestibule et referme ma porte. J’'ai de la chance d'’habiter au dernier étage et de ne partager le palier qu’'avec un jeune couple parti pour des vacances à la neige.

Un frisson me parcoure le dos, je me dis qu'’une tasse de thé me réchaufferait. Je me dirige vers la cuisine et ma main droite machinalement plonge dans la poche de mon gilet. Un sourire s'’esquisse sur mon visage quand je retire un petit pain de sa « cachette ». Il est froid, un peu rassis, mais toujours de cette belle couleur dorée qu’'il arborait sur mon plateau à la cafétéria de l'’usine ce midi. Je ne l’'ai pas mangé, plus très faim après le hachis parmentier hebdomadaire. Mais, je n’'ai pas voulu l’'abandonner au triste sort qui l’'attendait entre deux assiettes vides, un verre sale et une tasse à café. Une main lasse et gantée de plastique jaune l’'aurait attrapé sans ménagement pour le jeter au milieu d’'autres détritus dans l’'attente du broyeur ou de l’'incinérateur. Triste destin !

Je le dépose doucement sur le plan de travail. Je prends la bouilloire électrique, la remplie à moitié d’'eau du robinet et appuie sur le bouton de marche après l’'avoir reposée sur son socle. Mes mains s'’activent entre la théière dans laquelle la boule emplie d’'un mélange aux senteurs vanillées vient tout naturellement se glisser, une tasse en fine porcelaine blanche bordée d'’un liseré doré, une planche en bois et une scie à pain. Le petit pain est délicatement ouvert en deux par des dents affutées. Sa mie blanche s'’offre à mon regard. Mes doigts le déposent dans la fente du grille pain et en actionnant le levier, le laissent descendre entre deux rangées de résistances qui rougissent de voir cette gourmandise venir se réchauffer et se parer de couleurs plus ensoleillées. Un clic, et mes narines respirent la bonne odeur de grillé qu'’il exhale pour se rendre plus appétissant.

Hum ! La bouilloire émet un clic pour me prévenir que l’'eau frémissante n’'attend que mon bon vouloir pour se verser dans le récipient qui l’'attend et ensorceler chaque brisure de feuilles afin d’'en extraire toutes les senteurs des pays lointains qui les ont vu naître. Je procède au rituel et dépose le tout sur le plateau. Les deux morceaux du petit pain encore chauds viennent attendre sur une soucoupe. Mes yeux ont effleuré un pot en verre empli de ce délicat mélange de cacao onctueux au parfum rehaussé de petites touches de lait, de sucre et de noisette. Des frissons provoqués par le métal froid d'’une cuillère parcourent ma main, mon poignet se courbe, un sourire gourmand s’'esquisse sur mes lèvres, mes yeux rieurs se plissent doucement. La pâte à tartiner coule sur la mie tiède, emplit chaque petit trou, s’'uniformise sous la chaleur. Le parfum excite mes papilles et je salive au plaisir à venir. Un peu de pâte est restée collée à la cuillère, gourmande je la lèche à petits coups de langue affamés, mon imagination m’'entrainant vers des comparaisons sensuelles…

Un coup de klaxon dans la rue me ramène abruptement à la réalité, j'’emporte le plateau sur la table basse du salon. Je m’'assieds dans le fauteuil, repliant mes jambes sous moi. Je penche mon buste, prends la théière d’'une main, tiens le couvercle de deux doigts de l'’autre main et laisse couler le liquide ambré lentement dans la tasse. Mon regard s'’égare vers la petite assiette et lorsque mes doigts s’'emparent de la gourmandise improvisée, je ne peux que penser : « Voilà un bien meilleur destin pour ce petit pain ! », juste avant de le croquer avec des murmures de plaisir.

dimanche 20 novembre 2011

Boite de Pandore

Dans la mythologie grecque, Pandore est la première femme.

Elle est associée à la légende de la « boîte de Pandore » (en fait, une jarre).

Cédant à la curiosité, Pandore ouvrit la boîte.

 Elle est parfois appelée Anésidora « celle qui fait sortir les présents des profondeurs»

Voilà deux mois que je laisse, à nouveau, mes doigts pianoter sur le clavier les mots, les phrases parlant de tout et de rien, de poulet rôti et de matelas, exprimant mes blessures et mes joies, de mon Père à l’'Attente. Le texte vient quand il le souhaite.

En pleine nuit, la tapisserie du destin se tisse, à 6 heures du matin, je me réveille avec un air de fête de village western et c’'est le quadrille du zodiaque. Je promène mon chien dans la campagne et l’'escargot se dessine, je sens la bonne odeur du dernier « j’'en sais rien » de mon Petit Cuisinier et je pèle une tomate, dure vie. 

Je vide ma tête sur la page blanche avec mon coeœur, j’'y mets un peu de mon âme pour sécher l’'encre et à nouveau, petit à petit, les lettres forment des mots, les mots des phrases et les phrases des textes.

Des textes en forme de poèmes, d'’acrostiches ou encore le plus étrange en nouvelle ? Celle-ci ne devait être qu’'un conte en deux parties, rédigé pour taquiner un lecteur qui trouvait trop tendres, trop féminins mes autres écrits. Mais au fil des jours, le récit se rallonge amenant des éléments nouveaux, des péripéties amusantes, mon imagination s’'est prise au jeu et treize chapitres plus tard, elle se poursuit toujours à mon grand étonnement. Et, me voilà, aujourd'’hui, amis taquineurs de Plume, en train de vous raconter ma vie avec les mots. 

Alors, je me pose une question : était-ce bien raisonnable d’'ouvrir ce que j’'appelle en souriant ma boite de Pandore ?

jeudi 4 août 2011

Indifférence de la différence

A ma naissance rien ne vous distinguait l'un de l'autre. Les années passant tranquillement sans différence. Vous n'avez pas attendu l'adolescence pour commencer votre croissance et les soucis ont commencé. Vous attiriez les regards alors que je souhaitais rester dans l'ombre. Victime sans le comprendre de la jalousie maternelle, vous n'étiez qu'objets de moquerie et sujets de dénigrements. J'essayais en vain de vous cacher, courbait le dos.

Mais rien n'y faisait.

Il a fallu attendre la naissance de mon premier enfant, pour que je me réconcilie enfin avec vous. Une période de pur bonheur. Les années ont passé. Je ne vous cachais plus. J'osais vous suggérer, les regards ne me dérangeaient plus mais me faisaient sourire, contente de ne plus porter votre fardeau. Mais le destin est capricieux et de deux, vous n'êtes plus qu'un. Celui du coeur est seul comme le gardien de ses battements. Mais nous sommes dans une société où l'image est devenue plus importante que l'humain. Pourtant, ma vie écourtée,  je la vivrais telle qu'elle est, telle que je suis devenue, sans toi.

Peu  importe les autres, leur confort visuel. Mon temps ne sera pas gaspillé dans des couloirs aseptisés. Je préfère les balades dans les sous bois, musarder dans les sentiers de randonnée, flâner au bord de l'océan à la terrasse d'un café, sentir le soleil chauffer mon visage, le vent envoler ma longue chevelure argentée. Je préfère les fous rires de mes enfants, les mots doux de mon amant, les aboiements joyeux de mes chiens au bruit des chariots cognant les murs des couloirs, les sabots des blouses blanches, le chuintement des portes coulissantes.

Est-ce mal? Immoral? Égoïste?

Et pourtant combien de regards me condamnent? Je ne les compte plus, je ne veux plus les voir. A quoi bon tenter de faire comprendre à des êtres qui n'ont toujours pas effacé le mot guerre de leur vocabulaire que la vie est plus importante que tout !

vendredi 1 juillet 2011

Enfance violée

Petit blondinet

Dans le jardinet

A cache-cache tu jouais

Quand il t'’a attrapé

Dans le passé déjà puni

De prison il est sorti

Pas même guéri

Il reprend son infamie

Qu'’a donc fait la justice ?

Des innocents elle est débitrice

De toutes leurs cicatrices

Lorsqu’elle se fait violatrice

Pères et mères souffraient

De cette innocence violée

De cette enfance envolée

Quand cela sera-t-il terminé ?

lundi 31 janvier 2011

La vie, la mort et l'amour ...

Courir encore et encore après la vie, n’est-ce pas se rapprocher encore plus vite de la mort ?

Assis !

Pose-toi !

Respire !

Ferme les yeux et imagine ….

Ton corps ne pèse plus rien,

Tes douleurs s'’estompent,

Tes soucis s’'évanouissent,

Laisse tes pensées errer et trouver le fil qui te guidera vers un havre de paix, de douceur et de chaleur. Ton âme s'’y promène, crée au gré de ton envie des instants de bonheur et doucement se ressource.

Respire !

Ouvre les yeux !

Lève-toi !

Reprends ta plume, laisse tes doigts la guider sur la page blanche, observe les courbes des lettres, leurs arrondis et leurs flèches s’'élançant vers un autre monde, un monde imaginaire mais que tu rendras réel au fil des lignes qui, peu à peu, noircissent le papier.

Sens le vent dans tes cheveux, l’'odeur salée de l'’océan sur ta peau, le sable sous tes pieds, arpente la plage, les yeux mi-clos, laisse un sourire se dessiner sur tes lèvres, puis, lentement tourne la tête, plonge ton regard dans le sien et balaie ses interrogations sur l'’avenir.

A tes côtés je suis, à tes côtés je resterais

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

Ne vous sentez pas délaissés, vous qui passez par ici, même en silence ... il y a des moments dans la vie où il faut savoir faire une pause afin de se ressourcer, de remettre chaque élément à sa place et revenir quand on se sent prêt.

A bientôt

mercredi 22 septembre 2010

EXISTER


Se cacher dans le noir
Pour oublier la réalité
Mieux profiter seul de l’'instant présent
Sans savoir que l'’autre se sent absent.

Ne plus exister  que dans un  regard
Exprimant la profondeur des sentiments
Dont  il est depuis le premier jour le miroir
Voile de douceur pour l’'autre devenu différent.

Les paupières abaissées comme des rideaux
Sur la fenêtre du quotidien à présent si laid
Permet de s’'évader dans un monde passé
Que la maladie ne rendra plus jamais beau.

Se contenter d’'écrire sans sourire, ni envie,
Simplement voir les lettres former des mots sans vie
S’'être fourvoyée sur leur valeur après y avoir tant cru
Comprendre que l'’on n’'est plus rien qu'’un individu.

lundi 31 mai 2010

Spectatrice de son destin

Apprendre après de longues heures de sommeil artificiel que notre espérance de vie n’est plus qu’'un assemblage de lettres sur un bout de papier, ne peut laisser aucun humain indifférent et une sirène n'’échappe pas au reflux des émotions engendrées par ce chavirement de son destin vers de nouvelles contrées.

Les couleurs, les sons, le parfum des roses, les rayons du soleil dans l’'aube naissante, la lumière de la pleine lune sur la lande, les sourires contraints et les éclats de rire francs, les petites misères des uns et les pertes d’'êtres chers des autres, ne résonnent plus dans le maelström des vagues de la vie sur le même tempo.

Des mois à chercher l'’harmonie nécessaire pour que, dans un semblant de paix, les minutes et les heures puissent s'’écouler moins douloureusement, ont épuisé les forces d’'une volonté qui  a vu, en un battement de scalpel, toutes les batailles remportées par le passé pour construire le futur se ranger dans le livre des souvenirs.

Regarder le spectacle que le destin a décidé de lui offrir afin de mieux en appréhender chaque nuance, pour tenter de trouver encore une place dans ce monde de l’'image et du paraître est une étape que la sirène traverse en se laissant transporter dans un navire d'’amour et de passion. Ses mousses ont repris les rames qu’'elle a abandonnées et un nouveau capitaine s'’obstine à garder le cap vers l'’avenir qu'’il ne conçoit plus sans elle.

Ensemble ils naviguent au gré des vents, estompant les orages de leurs sourires, abaissant le tumulte d’'Eole par leur constante présence, se relayant pour ne pas la laisser se perdre au milieu des récifs du quotidien.

Il faut un temps à chaque chose et quand le temps n’'existe plus, alors simplement changer d’'unité de mesure et observer avec un nouveau regard le sablier du temps s’'écouler sans fin.

jeudi 29 avril 2010

Spectatrice

Sortie de l’'adolescence, plongée dans la vie d'’adulte, pouvoir  faire ses choix et agir selon ses souhaits pour avancer : une vraie motivation pour cheminer dans les arcanes du quotidien.

Se marier, avoir des enfants et tenter de les élever selon son cœoeur, être contrecarrée avant d'’être rejetée et se retrouver seule avec eux : une vraie motivation pour aider ses enfants à grandir et devenir adultes.

Faire une rencontre imprévue, traverser l’'hexagone, monter un projet professionnel  à long terme et ne pas partager la même volonté de construire et de sauvegarder son couple : une vraie motivation pour tout remettre en question.

Repositionner tous les éléments et accepter de se laisser  prendre par la main et guidée vers demain aurait pu être le moteur d’une nouvelle vie, mais la maladie est arrivée et a fait basculer la valide vers l’'invalide.

Se raccrocher à des valeurs et des notions d'’une époque romantique désuète pour tenter d'’exister encore un peu n’'apporte que souffrances et déceptions aux personnes aimées.

Alors il est temps de regarder les choses en face et d'’accepter de ne plus être actrice mais simplement spectatrice…

samedi 30 janvier 2010

Un comptoir ... un café ... et ... l'espoir

Samedi matin
Temps de crachin
Pour l’'ouverture
A toute allure
Je me prépare
J’'y cours dare-dare.
Va-t-elle me voir
Derrière son comptoir ?
Enfin je respire,
Voilà son sourire.
Lui offrir un café
Un moment d’'éternité.
Capter ses yeux
Ils sont si bleus
Me noyer dedans
Me voir son amant
Rêve illusoire
Désirer sans espoir.
Lui apporter des oeœufs
Selon ses vœux
Avoir un baiser
Chaste et léger
M'’en contenter
Pour la journée.

samedi 5 décembre 2009

Hommage

Aujourd'hui, un texte que j'ai écrit il y a près de deux ans maintenant.
J'allais sur un site et il y avait chaque mois un texte que l'on pouvait écrire selon un thème avec un certain nombre de mots à inclure.
Nous étions en septembre et la rentrée scolaire battait son plein.
D'autres auteurs avaient déjà publié le leur et j'essayais de trouver quelque chose de différent.


J'avais un merveilleux compagnon à quatre pattes qui ne me quittait pas d'une semelle (comme on dit) et il m'a donné l'idée de ces lignes.
Même deux ans après son départ, les larmes coulent encore quand je repense à lui.
 Je te dédie ces mots, à toi qui est parti beaucoup trop tôt ...  tu avais à peine plus de deux ans ...

"Petit déjeuner tardif comme tous les matins. Depuis le début des vacances, c’'est le relâchement des horaires, ils en profitent un maximum. Après une demi-heure de dessins animés, ils courent s’'habiller vite fait, bien fait et hop dehors ! Je les suis avec plaisir. Mais,  aujourd’hui’hui, pas de jardin ! Ils restent  dans leur chambre. Ils commencent  le carnage des emballages de cahiers, des sachets de stylos cristal, de classeurs et autres fournitures. Ça tombe de tous les côtés. Non, mais quel bazar ! Bon allez, je vais boire un petit coup en attendant que cela se calme. Je me recueille au calme dans mon fauteuil. C’est que je n’'ai plus vingt ans et ma carcasse vieillissante a besoin régulièrement de repos. Ah ! Non ! Voilà qu'’ils ont retrouvé leurs avions en papier de leur fin d’'année scolaire. Tous aux abris ! Ils crient, sautent dans tous les sens, se suspendent au portique de la balançoire, j’'ai toujours peur qu’'ils tombent, même si on dit «  Être pendu par les pieds ça fait circuler le sang », il y a des limites… Le moment d'’excitation passé, je sens un malaise s'’installer. Je récapitule les évènements. Tout concorde. J’'en devine l’'origine : c’'est la rentrée scolaire ! Finis les repas sans horaire, retour du réveil cinq jours par semaine. Finies les balades quotidiennes dans la campagne. Allez, une dernière grattouille derrière l’'oreille, un dernier petit tour dans mon panier, et une bonne sieste ! Ah ! Quelle vie de chien !

jeudi 19 novembre 2009

Une star automnale

Quelle belle journée pour naître !
Un peu plus de chaleur que ces derniers jours.
Une humidité douillette comme un lit de mousse. Un rayon de soleil, un peu taquin, vient doucement caresser mon chapeau. Je penche un peu la tête. Oh ! Pas trop ! Juste ce qu’'il faut. Je ne voudrais pas, que ma jolie ligne perde ses courbures si élégantes. Le galbe de mon pied est parfait pour venir se loger dans une main curieuse. 
Ouille ! Aïe ! Eh… arrêtez messieurs les gastéropodes. Je vous en prie ! J’'étais si beau, intact.
J’'attends son passage. Bien installé sur le talus, au milieu de quelques feuilles mortes et de fougères paresseusement posées ça et là, son regard ne peux m’'ignorer. Les heures passent, défilent, la nuit couche la campagne environnante et je soupire. Peut-être demain ? Les chevaux du char de Phoébus ont bien du mal à quitter l’'écurie ce matin. Ils sont gênés par Eole en colère qui souffle la pluie par bourrasques. Osera-t-elle sortir ? Allongera-t-elle le pas sur ce sentier de randonnée ? Sera-t-elle seule ou accompagnée ? Me remarquera-t-elle ?
Les heures passent, défilent, le vent s’'apaise, l’'astre solaire écarte les nuages et se faufile éclairant le chemin, faisant miroiter les gouttes d’'eau éparpillées  comme autant de diamants.
Le sol tremble légèrement. Une galopade. Un superbe spécimen de la race canine, tout de blanc vêtu. Le poil long, le panache fièrement dressé, car il précède un couple d'’amoureux  ... de la nature. Je n’'ose pas y croire. C’est elle !
Ses pas l’'amènent droit vers moi. Je ne bouge, ni ne frémis. Son compagnon, approche sa main. Il semble vouloir me cueillir. Oh, non ! S’'il te plaît. Laisse-moi encore m’'offrir à son regard si bleu. Quelques mots, doux comme une caresse, lui font changer d’'avis. Comment résister à ces sonorités si féminines? De sa poche, elle sort un objet noir, le dirige vers moi, un éclair de lumière. Et me voici, à tout jamais dans son album. Parmi ses trésors de curiosités qu’'elle photographie à chacune de ses longues marches à pieds. Elle repart. Quand elle reviendra, je ne serais plus là. Ramassé par un gourmand, sans doute. Mais, peu m’'importe, dans ses souvenirs je resterais.

balade

Quelques mots inspirés par cette photo prise, un dimanche ... et une musique d'Era Classics : Arising Force

mercredi 18 novembre 2009

Alternative

Les jours se suivent et se ressemblent, monotonie entrecoupée de quelques moments de joies fugaces, de plaisirs éphémères qui laissent un goût d’inachevé, de trop peu, de trop rare. Parfois, une amitié naissante donne l’espoir d’un futur coloré d’échanges joyeux, fidèles. Mais, le temps vous montre peu à peu que vous n’étiez une fois de plus qu’un amusement passager, qu’elle est repartie ailleurs, vers d’anciennes connaissances. Vous retrouvez, donc, votre vieille amie, la solitude. Elle ne vous décevra jamais mais est-ce une alternative raisonnable ? Allez vous abandonner votre espoir un peu fou de trouver un jour un alter ego, au caractère aussi entier, aussi sincère, généreux et sensible que vous ? Prendre une décision après une période d’indécision. Peut-être simplement se laisser porter par le destin. Ne rien brusquer. Savoir attendre. Laisser la porte entrouverte. Répondre quand on frappe. Ne pas trop s’ouvrir. Essayer de ne pas à nouveau trop se donner. Tenter encore une fois. Tout doucement. Laisser son esprit vagabonder. Flotter devant cette approche nouvelle. Puis se lever de sa chaise, sans même terminer la phrase que l’on est train d’écrire avec le clavier, sans même éteindre la lumière, sans dire au revoir, à qui, à quoi. Juste attraper une veste, ouvrir la porte, ne pas la refermer, respirer à plein poumon l’air léger, frais, de la liberté de ne plus exister, de ne plus sentir le poids du quotidien, simplement ETRE. Avancer un pas après l’autre. Libre des contraintes des horaires, des obligations de toutes sortes. Libre d’aller sans faire de différence entre la route et le trottoir. Libre jusqu’à ce qu’un bruit de moteur nous ramène brutalement dans la réalité de notre existence liée envers et contre tout aux autres... Alors à ce moment là penser à toi qui aurait pu être là à mes côtés pour partager ce moment hors du temps, sans un mot, juste un simple regard pour être libre mais pas seul.

Voici un texte que j'ai écrit dans une autre vie. Depuis, le destin m'a choisi une autre route. Un peu plus d'un an après cette bifurcation radicale, je relis mes mots et je me souviens ... et, aujourd'hui, je regarde mon passé différemment, comme s'il appartenait à quelqu'un d'autre.

Dois-je regretter ce qui n'est plus? Ou bien, dois-je relativiser et aller de l'avant? J'oscille entre les deux, car si j'ai changé, les personnes qui gravitent autour de moi, sont toujours là. Elles m'ont accompagnées dans cette épreuve et continuent à le faire chaque jour lorsque les effets secondaires m'handicapent. Je ne pense plus "jusqu'à quand" car "quand" n'existe plus. Je pense "que faire pour donner encore pendant que le sablier du temps s'écoule toujours pour moi".

L'album d'Era Classics vient de sortir et est propice au rêve et à l'imagination. Un titre pour ces quelques lignes : Sombre day

dimanche 25 octobre 2009

Une survivante

Après bien des années à avoir grandi parmi les hommes et sous la poigne d’une femme, j’ai, un jour, après la descente aux enfers de mon âme, secoué mes chaînes et pris mon envol pour un autre monde.

Un monde qui me correspondait.

Un monde dans lequel je riais sans fard et sans hypocrisie.

Un monde dans lequel mes enfants ont grandit à leur tour, soleils de mes nuits.

Un monde dans lequel je me croyais bien éloignée de l’échéance de ma vie.

Et pourtant !

Nul n’est à l’abri des aléas de la nature et le destin avait décidé de me soumettre à une nouvelle épreuve. Un crabe s’était insidieusement logé dans un coin de mon corps et s’y était développé.

Incrédulité, stupeur, choc, … comment était-ce possible alors que j’avais, comme tous, écouté les conseils et les avait suivi afin qu’il ne trouve aucune raison de surgir ainsi et de remettre en question :  TOUT !

L’impression de basculer de l’autre côté d’une barrière que je ne voyais pas quand l’avenir avait un goût d’éternité.

Les mois ont passé. Toute l’énergie, que le poison que l’on injectait régulièrement dans mes veines pour tuer la mort me laissait, tendue vers un seul but : SURVIVRE ! Survivre pour qui ? Pour quoi ? Survivre comment ? Survivre malgré la mutilation ? Tant de questions, autant de désespoirs. Et encore et toujours, les sentiments profonds des personnes à mes côtés pour m’empêcher de plonger, de me noyer. Petit à petit, la vie reprend le chemin de mon corps. Les effets du poison s’effacent lentement. Mais :

Mon âme ne navigue plus dans les mêmes eaux.

Le paysage n’a plus les mêmes couleurs.

Le chemin ne suit plus le même tracé.

L’avenir c’est demain et l’éternité, hier.

Chaque matin, quand j’ouvre les yeux après une nuit peuplée de cauchemars, de veille macabre, de chaleur artificielle m’emportant dans les brumes de l’inconscience, je cherche la chaleur de la vie et d’un cœur qui jamais ne renonce à faire battre le mien à son diapason.

Je survis pour les miens, pour finir ce que j’ai commencé, parce que renoncer c’est offrir à la maladie ce qu’elle veut, renoncer c’est renier mon passé, renoncer c’est ne plus aimer.

Alors vaille que vaille, j’avance, tête haute, couronne grisonnante, étendard de ma bataille, buste droit, ne cachant rien des mutilations de mon combat.

Il n’y a pas de victoire, juste une armistice.

Mais, tant qu’il y a de l’amour, il y a de l’espoir.

une survivante

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Beyonce : If I were a boy : http://www.youtube.com/watch?v=BVTyLqkez6A

mercredi 7 octobre 2009

La formule 1 en portée ...

F1

Le spectacle, la compétition. Chacun à sa manière nous emporte à son rythme.

Un chaud soleil sur le circuit, des lustres qui illuminent la salle, les monoplaces s'’alignent dans les stands colorés, les partitions s’'ouvrent devant les musiciens.

Le vrombissement des moteurs atmosphériques à quatre temps met nos tympans à rude épreuve, le réglage des dissonances agace notre ouïe.

Lorsqu’'enfin les mécaniciens ont accordé les moteurs,  lorsqu’'enfin le métronome fait régner  l'’harmonie, les bolides aérodynamiques se placent sur la ligne de départ, les regards des artistes sur la clef de sol.

Le drapeau vert est brandi, la baguette du chef d’'orchestre est levée.

Les bolides s’'élancent sur la piste, les instruments entament une symphonie.

Accélération, allegro. Enchainement des vitesses, les cylindrées rugissent, combinaison de croches, double croches, trilles, les notes s’'envolent. Ralentissement avant le virage, andante avant la demi-pause. Transmission, vitesses, ré accélération, blanche, noire, noire, triple croche, c’'est reparti.

Les pilotes transpirent concentrés sur le ruban qui se déroule sans fin, les spectateurs palpitent enroulés par le tempo.

Mes yeux vont et viennent entre les deux écrans, mes oreilles captent tantôt les sons de l’'électronique, tantôt la fluidité des hautbois.

L’'enjeu de la compétition échauffe mon sens de la conquête, le crescendo final de la partition coule comme un torrent de lave dans mes veines.

Je me laisse emporter loin, très loin vers un autre univers. Les notes s’'échappent de la portée, viennent se poser doucement sur mon corps, le conducteur sort de son véhicule approche, d’'une légère caresse fait s'’envoler les importunes.

Drapeau à damier, fin des essais, dièse, altération.

dimanche 13 septembre 2009

Conséquences

conséquences

La femme qui ne voulait plus être aimée
Car son corps n'’était plus celui qui était né.
L'’image que son miroir désormais lui renvoyait
N'’était plus elle, plus rien, et demeurerait ainsi à jamais.

Ses nuits de cauchemars étaient peuplées
De noirceurs mêlées de vérités,
Se déguiser avec des artifices pour tricher
Alors que la réalité ne fait plus rêver.

Elle erre dans les rues, traversant la foule bigarrée
Quand ses vêtements s'’envolent loin dans les nuées.
Apeurée, son monstrueux secret ainsi dévoilé
Dans un grand concert d'’éclats de rires, elle est huée.

Comment marcher la tête haute avec le crâne dénudé
Foulards ou chapeaux ne le cachant qu’'à moitié ?
Comment accepter de faire subir aux êtres aimés
De rester avec celle qu'’ils ont connue dans le passé ?

Elle leur porte un amour et une amitié
Tels qu’'elle se refuse à leur imposer
Son quotidien si différent à partager,
Ses cicatrices dessinant un corps étranger.

Point de tristesse ou de mélancolie ressenties
Juste les conséquences d'’un combat âprement mené
Contre un ennemi dans l’'ombre insidieusement tapi
Auquel une part d’'elle-même, elle a abandonné.

vendredi 11 septembre 2009

Passé - Futur

coucherdesoleil



Une page se termine, une autre se remplit

Telle se déroule toutes les vies.

Ainsi dit-on souvent, mais est-ce facile à écrire ?

Lorsque d’'un seul mot, on risque de déclencher l’'ire.

Après avoir abandonné tous les projets élaborés

Réussir à reconstruire perspectives et espoirs.

Un quotidien différent est à appréhender

Sans sombrer dans le désespoir.

Mais comment ne pas regarder en arrière ?

Comment réussir à n’'aller que de l’'avant ?

Laisser son passé définitivement derrière,

Et ouvrir les yeux sur un nouveau présent.

Accepter les mains qui se tendent vers nous

Faire confiance à l’'amour et à l’'amitié.

S’'écouter un peu, parfois beaucoup

Et construire l'’avenir en toute simplicité.

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Revolver : Get around Town  : http://www.youtube.com/watch?v=Nt9EYSpzlTg&feature=related

lundi 3 août 2009

Texto


160 caractères pour dire beaucoup ou si peu. Adieu espaces et ponctuation littéraire.

Illogique dans une seule logique celle de rajouter encore un mot. Alors au revoir orthographe et vive ortograf … et encore, avec un peu d 'imagination et de complicité peut-on gagner quelques lettres en inventant des abréviations dont la signification n’'a de sens que pour eux.

Et, me direz-vous, tout cela a-t-il un sens ?

Les sens en éveil pour identifier le bip si semblable à d’'autres bips, et pourtant ! Celui-ci est bien différent. Il a la sonorité de la poche, du sac, de l’'épaisseur du pull qui le recouvre alors qu'’il est accroché à la ceinture du pantalon. Il a été choisi parmi une sélection proposée et rattaché à un numéro en particulier : le sien.

Les sens en éveil pour capter la vibration de l’'objet devenu aussi important que les clefs de la maison, car il est la clef d’'une continuité différente, nouvelle, presque indispensable. Il est comme une présence latente sans être pesante car elle est voulue, désirée, acceptée : la sienne.

Objet de notre siècle, champion de la communication tout azimut, de l'’image sans limite, sans pudeur. Les amoureux y trouvent une cachette pour leur « je t’'aime », leur « tu me manques » sans laquelle ils ne pourraient plus ressentir cette excitation du secret, de leur secret, celui de la profondeur de leur sentiment, de la construction au jour le jour de leur passion, de la solidité de ce lien qui les unit et qui s'appelle l’'Amour.

Petit écran, petit espace pour accueillir un peu de leur intimité, de ce cocon doux et soyeux dans lequel ils ne sont que chez eux. Bulle multicolore qu’'ils créent dès que leurs regards se croisent, leurs yeux se parlent, leurs doigts s’'entremêlent.

Capacité de stockage limitée … limite atteinte … il faut supprimer … mais lequel … relire, choisir, cliquer, effacer, soupir … Le nouveau peut alors venir dévoiler ses lettres assemblées en phonèmes, abréviations, raccourcis, distance diminuée par une soudaine accélération des battements du cœoeur, par le souffle retenu, par un « je suis là » ou « j’'arrive » qui sent déjà si bon l’'odeur de sa peau, la douceur de ses lèvres, la chaleur de ses mains dans lesquelles les vôtres se glissent après avoir remis cet accessoire indispensable, ce lien immatériel qui relie vos pensées tandis que vos corps se désirent.

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Yael Naim : New Soul : http://www.youtube.com/watch?v=XgEfYGzojcA&feature=fvw

vendredi 24 juillet 2009

La maison qui roule

Les humains n’'inventent presque rien que les animaux n’'aient créé avant.

Un, deux, trois, quatre, les voilà à la queue leu-leu.

Les uns laissent une traînée brillante après leur passage.
Les autres des traces caoutchouteuses.
Un escargot sort de sa coquille, pointe ses antennes, observe et avance à la recherche de sa pitance.
 
Deux voitures suivent le camping-car, sa parabole sortie, il capte les informations et roule vers le poste à essence.
 
Trois escargots se sont rejoints sur le pied de pissenlit et s'’en régalent en grignotant petit à petit.
Trois motos zigzaguent entre les campings cars, pour grappiller quelques places dans la file d’attente.

Quatre limaces glissent vers le festin pour ravir une part aux escargots.
Quatre campings cars entrent sur l'’autoroute pour gagner leur lieu de vacances.

Un, deux, trois, quatre les voilà à la queue leu-leu.

Quatre campings cars entrent sur le terrain pour se trouver une place pour la nuit.
Quatre escargots se dirigent vers un endroit pour se mettre à l'’abri.

Trois camping cars déplient leur auvent, ajustent leur antenne.
Trois escargots s'’orientent tranquillement grâce à leurs cornes.

Deux caravanes viennent s’'installer à côté de leurs grand-frères
Deux limaces contournent  leur cousin pour s'’endormir.

Un camping car seul roule encore vers son garage, les vacances sont terminées.
Un escargot se terre au fond d'’une boîte, un enfant l'’a ramassé, finie la liberté.

Un, deux, trois, quatre….

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